Affichage des articles dont le libellé est Banksters. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Banksters. Afficher tous les articles

mercredi 9 janvier 2013

Obama, Acte II... Lew au trésor !


Le nouveau secrétaire au Trésor est donc Jacob Lew

Timothy Geithner était le précédent et avait annoncé qu'il ne voulait pas rempiler pour un second "mandat".

Rappelons que si l'élection présidentielle américaine a eu lieu au mois de novembre 2012, ce n'est que maintenant, en janvier 2013, que le président élu prend officiellement ses fonctions.. Comme c'est l'homme déjà en place qui a été réélu, on a l'impression qu'il n'y a aucun changement, mais c'est bien un nouveau mandat qui débute, avec son cortège de nominations, départs, etc..

Alors pourquoi s'intéresser à cette nomination en particulier (il y a aussi du changement à la CIA, au poste de secrétaire d'état - le ministre des affaires étrangères -, etc..).

Petit rappel, on parle ici du "ministre des finances" : je vous invite à relire l'historique depuis 30 ans, on a une belle brochette.. : Les secrétaires américains au trésor depuis 30 ans

A moins d'avoir hiberné dans une grotte au Népal depuis 4 ans, vous n'avez pas pu échapper à la "crise", qui a notamment débuté fin 2007 aux USA par l'effondrement du marché immobilier puis la faillite de Lehman Brothers en octobre 2008.

Le secrétaire au trésor sortant, Tim Geithner, s'est illustré par le soutien au  plan de sauvetage des banques en 2008 alors qu'il présidait encore la FED de New York, puis s'est illustré depuis 4 ans en ne faisant absolument RIEN pour tenter de réguler Wall Street. Pire, il s'est permis à plusieurs reprises de venir donner des leçons aux européens sur la "dette" de certains pays alors même que les Etats Unis doivent bientôt  après l'avoir déjà fait à l'été 2011, relever le plafond de leur dette colossale pour ne pas être en défaut de paiement.

Evidemment ce monsieur a activement participé au fameux débat (disons plutôt les jeux du cirque bien orchestrés) sur la "falaise fiscale" qui, sans accord, aurait débouché au 1er janvier de cette année sur une impasse et des mesures drastiques au niveau du budget américain.. Quand on est un clown on le reste..

Bref, toutes celles et ceux qui pensent encore que l'administration "Obama 2" va faire mieux que la précédente pour tenter de remettre le système sur les rails vont en avoir pour leur argent :

Jacob Lew est donc le nouveau secrétaire au trésor.. pour la rupture avec son prédécesseur, on repassera puisque de toutes façons il était déjà dans l'équipe gouvernementale depuis 2008...

Il est issu de la même "lignée" : membre du Council of Foreign Relations, qui compte Henry Kissinger, Madeleine Albright, Colin Powell et bien d'autres, cette organisation qui se dit "apolitique" compte des membres éminents qui appartiennent également à la commission Trilatérale ou encore au groupe Bilderberg.

Dans la lignée de Robert Rubin

Jacob Lew avait déjà servi sous Bill Clinton, au budget, sous la direction du secrétaire au trésor d'alors, un certain Rubin..  oui oui, celui-là même qui est vice président du bureau du Council of Foreign Relations..
Le monde est petit non ?

Lew est également membre du Brookings Institution Hamilton project, un think tank plutot libéral basé à Washington, D.C

Pour rappel c'est sous Rubin que l'administration américaine a définitivement enterré les garde-fous contre la finance dérégulée qui existaient encore (hérités des années 30) notamment en autorisant la fusion Citigroup / Travellers..

Et ce fameux Rubin est ensuite parti chez Citigroup... Tiens tiens, Citigroup...
Qu'a fait Jacob Lew pendant les années Bush ?

En juin 2006, Lew a été nommé directeur exécutif de Citigroup's Alternative Investments unit, une entité de trading indépendante qui a notamment investi et parié (spéculé pour être clair) avec son hedge fund sur la chute du marché immobilier américain.. il a donc gagné de l'argent sur la chute des subprimes, vous savez, les fameux crédits hypothécaires. Des millions d'américains allaient être expulsés de leur maison mais voilà que le nouveau ministre des finances dirigeait un fond spéculatif qui a gagné de l'argent en spéculant sur l'effondrement de ce marché immobilier..

Et bien soyez rassurés chers lecteurs, ce n'est pas avec ce personnage à ce poste clé que la haute finance internationale qui spécule sur tout a des soucis à se faire.

Circulez, ya rien à voir !

dimanche 18 novembre 2012

Moi, banquier américain, maître du monde..

3 informations importantes cette semaine sur la haute finance américaine :

1) La banque centrale américaine, par la voix d'Elizabeth Duke, a déclaré cette semaine qu'elle se refusait à imposer la mise en application stricte de la réglementation dite "Bâle III" dès début 2013...
2) la SEC conclut un accord amiable (petite amende de 400 millions de dollars pour 2 banques) après des plaintes déposées dans le cadre des tromperies sur les dérivés liés aux subprimes
3) Tim Geithner, secrétaire d'état au trésor (le "ministre des finances" américain) nous explique que le plus simple pour régler le problème de la dette américaine est de supprimer le plafond

Décryptage

Les banques américaines et Bâle III

Suite à la crise financière de 2007/2008 et la chute de Lehman Brothers, les différentes autorités de contrôle et le G20 ont lancé une vaste réflexion pour tenter de renforcer la solidité des banques afin d'éviter une nouvelle catastrophe. Entre autres, la réforme réglementaire "Bâle III", publiée le 26 décembre 2010, visait notamment à renforcer les ratios des banques, c'est à dire pour simplifier, le rapport entre leurs capitaux propres et leurs dettes..

En effet, on a constaté que la sévérité de la crise de 2007 / 2008, qui a démarré aux USA par les abus sur les prêts immobiliers à risques (subprimes), s'explique en grande partie par le fait que la taille des bilans des banques avait connu une croissance sans limite, pendant que la qualité de fonds propres (censés couvrir les risques) n'avait cessé de se dégrader. De plus, les banques ne disposaient pas des réserves suffisantes pour faire face à une crise de liquidité. Quand le château de cartes des "subprimes" s'est effondré, les banques se sont révélées incapables de faire face à leurs pertes et ont fait appel aux autorités publiques pour les renflouer. Ce cercle vicieux a fait explosé les déficits publics.. et ce sont maintenant ces mêmes "marchés financiers" qui prennent les états à la gorge et exigent des réformes pour la réduction de la dette publique..
N'oublions pas qu'au delà de Lehman Brothers, plusieurs centaines de banques américaines ont fait faillite en 2008, 2009 et 2010..

Sans rentrer dans les détails des différents ratios définis par "Bâle III" (les ratios NCR et NSFR), et même si théoriquement les banques ont jusqu'en 2018 pour appliquer strictement les nouvelles normes (il faut savoir que les américains n'ont jamais appliqué la norme précédente, dite "Bâle II"), les recommandations du comité de Bâle doivent être transposées en droit national d'ici au 1er janvier 2013.

Depuis l'adoption de cette réforme en décembre 2010, bien d'autres problèmes ont agité les différents marchés financiers, de la crise grecque à la quasi faillite des banques espagnoles, en passant par différents scandales autour de JP Morgan (perte de plusieurs milliards au printemps) ou encore autour de la manipulation du Libor.

Les politiques avaient donc tenté d'imposer l'application plus rapide que prévue des nouvelles normes réglementaires, et 2013 semblait accessible. On a ainsi en Europe, et particulièrement en France, vu la plupart des établissements bancaires dits "systémiques" (les fameuses banques "trop grosses pour faire faillite", à savoir Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas) réduire considérablement la taille de leur bilan, essentiellement par la cession d'actifs.

En effet quand vous souhaitez améliorer un "effet de levier" entre des capitaux propres et des dettes, vous avez 2 solutions : soit vous augmentez vos capitaux propres, soit vous diminuez vos dettes. Comme il n'était pas envisageable pour ces banques de procéder à des augmentations de capital dans les conditions de marchés existantes (le cours de Société Générale est passé de 140 euros à moins de 15 euros au plus fort de la crise, le cours de Crédit Agricole est passé de plus de 30 euros à moins de 3 euros, etc..), ces banques ont donc vendu des participations détenues un peu partout dans le monde (en Grèce notamment pour crédit agricole), et sont devenues beaucoup plus regardantes avant d'accorder des prêts, afin de pouvoir afficher le plus vite possible des "ratios" conformes aux nouvelles règles. C'est là un des effets pervers de cette nouvelle norme : puisque l'effet de levier des banques doit être réduit, elles prêtent moins, ... mais ce n'est pas l'objet de cet article).

On se souvient de Christine Lagarde, à peine nommée au FMI à l'été 2011, qui lançait un pavé dans la mare en déclarant que les banques européennes étaient fortement sous-capitalisées (alors que 2 mois avant, encore ministre des finances du gouvernement français, elle disait le contraire), et on voit avec quel talent les autorités américaines remettent sur le devant de la scène la crise grecque et le problème des banques européennes, pendant que "leurs banques" ont de leur coté récupéré toute leur puissance et leur solidité, dégagent des dizaines de milliards de profits, etc..

Voilà donc un pays d'où est parti la crise en 2007, qui participe pleinement au G20 et qui, en façade, milite pour les accords de Bâle III, qui nous annonce cette semaine qu'il reporte sine die le calendrier d'application.

Pour justifier sa décision, la banque centrale américaine a fait état de l'inquiétude de nombreux établissements bancaires quant à une application stricte du nouveau cadre réglementaire dès début 2013, comme prévu initialement, alors qu'elles n'y seraient pas suffisamment préparées.

Tiens tiens, alors les banques américaines ne sont pas en si bonne santé que ça ?

Il est intéressant de surveiller ce que dira Michel Barnier, commissaire européen : il avait en effet déclaré que l'Europe n'appliquerait pas Bâle III tant que les Américains ne l'appliqueraient pas.. On va voir si comme d'habitude l'Europe se tait.. ou si elle ose hausser le ton face aux USA..

J'ai rarement été d'accord avec les dirigeants de nos banques, mais je dois dire que pour une fois je suis d'accord avec eux..
Monsieur Prot, patron de BNP Paribas, a participé récemment à une table ronde organisée par l'Autorité des Marché Financiers :
Faisant allusion à la loi américaine dite Fatca, qui impose aux établissements financiers du monde entier de communiquer des informations concernant leurs clients américains, M. Prot a estimé que "ce n'était plus la peine d'aller à Bâle, puisque le Congrès (américain) dirige les affaires mondiales."

"Les Américains se sont rendus compte que c'était un petit peu compliqué et risqué et ils ont décidé de prendre leur temps", a observé le président de l'AMF, Gérard Rameix.

"Si c'est les Etats-Unis, ce n'est pas grave, c'est la moitié de l'industrie mondiale", a ironisé M. Prot.

"Bâle III semble ne pas devoir être appliqué dans la zone d'où est partie la crise", a renchéri le PDG de Société Générale, Frédéric Oudéa, lors d'une autre table ronde.

La banque centrale américaine continue donc de se moquer du monde. Elle a provoqué la bulle immobilière américaine en ne contrôlant pas la quantité et la qualité des crédits en circulation (en ayant fortement baissé les taux d'intérêts suite à l'effondrement de la bulle Internet en 2001/2002), elle a ensuite provoqué en partie l'éclatement de la bulle en remontant fortement les taux en 2006 / 2007, elle a ensuite englouti des milliers de milliards pour sauver le système au moment de la faillite de Lehman Brothers en 2008, cette crise ayant provoqué une récession mondiale, des dizaines de millions d'emplois détruits dans le monde, et cette même banque centrale nous déclare donc aujourd'hui : "euh en fait les règles sont très bien pour les autres, mais pas pour nous"..

Les "accords amiables" de la SEC

Ajoutons que l'autorité de surveillance des marchés aux USA (la SEC) se félicite d'un accord trouvé avec JP Morgan et Crédit Suisse au sujet de plaintes déposées contre ces établissements pour tromperies sur les subprimes (vous savez bien, quand toutes les banques ont vendu des produits merveilleux, sans risque et très rentables à des investisseurs, et qu'on s'est aperçu ensuite que ces produits étaient pourris, et qu'ils ont occasionné des centaines de milliards de pertes) : une amende globale de 400 millions de dollars pour ces 2 établissements, et l'affaire est classée.
Là aussi ça devient une habitude, ces établissements ont provoqué une crise qui a vu des milliers de milliards partir en fumée, mais une petite amende de quelques centaines de millions et on met fin aux poursuites..
C'est beau la justice, on fait un petit chèque de type don aux oeuvres et on est lavé de toute responsabilité..

Le plafond de la dette américaine

Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, a plaidé vendredi pour la suppression du plafond de la dette publique imposée par le Congrés. Déjà la cause d’un mélodrame en 2011, le plafond de la dette devrait à nouveau être atteint en décembre. 
Vous avez entendu parler du fameux "fiscal cliff" (falaise fiscale) ?
Suite aux négociations difficiles il y a un an entre républicains et démocrates (les 1er ayant la majorité à la chambre des représentants, les seconds au sénat) pour relever le plafond de la dette américaine à 16 394 milliards de dollars, ces messieurs se sont donnés un an pour arriver à négocier un plan qui permettrait à terme de réduire les déficits publics et la dette. Sans accord d'ici fin décembre 2012, des mesures automatiques entreront en vigueur en janvier 2013 : hausse d'impôts, coupes sévères dans les dépenses publiques, etc.. Ces mesures sont redoutées car elles provoqueraient une forte récession aux USA (elles sont bonnes à appliquer en Grèce, en Espagne ou au Portugal par contre...)
Alors au lieu de ne pas réussir à s'entendre sur le comment, Tim Geithner a cette idée toute simple : supprimer le plafond (regardez cette vidéo, passage à 7'09 : 

Rien n'a donc changé depuis des mois et des mois, on vous bourre le crâne sur la crise européenne, mais tout va bien aux USA...

vendredi 14 septembre 2012

J'ai tout fait comme les banquiers...


Je me suis dit qu'en ces temps de crise la moindre des choses était d'appliquer les préceptes imposés par les banques centrales et les gouvernements aux pauvres petits spéculateurs qui se morfondent, sans doute de honte en raison des piètres investissements qu'ils ont fait.

Aussi avec mes amis nous sommes allés demander à nos banquiers de nous racheter à prix coûtant tous nos investissements Scellier foireux, ceux qui, logés au beau milieu de résidences fantômes ont perdu près de 60% de leur valeur, ne sont plus éligibles aux remises fiscales, ne sont pas loués et restent invendables.
Et ils ont dit oui ces abrutis, non mais quels imbéciles tout de même.

De plus on leur a refourgué nos vieux turbos et warrants usagés au prix d'achat, de vieux produits qui traînaient avec une valorisation proche de 0 ; si si, cela s'appelle être moins regardant sur les conditions exigibles d'octrois de prêts.

Et alors la cerise sur le gâteau est que nos bien aimées avaient préparé un vide grenier, de quoi rapporter 150 EUR par là quitte à rester avec 3 ou 4 cartons fourre-tout sur les bras.
Que nenni ! On t'a fourgué ça aux banques au prix d'achat et on a tout racheté à neuf.

Avec tout cet argent nous allons réinvestir en Scellier et sur des dérivés (on va tenter les matières premières, on pense avoir reniflé 2 ou 3 bonnes petites affaires) et cette fois ça va marcher et du coup ensuite on prêtera un peu... si ça marche... ça relancera l'économie et l'emploi ah oui.

Bon je vous laisse, apparemment avec les rachats illimités des obligations on devrait pouvoir rapporter les papiers que nous avions entassés sous le barbecue et à côté de la cuvette des toilettes. Paraît même qu'avec l'argent reçu en échange on va pouvoir prêter à 10 ans à des pays asphyxiés, le tout garanti par les contribuables.

On va se gaver !

Et n'oubliez pas surtout, c'est de votre faute, dépensiers !
En revanche mettez-vous bien dans la tête que rembourser le privé des mauvais investissements qu'il a réalisés avec de l'argent qui n'est même pas le sien c'est ça LA solution pour relancer l'économie et l'emploi ah oui, c'est la seule solution, l'unique, et elle est ir-ré-ver-sible.

Avec l'aimable autorisation de "Black Hole", dont les les fameux coups de gueule sur les fora boursorama sont chaque fois une invitation à nous lever contre l'oligarchie qui nous gouverne !

lundi 18 juin 2012

Faillite bancaire espagnole : des Indignés traînent en justice financiers et politiques



PAR NATHALIE PÉDESTARRES (13 JUIN 2012)

C’est peut-être un tournant dans la bataille qui oppose les citoyens, frappés par les plans d’austérité, aux responsables des faillites bancaires, sauvés par l’argent public en toute impunité. En Espagne, une plateforme réunissant avocats, juristes et journalistes s’est donné pour mission d’enquêter sur les responsabilités des politiques et des banquiers dans la crise financière. Une première action en justice devrait être lancée contre l’ancien PDG de Bankia, grâce au soutien de milliers de citoyens.


Leur intention est claire : mettre derrière les barreaux toutes les personnes qui, au sein du conseil d’administration de Bankia, sont présumées coupables de la faillite de la quatrième plus grande banque espagnole. Ils sont avocats, juristes ou journalistes, et travaillent d’arrache-pied sur le dossier Bankia en dehors de leurs heures de travail. En plus de l’information publique disponible, ils épluchent des données confidentielles que leur transmettent de l’intérieur des actionnaires et des employés de la banque. Telle est la mission de salubrité publique que s’est fixée une nouvelle plateforme citoyenne, liée au mouvement des Indignés, « 15MpaRato » [1], qui regroupe 120personnes.


Bankia, c’est ce conglomérat bancaire qui vient d’être nationalisé, et dont la faillite menace le fragile équilibre financier espagnol. Constituée en juin 2010 sous l’égide du Parti populaire (la droite espagnole), Bankia est la fusion de plusieurs banques en difficulté. Deux ans plus tard, tout bascule. En l’espace de trois mois, Bankia, qui assurait avoir réalisé 309 millions d’euros de bénéfices nets en 2011, se retrouve avec des pertes de 3,3 milliards d’euros ! Un gouffre financier dissimulé lors de la présentation des comptes à la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), sans le rapport d’audit obligatoire…

Aide publique et parachute doré privé


Ce mensonge a ouvert la boîte de Pandore, forçant son PDG, Rodrigo Rato, à démissionner le 7 mai dernier. Précisons que Rodrigo Rato n’est autre que l’ancien directeur général du FMI (de 2004 à 2007) et l’ancien ministre de l’Économie espagnol et bras droit de José María Aznar pendant le précédent gouvernement de droite (1996-2004). Il est depuis passé par les bureaux de la banque Lazard et par ceux de la banque Santander, la plus puissante banque espagnole (vous avez dit oligarchie ?).

« Nous voulons que Rodrigo Rato aille en prison et que ses biens soient saisis pour renflouer la dette de Bankia ! », assène l’une des membres de la plateforme 15MpaRato, qui tient à rester anonyme [2]. 23,5 milliards d’euros d’aide publique sont désormais nécessaires pour renflouer Bankia. Ce qui n’empêche pas son ex-PDG d’accepter un parachute doré de 1,2 million d’euros ! La décision d’attribuer cette indemnisation est actuellement entre les mains de la Commission des nominations et rétributions de la banque. L’Espagne n’en est pourtant pas à son premier cas de faillite bancaire suivie d’un sauvetage avec l’argent des contribuables [3]. Mais, cette fois, « c’est un cas trop flagrant d’escroquerie », s’insurge un des membres de l’équipe juridique de la plateforme.

Pression réussie


Si les membres de 15MpaRato travaillent de façon totalement bénévole, mus par leur « responsabilité civique », comme l’explique l’un des avocats volontaires, les démarches administratives et judiciaires ont un coût… La plateforme l’a estimé à près de 100 000 euros pour la première phase de leur action : déposer une plainte auprès de l’Audiencia Nacional, la plus haute juridiction espagnole, préparer et rédiger les actes d’accusation [4].
La plateforme a donc lancé une initiative de « crowdfunding » ce 6 juin. Succès immédiat. En moins de 24 heures, plus de 19 000 euros ont été collectés. Une cinquantaine d’actionnaires de Bankia se disent prêts à témoigner et plus d’une dizaine de témoins internes offrent spontanément leur aide aux enquêteurs anonymes. 11 000 citoyens déclarent se joindre à la plainte contre Bankia. Cette réaction citoyenne crée des remous… Le parquet espagnol finit par reconnaître les soupçons de délit et annonce l’ouverture d’une enquête préliminaire sur Bankia. En cause : sa création et son entrée en Bourse en juillet 2011.

Les politiques s’y mettent. La députée Rosa Diez – Unión Progreso y Democracia (UPyD) — annonce que son parti va également porter plainte contre Bankia. Depuis le 29 mai dernier, l’UPyD et la Gauche unie (Izquierda Unida, qui rassemble la gauche radicale) réclament une commission d’enquête parlementaire sur Bankia, ce qu’ont refusé les deux principaux partis, le Parti populaire, au pouvoir, comme le Parti socialiste espagnol (PSOE).

Tableau de chasse citoyen


Les deux partis qui ont alterné au pouvoir en Espagne craignent probablement un retour de bâton. « Nous n’allons pas nous arrêter au seul conseil d’administration de Bankia, avertit l’un des avocats. Nous allons aussi enquêter sur la responsabilité pénale de certains fonctionnaires de la Banque d’Espagne, de Deloitte [Le cabinet d’audit chargé des comptes de Bankia, ndlr], de la Commission nationale du marché des valeurs… C’est une procédure très longue qui va durer des années. »

La plateforme annonce ses objectifs comme un tableau de chasse : Rodrigo Rato, Mariano Rajoy (actuel chef du gouvernement espagnol), José Luis Zapatero et Carmen Chacón (respectivement ancien Premier ministre et ministre du Logement en 2007, tous deux du PSOE), José María Aznar (ancien chef du gouvernement du Parti Populaire)… Pour, affiche-t-elle, « en finir avec l’impunité et les privilèges de ceux qui sont indécemment riches, des politiques et des banquiers ».

« Ce que nous voulons, c’est que notre action, tout en préservant son anonymat, ait un effet "boule de neige", que la société civile collabore et nous aide. Et surtout, qu’elle prenne conscience qu’avec la loi et la Constitution en main elle a la force de lutter contre les abus de pouvoir », précise, moins démago, un avocat. Fin de partie pour l’oligarchie ?

Nathalie Pédestarres
Article original ici (Bastamag)

Notes

[1] De la conjonction entre le nom du mouvement des Indignés, 15M, et le nom de Rodrigo Rato, ex-PDG de Bankia. Voir leur site (en espagnol).
[2] Tous les membres et juristes de la plateforme souhaitent, pour l’instant, garder l’anonymat.
[3] En avril 2011, le Fonds de restructuration bancaire espagnol avait dû injecter 2,8 millions d’euros pour sauver la Caja del Mediterráneo, la Caisse Méditerranée.
[4] Le détail des dépenses prévues par 15MpaRato est expliqué dans ce blog.

JP Morgan : Jackpot sur le LME !



Vous vous souvenez peut-être de la retentissante faillite de la maison de courtage "MF Global" aux USA en octobre 2011.. : MF Global a fait faillite, en octobre, en raison de pertes liées à la dette européenne. Son effondrement a laissé un trou évalué à 1,6 milliards $ US dans les comptes de ses clients.

Récemment (début juin) on apprenait que JPMorgan Chase avait restitué à MF Global quelque 600 millions de dollars qui avaient été captés au moment de son dépôt de bilan en octobre, écrit le Wall Street Journal samedi, citant des sources proches du dossier. Un liquidateur judiciaire représentant les clients de la maison de courtage en faillite pourrait poursuivre JPMorgan pour plusieurs centaines de millions de dollars de plus, ajoute une source proche de l'enquête. Le versement de JPMorgan est un signe de progrès dans les efforts pour recouvrer 1,6 milliard de dollars évaporés dans les comptes des clients de MF Global. (source ici)

Mais revenons au sujet qui nous intéresse : 

Après le blocage des dépôts des clients de MF Global le 7 novembre 2011, 2 semaines plus tard, JP Morgan rachetait la part du LME (London Metal Exchange) détenue par MF Global, soit 4.7%, pour 39 millions de dollars, dans une procédure qualifiée à l'époque d'appel d'offres compétitif... On est en droit de s'interroger sur le "juste prix" payé par JP Morgan pour faire main basse sur cette participation dans le LME alors qu'il s'agissait de liquider au plus vite les actifs de MF Global...

7 mois plus tard, le 15 juin 2012, on apprend que la bourse de Hong Kong offrait 1.4 milliards de livres (ou encore 1.7 milliards d'euros, ou encore 2.2 milliards de dollars) pour racheter le LME.

Ce qui valorise donc à 103 millions de dollars les 4.7% du LME détenus par JP Morgan.. oui, ces mêmes 4.7% rachetés 39 millions de dollars en novembre 2011.

JP Morgan réalise donc plus un bénéfice considérable en multipliant par plus de 2,5 fois le prix payé.. alors qu'il manque encore des centaines de millions de dollars à restituer aux ex-clients de MF Global..

Lire l'article en anglais

jeudi 7 juin 2012

Le pipo sur les banques espagnoles..

On a donc pu découvrir ce matin un article dans la presse qui titrait :
"Le FMI chiffre de 40 à 80 milliards d'euros le sauvetage des banques espagnoles".
Dans un quotidien espagnol, on pouvait également lire :
Le premier scénario tient compte de la situation actuelle et prévoit des besoins de 40 milliards de dollars destinés à un groupe de 10 banques dont Bankia, que l'Etat espagnol entend sauver avec une aide historique de plus de 23 milliards d'euros.

Le deuxième scénario envisage une situation beaucoup plus tendue, en cas notamment de forte récession, et qui impliquerait un besoin de 80 milliards d'euros pour sauver le système financier espagnol mais que les sources interrogées par le journal jugent "irréelles.

Un peu plus loin dans l'article, on découvrait :
Les analystes chiffrent la facture à entre 60 et 200 milliards d'euros, mais le ministre espagnol du Budget a assuré mardi que le chiffre ne serait "pas très élevé".

Bon alors recadrons tout cela..

D'abord si le ministre du budget est aussi crédible que Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre des finances,  on sait d'avance à quoi s'en tenir..
Et si le FMI est aussi efficace en Espagne que partout où il a agit en semant sa politique basée sur le "Consensus de Washington", on sait d'avance que cela finira mal... 

Un autre rappel sur le sérieux des diagnostiques des "autorités compétentes" : 
N'oublions pasqu'en juillet 2011 Dexia passait avec succès les stress tests et que début septembre de la même année, il fallait un 2eme plan de sauvetage en 3 ans, alors les prévisions de ces gens là...

Petit calcul personnel :

Il y a actuellement 3 millions de logements neufs vides en Espagne, sans compter ceux qui ont été vendus mais dont les acquéreurs sont de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir rembourser.
Les banques espagnoles ont financé la construction de ces logements auprès des promoteurs..
Imaginons un prix moyen de 100 000 euros (terrain compris, le foncier a évidemment explosé pendant la bulle).

Donc, 3 millions x 100 000 euros... = 300 milliards d'euros.. 
Evidemment si on prend un prix unitaire de 150 000 euros, la facture monte à 450 milliards !
Et encore, ça n'est que pour les banques, il faudra aussi renflouer les régions pour une somme équivalente..
On va donc commencer par les tapas de l'apéro, 40 ou 50 milliards, et dans 3 mois on nous annoncera la facture finale, sauf qu'on aura déja injecté les premiers milliards donc on nous expliquera qu'on ne peut plus faire machine arrière..

Juste pour rire, un petit aperçu de ce qu'on nous raconte sur les banques espagnoles ces 2 dernières années :

il n'y a pas si longtemps, on a pris des caisses d'épargne régionales espagnoles en faillite, on a tout mis dans un truc appelé "bankia", on a placé un ex DG du Fmi à la direction de cette entreprise pour piloter le Titanic et on a même osé l'introduire en bourse..

Résultat : un an après on nous dit qu'il faut 3.5 milliards pour sauver ce champ de ruines.. c'était il y a quelques semaines.
Puis il a fallu ajouter 19 milliards pour un total approximatif de 23 milliards pour le "plus gros sauvetage de l'histoire pour une banque espagnole", tout ça uniquement Bankia :

dites moi il a vachement bien fait son boulot le gars.. bon ok il a quand meme fini par démissioner.. je ne pense pas qu'il ait rendu sa rémunération.. "c'est le prix de la responsabilité" dira t'il sans doute... un peu comme celui qui a piloté le sauvetage de Dexia..

Donc vous avez bien suivi, on est parti de 3 milliards, puis 23 pour une seule banque, et maintenant on nous parle de 40 à 80 pour l'ensemble des banques de ce pays pendant que d'autres évoquent 60 à 200 milliards.. Surement encore des "too big to fail"...

Bref, que du n'importe quoi, personne ne sait vraiment chiffrer.. 

Fitch vient de dégrader la note de l'Espagne de 3 crans... mais bon, les agences qui notaient AAA les CDO américains bourrés de subprimes, vous savez ce que j'en pense... Ils ont dû avoir une petite commande de leurs amis banquiers américains qui avaient des CDS sur la dette espagnole à faire fructifier..

Que va t'on faire de ce bazar :

évidemment  on va comme partout depuis l'effondrement de Lehman Brothers  demander aux états de renflouer ces pauvres banques.. et ainsi accroitre encore la dette du pays, qui se fera de nouveau dégrader.. vous connaissez le cercle vicieux..
Souvenez vous des 300 milliards d'actifs pourris de Citi repris par le gouvernement US, souvenez vous des milliers de milliards injectés par la FED (on ne sait toujours rien des 9000 milliards qui se sont évaporés du bilan).

L'incompétence à son apogée, la connivence des politiques.. et une cible : les populations

Que tous ces gens se taisent, ils ne sont que dans la gestion de la communication  vis à vis de l'opinion, remettant toujours au plus tard possible les décisions qui auraient du être prises depuis 4 ans, tout ça pour permettre à leurs copains d'avoir le temps de planquer ce qui leur reste (cf le transfert en Suisse et au Luxembourg des milliards fournis aux banques grecques)..

Qu'est ce que c'est que cette nouvelle méthode magique qui consiste à croire qu'on va résoudre le problème en mettant des actifs pourris dans une structure toujours plus grande comme dans une poubelle que l'on arrete pas de remplir en cherchant un conteneur toujours plus grand.

Comme si avec 24% de chomage le marché immobilier espagnol avait la moindre chance de s'améliorer.. Or la situation des banques espagnoles est totalement dépendante de ce marché.. quand on voit les US et les prix immobiliers qui sont quasiment sur les planchers de 2009, ce n'est pas demain la veille que le marché immobilier espagnol va se redresser.. et si ça perd encore 10 à 20% (ce qui ne manquera pas d'arriver dès l'application de mesures d'austérité en échange d'une aide quelconque), la spirale sur les banques espagnoles n'est pas prête de s'inverser.

Que faut il exiger :

Que ces mesdames et messieurs du FMI, messieurs les ministres des finances SE TAISENT, on n'en peut plus d'entendre leurs conneries depuis 4 ans.
Il faut purger ce système : puisque ces messieurs sont des capitalistes convaincus, laissons faire faillite les établissements qui sont en situation de faillite, cessons de nationaliser les pertes, le système ne peut pas s'assainir autrement.


lundi 28 mai 2012

Les pompiers pyromanes


Mario Draghi, actuel patron de la Banque Centrale Européenne,  fut vice président Europe de 2002 à 2005 de Goldman Sachs. Rappelons que cette banque d'affaire américaine a conseillé (contre rémunération) le gouvernement grec dans ses montages qui lui ont permis de tricher pour entrer dans l'Euro. Je ne m'étends pas ici sur le rôle joué par cette banque dans la crise financière mondiale de 2008, elle qui vendait des "subprimes" à ses clients tout en pariant sur la chute de ces produits.. Ce monsieur explique qu'il n'était pas encore dans la banque lors du montage..
Mais ce même Mario Draghi fut également gouverneur de la banque d'Italie dans les années 90 et a à ce titre mené des opérations avec des banques d'affaires américaines pour "réduire" le coût de la dette publique italienne...

Mario Monti fut "international advisor" à partir de 2005 pour Goldman Sachs.
Depuis 2010, il est aussi président de la section Europe à la Commission Trilatérale. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg : on ne sait pas s'il a abandonné ces 2 fonctions lorsqu'il est devenu 1er ministre italien à l'automne dernier.

Corrado Passera, patron d'Intesa Sanpaolo, la deuxième banque d'Italie, est nommé au poste de ministre du Développement économique, des Infrastructures et des Transports par Mario Monti.

Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l’Espagne et le Portugal de 2006 à 2008, est nommé au poste de ministre de l’Economie en Espagne par Mariano Rajoy.

Peter Sutherland, irlandais, ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. 

Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. 

Lucas Papademos fut gouverneur de la banque de Grèce de 1994 à 2002 et ne pouvait donc rien ignorer des trucages des comptes de son pays, puis il fut vice président de la Banque Centrale Européenne jusqu'en 2010 et a donc été parfaitement informé de tous les montages abracadabrants et de tous les sauvetages de banques effectués en Europe depuis la crise financière de 2008.

En 2005, Goldman Sachs revend une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par Petros Christodoulos... qui était trader chez GS en 1987 à Londes.. Ce monsieur a été nommé en février 2010 responsable de l'organisme gérant la dette grecque.

Mark Patterson, un ancien lobbyiste de la banque Goldman Sachs, est le principal conseiller de Timothy Geithner... Rappelons que ce dernier était à la FED de New York lors du fameux plan "Paulson" pour sauver les banques US en 2008.. (Paulson, qui, avant d'être secrétaire d'état au trésor, fut le boss de GS)

Gary Gensler, dix-huit ans chez Goldman Sachs, préside le gendarme des marchés dérivés (CFTC) aux USA..

M.Dimon, patron de JP Morgan Chase, qui vient de se distinguer par des opérations foireuse sur des "dérivés de crédit" pour un coup de 2 à 5 milliards pour la banque qu'il dirige, siège au CA de la Fed de New York..

Pour couronner le tout, on a des gens comme Christine Lagarde, qui après nous avoir conseillé de prendre le vélo lorsqu'elle était ministre des finances pour économiser sur le prix de l'essence, déclare ce week-end que les grecs feraient mieux de payer leurs impôts..

Rappelons d'une part que les prélèvements en Grèce sont d'environ 40.7% du PIB, c'est certes inférieur aux prélèvements français (48.9%) ou allemands (44%), mais c'est supérieur au niveau de prélèvements du Luxembourg, de la Suisse, de l'Irlande, de l'Espagne, etc..

Et puis surtout, sachant qu'elle émarge à 380 939 euros en tant que directrice générale du FMI, elle ne paie elle même aucun impôt sur le revenu.. : elle a encore perdu une occasion de se taire, il va falloir faire un best of avec ses déclarations, elle doit tenir la palme !


On a donc aux principales manettes dans le monde occidental des gens qui ont travaillé des années à créer la crise que nous traversons : sont ils les mieux placés pour la résoudre ?