mercredi 20 juin 2012

Grèce : on prend les mêmes et on recommence..



Grèce : le conservateur Antonis Samaras devient Premier ministre

Le chef du parti conservateur grec Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, est devenu mercredi Premier ministre en Grèce, après avoir obtenu le soutien de deux autres partis pour tenter de restaurer le crédit d'un pays en quasi-faillite.

Gagnant des législatives dimanche, mais sans majorité absolue, M. Samaras a négocié et obtenu le soutien de deux autres partis, les socialistes du Pasok et la gauche modérée du Dimar, qui lui permet de revendiquer 179 voix sur 300 au Parlement grec.

Mais surtout, lisez bien :

L'actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos, est pressenti pour devenir ministre des Finances, selon la chaîne de télévision publique Net.

A 65 ans, cet économiste de formation est un vieux routier de la gestion du pays au côté des équipes socialistes, et a dirigé le Conseil des experts du ministère de l'Economie et des Finances au moment de l'entrée de la Grèce dans l'euro, en 2001. Il pourrait se rendre dès jeudi à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe.

Oui, vous avez bien lu !
Il était aux manettes en 2001 lors du maquillage des comptes grecs, avec l'aide de Goldman Sachs..
Bravo, c'est donc avec ce genre de personnage nauséabond que les grecs vont s'en sortir !

Je vous invite à relire cet article : "Les pompiers pyromanes", il faut donc en ajouter un à la liste..
Je suis révolté

lundi 18 juin 2012

Faillite bancaire espagnole : des Indignés traînent en justice financiers et politiques



PAR NATHALIE PÉDESTARRES (13 JUIN 2012)

C’est peut-être un tournant dans la bataille qui oppose les citoyens, frappés par les plans d’austérité, aux responsables des faillites bancaires, sauvés par l’argent public en toute impunité. En Espagne, une plateforme réunissant avocats, juristes et journalistes s’est donné pour mission d’enquêter sur les responsabilités des politiques et des banquiers dans la crise financière. Une première action en justice devrait être lancée contre l’ancien PDG de Bankia, grâce au soutien de milliers de citoyens.


Leur intention est claire : mettre derrière les barreaux toutes les personnes qui, au sein du conseil d’administration de Bankia, sont présumées coupables de la faillite de la quatrième plus grande banque espagnole. Ils sont avocats, juristes ou journalistes, et travaillent d’arrache-pied sur le dossier Bankia en dehors de leurs heures de travail. En plus de l’information publique disponible, ils épluchent des données confidentielles que leur transmettent de l’intérieur des actionnaires et des employés de la banque. Telle est la mission de salubrité publique que s’est fixée une nouvelle plateforme citoyenne, liée au mouvement des Indignés, « 15MpaRato » [1], qui regroupe 120personnes.


Bankia, c’est ce conglomérat bancaire qui vient d’être nationalisé, et dont la faillite menace le fragile équilibre financier espagnol. Constituée en juin 2010 sous l’égide du Parti populaire (la droite espagnole), Bankia est la fusion de plusieurs banques en difficulté. Deux ans plus tard, tout bascule. En l’espace de trois mois, Bankia, qui assurait avoir réalisé 309 millions d’euros de bénéfices nets en 2011, se retrouve avec des pertes de 3,3 milliards d’euros ! Un gouffre financier dissimulé lors de la présentation des comptes à la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), sans le rapport d’audit obligatoire…

Aide publique et parachute doré privé


Ce mensonge a ouvert la boîte de Pandore, forçant son PDG, Rodrigo Rato, à démissionner le 7 mai dernier. Précisons que Rodrigo Rato n’est autre que l’ancien directeur général du FMI (de 2004 à 2007) et l’ancien ministre de l’Économie espagnol et bras droit de José María Aznar pendant le précédent gouvernement de droite (1996-2004). Il est depuis passé par les bureaux de la banque Lazard et par ceux de la banque Santander, la plus puissante banque espagnole (vous avez dit oligarchie ?).

« Nous voulons que Rodrigo Rato aille en prison et que ses biens soient saisis pour renflouer la dette de Bankia ! », assène l’une des membres de la plateforme 15MpaRato, qui tient à rester anonyme [2]. 23,5 milliards d’euros d’aide publique sont désormais nécessaires pour renflouer Bankia. Ce qui n’empêche pas son ex-PDG d’accepter un parachute doré de 1,2 million d’euros ! La décision d’attribuer cette indemnisation est actuellement entre les mains de la Commission des nominations et rétributions de la banque. L’Espagne n’en est pourtant pas à son premier cas de faillite bancaire suivie d’un sauvetage avec l’argent des contribuables [3]. Mais, cette fois, « c’est un cas trop flagrant d’escroquerie », s’insurge un des membres de l’équipe juridique de la plateforme.

Pression réussie


Si les membres de 15MpaRato travaillent de façon totalement bénévole, mus par leur « responsabilité civique », comme l’explique l’un des avocats volontaires, les démarches administratives et judiciaires ont un coût… La plateforme l’a estimé à près de 100 000 euros pour la première phase de leur action : déposer une plainte auprès de l’Audiencia Nacional, la plus haute juridiction espagnole, préparer et rédiger les actes d’accusation [4].
La plateforme a donc lancé une initiative de « crowdfunding » ce 6 juin. Succès immédiat. En moins de 24 heures, plus de 19 000 euros ont été collectés. Une cinquantaine d’actionnaires de Bankia se disent prêts à témoigner et plus d’une dizaine de témoins internes offrent spontanément leur aide aux enquêteurs anonymes. 11 000 citoyens déclarent se joindre à la plainte contre Bankia. Cette réaction citoyenne crée des remous… Le parquet espagnol finit par reconnaître les soupçons de délit et annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire sur Bankia. En cause : sa création et son entrée en Bourse en juillet 2011.

Les politiques s’y mettent. La députée Rosa Diez – Unión Progreso y Democracia (UPyD) — annonce que son parti va également porter plainte contre Bankia. Depuis le 29 mai dernier, l’UPyD et la Gauche unie (Izquierda Unida, qui rassemble la gauche radicale) réclament une commission d’enquête parlementaire sur Bankia, ce qu’ont refusé les deux principaux partis, le Parti populaire, au pouvoir, comme le Parti socialiste espagnol (PSOE).

Tableau de chasse citoyen


Les deux partis qui ont alterné au pouvoir en Espagne craignent probablement un retour de bâton. « Nous n’allons pas nous arrêter au seul conseil d’administration de Bankia, avertit l’un des avocats. Nous allons aussi enquêter sur la responsabilité pénale de certains fonctionnaires de la Banque d’Espagne, de Deloitte [Le cabinet d’audit chargé des comptes de Bankia, ndlr], de la Commission nationale du marché des valeurs… C’est une procédure très longue qui va durer des années. »

La plateforme annonce ses objectifs comme un tableau de chasse : Rodrigo Rato, Mariano Rajoy (actuel chef du gouvernement espagnol), José Luis Zapatero et Carmen Chacón (respectivement ancien Premier ministre et ministre du Logement en 2007, tous deux du PSOE), José María Aznar (ancien chef du gouvernement du Parti Populaire)… Pour, affiche-t-elle, « en finir avec l’impunité et les privilèges de ceux qui sont indécemment riches, des politiques et des banquiers ».

« Ce que nous voulons, c’est que notre action, tout en préservant son anonymat, ait un effet "boule de neige", que la société civile collabore et nous aide. Et surtout, qu’elle prenne conscience qu’avec la loi et la Constitution en main elle a la force de lutter contre les abus de pouvoir », précise, moins démago, un avocat. Fin de partie pour l’oligarchie ?

Nathalie Pédestarres
Article original ici (Bastamag)

Notes

[1] De la conjonction entre le nom du mouvement des Indignés, 15M, et le nom de Rodrigo Rato, ex-PDG de Bankia. Voir leur site (en espagnol).
[2] Tous les membres et juristes de la plateforme souhaitent, pour l’instant, garder l’anonymat.
[3] En avril 2011, le Fonds de restructuration bancaire espagnol avait dû injecter 2,8 millions d’euros pour sauver la Caja del Mediterráneo, la Caisse Méditerranée.
[4] Le détail des dépenses prévues par 15MpaRato est expliqué dans ce blog.

JP Morgan : Jackpot sur le LME !



Vous vous souvenez peut-être de la retentissante faillite de la maison de courtage "MF Global" aux USA en octobre 2011.. : MF Global a fait faillite, en octobre, en raison de pertes liées à la dette européenne. Son effondrement a laissé un trou évalué à 1,6 milliards $ US dans les comptes de ses clients.

Récemment (début juin) on apprenait que JPMorgan Chase avait restitué à MF Global quelque 600 millions de dollars qui avaient été captés au moment de son dépôt de bilan en octobre, écrit le Wall Street Journal samedi, citant des sources proches du dossier. Un liquidateur judiciaire représentant les clients de la maison de courtage en faillite pourrait poursuivre JPMorgan pour plusieurs centaines de millions de dollars de plus, ajoute une source proche de l'enquête. Le versement de JPMorgan est un signe de progrès dans les efforts pour recouvrer 1,6 milliard de dollars évaporés dans les comptes des clients de MF Global. (source ici)

Mais revenons au sujet qui nous intéresse : 

Après le blocage des dépôts des clients de MF Global le 7 novembre 2011, 2 semaines plus tard, JP Morgan rachetait la part du LME (London Metal Exchange) détenue par MF Global, soit 4.7%, pour 39 millions de dollars, dans une procédure qualifiée à l'époque d'appel d'offres compétitif... On est en droit de s'interroger sur le "juste prix" payé par JP Morgan pour faire main basse sur cette participation dans le LME alors qu'il s'agissait de liquider au plus vite les actifs de MF Global...

7 mois plus tard, le 15 juin 2012, on apprend que la bourse de Hong Kong offrait 1.4 milliards de livres (ou encore 1.7 milliards d'euros, ou encore 2.2 milliards de dollars) pour racheter le LME.

Ce qui valorise donc à 103 millions de dollars les 4.7% du LME détenus par JP Morgan.. oui, ces mêmes 4.7% rachetés 39 millions de dollars en novembre 2011.

JP Morgan réalise donc plus un bénéfice considérable en multipliant par plus de 2,5 fois le prix payé.. alors qu'il manque encore des centaines de millions de dollars à restituer aux ex-clients de MF Global..

Lire l'article en anglais

dimanche 17 juin 2012

ALLEZ LES GRECS ! ALLEZ LES GRECS !



Ne vous laissez pas faire, demandez des comptes à votre ancien gouvernement "Nouvelle Démocratie" qui a maquillé les comptes de votre pays avec l'aide Goldman Sachs dont Mario DRAGHI, actuel président de la Banque Centrale Européenne, était le vice-président pour l'Europe.

Demandez pourquoi les banques privées en Europe ont eu le droit à plus de 5 500 milliards d'euros d'avantages (prêts à faibles taux, échanges, garanties, rachats, ...) depuis la crise financière de 2008 et continuent à stocker les euros dont elles disposent dans les coffres de la BCE.

Demandez pourquoi vous représentez un risque "systémique" alors que votre PIB ne représente que 2% du PIB de la zone Euro, et avec seulement 350 milliards de dettes (avant le fameux "haircut") alors que la BCE peut en trouver plus de 3 fois plus en 2 mois pour prêter 1000 milliards d'euros aux banques à travers les 2 LTRO.

Demandez pourquoi l'UE n'a pas pris vos entreprises publique avec leurs rendements comme garantie contre un vrai plan de relance (le plan secret "Eureka") pour faire fermer leurs grandes gueules aux agences de notations US qui en savent apparemment plus sur les finances des états de l'Europe que l'Europe elle-même.

Demandez pourquoi à la place on veut brader vos services publics en les vendant à bas prix à des vampires étrangers, à commencer par les banques anglo-saxones.

Demandez à la BCE, à l'UE, à l'Eurogroupe, au Conseil européen, au FESF, ... comment ils ont pu laisser vos taux d'intérêts à 10 ans passer les 30%, et vos taux d'intérêts à 1 passer les 1 500%...

Demandez pourquoi on vous a refusé à la derniè minute un référendum pour pousser votre 1er ministre à la porte lors du G20 de Cannes.

Demandez pourquoi on vous a imposé un gouvernement, sans élections, dirigé par Papademos, ex-vice président de la BCE au moment du maquillage de vos comptes !

Demandez pourquoi on vous impose tant de contraintes alors que les banques privées se voient octroyer des centaines de milliards dans l'espoir qu'elles financeront l'économie.

Demandez que soit faite toute la lumière sur le plan de restructuration de votre dette avec un audit citoyen comme ce fut fait en Bolivie ou dans d'autres pays !

Demandez si les dettes abandonnées par les banques n'ont pas été remplacées par des créances encore plus avantageuses, et garanties de surcroît (lire à ce sujet la façon dont le candidat républicain à l'élection américaine spécule contre vous)

Demandez comment après des années de pseudo régulation, supervision, un problème BANKIA peut passer de "stress test OK " à 23 milliards à trouver puis 40 et peut-être 100.

Demandez aux médias comment ils ont pu laisser croire au reste du monde que les bas salaires grecs (qui supportent l'imposition à la source) pouvaient permettre une évasion fiscale massive vers la Suisse alors que c'est là le résultat des agissements d'une minorité très riche (dont les armateurs, les banquiers, etc, cf
...

Nous sommes avec vous même si une minorité a sali votre honneur.


Demandez des comptes, c'est votre droit.


Avec l'aimable autorisation de "Black Hole", dont les les fameux coups de gueule sur les fora boursorama sont chaque fois une invitation à nous lever contre l'oligarchie qui nous gouverne !

jeudi 14 juin 2012

Moody's Blues..

Il ne s'agit pas du légendaire groupe "The Moody Blues" et leur tube planétaire "Nigths in White Satin" dont je veux parler, mais bien de Moody's, l'une des 3 grandes agences de notation américaines..

Je cite donc :

"L'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé mercredi la note d'endettement de long terme de l'Espagne de trois crans, à "Baa3", juste au-dessus de la catégorie "spéculative", et a également dégradé celle de Chypre.

Moody's a prévenu que cette note pourrait tomber dans cette catégorie à l'issue d'une nouvelle période d'examen qui doit durer au maximum trois mois.

L'agence a invoqué dans un communiqué le plan d'aide européen de 100 milliards d'euros pour le secteur bancaire espagnol, décidé vendredi, qui selon elle "accroîtra encore le poids de la dette supporté par le pays".

De plus, a souligné Moody's, "l'Etat espagnol a un accès très limité aux marchés financiers, comme le montrent à la fois le fait qu'il compte sur le FESF et le MES [les mécanismes anticrise de la zone euro, ndlr] pour ses fonds de recapitalisation et sa dépendance croissance vis-à-vis de ses banques nationales comme acheteurs prioritaires de ses émissions obligataires, lesquelles à leur tour obtiennent leurs financements de la BCE" (Banque centrale européenne)."

Bon.. déjà quel courage.. 3 jours après Fitch..

Essayons de décrire, puis de comprendre :

La méthode :

Vous avez un passager qui est tombé du bateau, le courant est fort, les vagues sont impressionnantes, mais au lieu de lui envoyer une bouée, vous vous arrangez pour lui envoyer une corde avec un parpaing, pour qu'il s’essouffle encore plus vite et sombre rapidement..
A quoi sert ce petit jeu au fond ?
Si le système financier international veut s'en sortir, ce n'est pas en aidant à couler tous ceux qui doivent de l'argent que l'on multiplie les chances de sauvetage général..

Décryptage :

Alors il faut sans doute chercher d'autres raisons.
D'abord, avec un peu de chance, les taux espagnols vont continuer à monter.. ce qui rendra d'autant plus juteux des petites bébêtes dont on parle moins depuis le haircut grec mais qui existent toujours : les CDS (Credit Default Swaps, sorte de "certificats d'assurance sur dette").

Certes ils ont été en partie activés sur la portion dette grecque qui a subit le défaut, mais il a fallu attendre presque 3 ans entre le début de la "crise de la dette grecque" et l'application d'une décote. Au final les détenteurs de papier grec en avaient déjà tellement largué un max dans la cheminée de la BCE (ou ailleurs) qu'il ne restait plus grand chose. Bref, les petits arrangements entre amis avaient eu tout le temps de se mettre en place pour minimiser cette bombe à retardement. 

N'oublions pas non plus que le "gendarme" du marché des CDS, à savoir l'ISDA (International Swap and Derivatives Association) est seule habilitée à prononcer officiellement "l'évènement de crédit" qui déclenche l'activation des CDS, à savoir le versement par l'émetteur du CDS de l'indemnisation à celui qui en avait acheté pour se couvrir sur les emprunts d'états auxquels il avait souscrit.

Quand on sait que le comité de direction de cette "association" est composé des plus grandes banques d'affaires (JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs, etc..) eux mêmes partie prenantes (émetteurs souvents, acheteurs parfois), c'est vraiment le royaume du "juge et partie"..

Alors après l'apéro grec, voici les tapas espagnols..

On est reparti pour minimum 12 à 18 mois de gesticulations, durée suffisamment longue pour les émetteurs US de CDS sur la dette espagnole pour encaisser un max de primes à l'émission.. et quand il faudra se résoudre à couper une branche morte par un défaut partiel, on aura encore une fois eu largement le temps de tout balancer au feu.. ça laisse quelques mois sur de juteux milliards à faire..

Autre piste envisageable : il faut trouver par tous les moyens possibles une solution pour que tous les capitaux disponibles s'orientent vers le seul support qui reste vital si on veut éviter l'effondrement, je parle évidemment de la dette US..

Nouvelle renégociation du plafond cet été, élections en novembre, etc..l'agenda américain est chargé. Donc avec ce mattraquage permanent sur l'Europe, on s'assure d'attirer les capitaux vers un marché d'une profondeur infinie même si les rendements sont mauvais : la dette US..

C'est tellement gros... mais plus c'est gros et mieux ça passe.. 

Crédit Agricole : la formule magique !



Selon un article paru dans le Wall Street Journal (lire ici), le Crédit Agricole étudie, parmi d'autres scénarios, les modalités de son retrait de Grèce et de sa filiale Emporiki, ainsi que la possibilité de la fusionner avec d'autres banques grecques en cas de sortie du pays de la zone euro, rapporte mercredi le Wall Street Journal.

Interrogé par l'AFP, Crédit Agricole SA s'est refusé à tout commentaire.


Selon le site du quotidien, la banque française envisagerait notamment de fondre Emporiki dans l'union de plusieurs établissement hellènes, héritant d'environ 10% des parts de l'ensemble nouvellement formé.
Crédit Agricole songerait également, toujours en cas de changement de devise de la Grèce, de rompre tous ses liens avec Emporiki, pour éviter le risque de contagion...


Bon déjà, on se demande bien pourquoi le 13 juin l'action Crédit Agricole à +3.5% pendant que ses "confrères bancaires" (BNP et Société Générale) sont dans le rouge.. : que les actions des banques finissent mal la journée avec les tensions sur l'Espagne n'étonne personne !
Mais que cet article sur le Crédit Agricole sorte juste après une belle journée pour l'action du groupe sent quand même assez mauvais le délit d'initié.. Il y avait évidemment des gens au courant, on se demande bien ce que fait une fois de plus l'AMF (L'Alliance des Maffieux de la Finance).

Mais au fond ce qui m'interpelle le plus dans cet article et que je nomme donc "la formule magique", c'est la méthode envisagée (fondre Emporiki dans l'union de plusieurs établissements héllènes)..

On prend mettons une dizaine de petites poubelles, on les met dans un gros conteneur, ça fait une poubelle plus grosse, avec des poignées, certes c'est plus pratique pour la vider, mais ça reste une poubelle !

Et c'est exactement sur ce modèle qu'a été monté Bankia, avec des caisses d'épargne régionales.

Ils le font exprès vous croyez ?

Effectivement on connait déjà la suite : une fois cette gigantesque poubelle constituée, on trie les déchets, on refourgue aux états les actifs pourris, et on cède les branches rentables à des intérêts privés.. Exactement ce qu'on fait pour Dexia (90 milliards d'euros de garanties à la charge de l'état français sur les actifs pourris, pendant qu'on vend la branche rentable à un autre établissement).

On nous refait le coup chaque année : on appliquera ensuite le génialissime concept de "Too big to fail" (mais bandes de crétins, avant de tout mettre dans le conteneur, ce n'était pas trop gros pour faire faillite..).

Les apôtres du capitalisme en bafouent les règles les plus élémentaires : les banksters deviennent les plus fanatiques communistes dès qu'ils faut assumer leurs pertes : dans ces cas là, vive la nationalisation des pertes
 !




mercredi 13 juin 2012

Les US à la manoeuvre..

pour ceux qui n'ont pas encore compris que depuis le printemps 2010, il s'agit de focaliser sur l'Europe pour tenter de masquer la crise du dollar et les problèmes américains :

Les US et surtout ceux qui les pilotent à savoir la haute finance de WS veulent absolument conserver leur leadership sur la planète, sans avoir à faire la moindre réforme sur leur système qui est pourtant à la base des crises à répétitions depuis 10 ans.

Dès lors, à chaque fois que quelques doutes planent sur la solidité de la (sic) "reprise US", hop on met l'accent sur l'Europe.
ça s'est vérifié avec les 1ers épisodes grecs d'avril à juin 2010 alors que toutes les stats US étaient mauvaises, ce qui a ensuite permis à B2 de balancer son QE3..

A l'automne 2010

c'était le scandale du foreclosure gate (enterré depuis) qui menaçait de faire sauter les banques US et on nous a donc sorti l'Irlande.

A l'hiver 2011

les banques US étaient toujours très largement chargées en CDS sur dettes US (en tant qu’émetteur), il a donc fallu activer de nouveau le bras armé à savoir le FMI (qui n'a fait que semer la misère partout où il est intervenu depuis 30 ans), cette fois sur le portugal.

Pendant ce temps la fameuse réforme de WS accouchait d'une souris, et le lobbying des banques US avait joué à fond contre toute régulation. B2 continuait d'arroser la planète de faux dollars, le CME sauvait in extremis JP Morgan de ses postions short sur le silver en changeant les règles sur les déposit, etc..

Arrive l'été 2011

et la nouvelle tragédie grecque.. il faut evidemment une fois de plus détourner l'attention de la degradation de la note US..


A l'automne 2011

on a carrément Tim Geithner qui vient s'imposer à des réunions européennes pour nous donner des leçons, pendant que la FED lance une fois de plus un programme pour ses actionnaires de banques, à savoir l'opération twist.

Draghi et ses sbires, pilotés par WS et le FMI, prennent les commandes en europe et appliquent les mêmes recettes, 2 LTRO et 1000 milliards fournies aux banques, et de janvier à mars 2012 on surfe sur la méthode US..

Et voilà finalement que depuis mai 2012

les stats US sont de nouveaux en berne, notamment sur le chomage.. et les élections s'approchent à grands pas, Oblabla ne veut pas perdre en novembre.
Est venu par dessus ça la parfaite démonstration de l'absence totale de réforme du système US avec les pertes de JP Morgan.

N'oublions pas non plus que se posera de nouveau cet été le pb du plafond de la dette US..

Alors on pilote tout ça : on va appliquer en Europe les memes recettes, à savoir injecter dans les banques, encore et toujours, et cette fois c'est l'espagne..

Oblabla recommence avec ses remarques déplacées sur l'Europe histoire d'expliquer aux américains que si les US rechutent ce n'est pas de sa faute mais à cause de la crise en zone euro.

"Les européens n'ont pas fait assez".. etc..

Bernanke déclare au congrès jeudi 7/06/2012 que "Europe’s debt crisis poses significant risks to the U.S. financial system and the economy.

Ben voyons, effectivement, c'est de la faute de l'Europe si les US croulent sous des milliers de milliards de dettes..

Et comme pour annoncer les décisions qui vont être prises sur une aide aux banques espagnoles, le SP500 a signé la semaine du 4 juin 2012 sa plus forte hausse (3.7%) depuis décembre..

Toujours pas le moindre dirigeant européen pour oser leur répondre de s'occuper de LEUR dette, des 1000 milliards de crédits étudiants, des 46 millions d'américains qui ne peuvent se nourrir que grace à un ticket fourni par l'état..

Ce n'est pas de l'anti américanisme primaire car de très nombreux américains sont les 1eres victimes de cette gigantesque escroquerie mondiale !
L'Europe n'est pas le 51ème état américain, et nous n'avons pas d'ordre à recevoir messieurs les banksters !