Affichage des articles dont le libellé est Historique des erreurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique des erreurs. Afficher tous les articles

dimanche 18 novembre 2012

François Hollande, mensonges et trahisons

"Mon ennemi, c'est la finance"

Vous vous souvenez sans doute de ce discours au Bourget pendant la campagne présidentielle...
Vous vous souvenez sans doute également de ses différentes promesses :
  • "pourquoi la banque centrale européenne prête t'elle aux banques à 0.75% et pourquoi ces mêmes banques prêtent elles ensuite à 5 ou 6% aux états ? Je veux obtenir des prêts directs aux états par la BCE"
  • "je veux renégocier le traité budgétaire européen, et y ajouter un pacte de croissance, car sans croissance nous ne sortirons pas de la crise actuelle"
  • "je veux m'attaquer à la spéculation"
  • etc..
Qu'en est-il 6 mois après le début de son mandat ?

Préambule

Je ne souhaite pas faire un papier "facile" à la mode des propos que peuvent tenir les ténors de l'UMP sur les reniements de François Hollande, et j'écris également sans détour que j'ai voté pour lui au second tour de la présidentielle. Non pas que je m'attendais à des miracles, mais au moins avais-je espéré une prise de conscience réelle sur la nécessaire "définanciarisation" de notre économie de la part de celui qui allait diriger le pays, tout en tenant compte des contraintes multiples (Crise mondiale depuis l'effondrement des marchés en 2008, Europe, dette, guerre des monnaies dollar / euro, régulation financière, etc..).

Certains des électeurs de François Hollande retiendront peut-être des mesures comme le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui avaient commencé à travailler très tôt, les emplois d'avenir ou le doublement de l'allocation de rentrée scolaire, sans parler de la présentation du projet de loi du "mariage pour tous" : sur ce dernier sujet je me permets une petite disgression par rapport au sujet global de cet article... Je ne sais pas encore à cette heure qui de François Fillon ou de Jean-François Copé sera élu à la tête de l'UMP, et j'ai presque envie de dire "peu importe"
Cf l'excellent passage de Marie-France Garaud à "Ce soir ou jamais" :


Je trouve simplement inadmissible que ces prétendants à la direction du principal parti d'opposition se permettent pendant des années de nous bassiner les oreilles avec le nécessaire respect de la loi dès qu'il s'agit de parler des "incivilités" des uns et des autres, et viennent ensuite déclarer (pour au moins l'un des 2) qu'ils ont le devoir en tant qu'élu de ne pas respecter la loi si ce mariage pour tous est adopté au parlement, en faisant célébrer de telles unions par leurs adjoints. Bref..

Il est donc important, pour revenir au sujet de l'article, de noter les décisions et actes importants de François Hollande qui contredisent totalement ses engagements de campagne : il n'est pas encore trop tard pour changer de cap, et il est permis d'espérer qu'à la manière d'un Roosevelt en 1933, François Hollande puisse avoir le courage de changer radicalement d'orientation.
Et si au fond de lui il se dit que la réalité qu'il affronte est différente de ce qu'il avait imaginé, à tel point qu'il n'est pas en mesure d'appliquer l'orientation qui avait été choisie par les électeurs, alors qu'il s'en aille, ce sera tout à son honneur.

Acte 1, la nomination d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, nommé secrétaire général adjoint de l'Elysée dès la prise de fonction de François Hollande, diplomé de l'ENA, ancien inspecteur des Finances, était depuis 2008 banquier d'affaires chez Rothschild. Début 2012 il est nommé gérant dans cet établissement et pilote l'une des plus grosses transactions de l'année, le rachat d'une filiale de Pfizer (géant de la pharmacie) par Nestlé (géant de l'agro-alimentaire), pilotage qui lui permet de devenir millionnaire.
Il avait rencontré François Hollande en 2006 par l'intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, lequel sera nommé patron de l'Autorité des Marchés Financiers.

On peut dès le 15 mai s'interroger sur l'orientation économique et financière que prendra le mandat de François Hollande avec un Emmanuel Macron aux commandes des affaires économiques et financières, et qui de l'aveu de la plupart des journalistes, est le point de contact obligé à l'Elysée si de tels sujets doivent être abordés... 

Acte 2, les premières mesures

Dès le 1er collectif budgétaire, le président et le gouvernement abrogent donc avec le soutien du parlement la fameuse "TVA sociale" votée par le précédent gouvernement. J'aurai l'occasion d'y revenir car pour moi l'idée même d'utiliser la TVA pour permettre qu'une taxe sur les produits importés puisse financer une partie de la protection sociale est plutôt une bonne idée, mais c'est sur quelques détails que je souhaite m'attarder.
Le précédent gouvernement avait donc prévu de transférer environ 5.6 milliards d'euros de cotisation patronales dues au titre de la branche "famille" vers :
  • d'une part la TVA, qui devait être relevée de 19.6 à 21.2%
  • d'autre part le relèvement des prélèvements sociaux de 13.5% à 15.5% sur le "capital"
  • et enfin vers une "taxe sur les transactions financières" de 0.2% qui devait entrer en vigueur au 1er août 2012.
Tout le monde sait ce qu'il est advenu du relèvement de la TVA, qui a été supprimé, pour revenir 3 mois plus tard.. dans une forme différente. Sur ce point d'ailleurs, si on veut parler de la "lisibité" de la politique voulue par le président, il est quand même compliqué pour les électeurs de le suivre. Il supprime une TVA pour en remettre une autre, il annonce 10 milliards d'impôts supplémentaires pour les entreprises pour 3 semaines après annoncer 20 milliards de crédit d'impôt pour ces mêmes entreprises..

L'abaissement des cotisations patronales "famille" a bien été annulé, par contre le relèvement des prélèvements sociaux de 13.5 à 15% a été maintenu, les détenteurs de livrets (autres que livret A ou LDD), PEL, CEL, assurance vie ont surement apprécié (il peut s'agir de petits épargnants).
Bref on a annulé un allègement de charges d'un coté mais on a "oublié" d'annuler la contrepartie en recettes sur les prélèvements sociaux..

Mais surtout, la taxe sur les transactions financières est entrée en vigueur.. 
Cette taxe est tout sauf anti-spéculation !
En effet, elle ne s'applique pas pour les spéculateurs qui font de multiples aller/retours dans la journée, et elle ne concerne que les transactions sur des sociétés dont la capitalisation dépasse le milliard d'euros.
On a donc du mal à comprendre comment cette taxe peut tenter de décourager la spéculation quand au contraire elle pénalise les investisseurs de long terme, qui vont acheter des actions et les garder plusieurs mois, pendant que ceux qui multiplient les achats / ventes en "intraday" en sont exonérés !
Pire, exit donc les produits hautement spéculatifs à fort effet de levier comme les certificats sur indices, matières premières ou actions, qui ne sont pas soumis à la taxe !

Il eut donc été utile de remanier cette taxe avant de la mettre en application, afin qu'elle soit cohérente avec la volonté affichée de lutter contre la spéculation !

1er raté et reniement du président sur le collectif budgétaire donc...

Acte 3, l'Europe

Dès le 1er sommet auquel il participe, François Hollande en revient "victorieux" sur 2 points principaux
  • un accord européen pour un plan de 100 milliards d'euros destinés à sauver les banques espagnoles
  • un vague "pacte de croissance" pour 120 milliards d'euros
Puis avec l'été et la rentrée en septembre :
  • les eurobonds sont abandonnés (ou remis aux callendes grecques)
  • le 6 en septembre il se félicitera de la décision de Mario Draghi qui annonce que la BCE rachètera sans limite les obligations des pays en difficulté sur le marché secondaire
De qui se moque t'il ? de ses électeurs c'est certain..

Le plan de 100 milliards pour les banques espagnoles

Les états, des USA aux états européens, n'ont fait que ça depuis 2008 : renflouer les banques, sans jamais prendre de mesure de régulation qui les empêcheraient de recommencer. On a transféré la dette privée du secteur financier sur la dette publique, l'Europe a globalement accordé près de 5000 milliards d'euros de prêts, garanties diverses, renflouements (Dexia, Royal Bank of Scotland, CommerzBank, etc..), et la seule bonne idée du moment est d'accorder 100 milliards de plus pour les banques espagnoles, sans contrepartie ?
On va demander à l'Italie d'emprunter à 5% sur les "marchés" auprès de grandes banques (à qui la BCE je vous le rappelle à prêté 2 fois 500 milliards d'euros en 6 mois à 0.75%) pour qu'ensuite l'Italie abonde au plan de sauvetage des banques espagnoles, à fonds perdus ? On marche sur la tête...
Si l'Espagne construisait davantage de logements que la France et l'Italie réunies pendant la folle bulle immobilière des années pré-crise, et si les banques et les promoteurs immobiliers s'en sont à l'époque mis plein les poches, les contribuables européens n'y sont pour rien ! Va t'on demander aux dirigeants des banques espagnoles, aux présidents de régions qui roulaient parfois en Ferrari, et aux promoteurs immobiliers de rendre l'argent gagné pendant les belles années insouciantes, va t'on condamner en justice tous les établissements qui ont émis des documents trompeurs à destination des épargnants ? Evidemment que non... Encore juste l'argument bidon du "too big to fail".

Pour quelqu'un qui voulait s'en prendre à la finance, il a eu tellement peur d'affronter le système financer et il était tellement pressé de tenter d'éviter que le mélodrame espagnol ne se transforme en nouvelle crise "à la grecque" qu'il vient nous expliquer que ce plan de sauvetage est une bonne idée.

2ème raté et reniement du président du président, sur l'Espagne

Le pacte de croissance de 120 milliards d'euros...

Tout d'abord il ne s'agit que de dépenser des fonds qui existaient déjà (dont certains "fonds de réserve" ou d'autres "fonds structurels"), sans aucune mobilisation de sommes complémentaires. Ensuite on nous explique qu'on va renforcer les capacités d'intervention de la BEI (la Banque Européenne d'Investissement), en augmentant ses moyens de prêt en jouant notamment sur l'effet de levier... ou comment jouer avec une banque publique en appliquant les méthodes qui ont porté certaines banques privées au bord de la faillite (et on demandera encore aux citoyens dans 2 ou 3 ans de bien vouloir combler les trous suite à des investissements hasardeux).
Mais surtout, on parle de 120 milliards d'euros.. sur 1 an ? sur 5 ans ?

Avez-vous une idée de ce que représente cette somme ?
Le PIB de la Zone Euro (les 17 pays) est d'environ 9500 milliards d'euros, et le PIB de l'Europe des 27 est d'environ 12500 milliards d'euros.

A l'échelle des 27, les 120 milliards du "pacte de croissance", s'ils étaient dépensés sur la 1ère année, ne représente que 1% du PIB européen, pendant qu'on prend des mesures qui ont des impacts récessifs dans différents pays pour un montant de plusieurs points de PIB (Grèce, Espagne, Italie, Royaume Uni, Irlande, etc...).

Si on considère que le PIB de la France est d'environ 2000 milliards d'euros, et si ce "pacte de croissance" est distribué au pro-rata dans les différents pays, en sachant que le PIB de la France est d'environ 1/6 du PIB des 27, alors on ne peut espérer au mieux qu'une part de 20 milliards d'euros de ce pacte de croissance pour la France, ce qui est inférieur aux 30 milliards d'euros du plan d'austérité contenu dans la loi de finances pour 2013.. 
Terminons sur ce point pour noter qu'au final le parlement français a adopté le texte du traité budgétaire européen sans en modifier une virgule, et que par contre personne n'est capable de nous expliquer la mise en application de ce "pacte de croissance", qui n'aura donc été qu'un effet d'annonce 1 mois après l'élection de François Hollande.

3ème raté et reniement du président sur le pacte de croissance...

L'intervention de la BCE dans le financement des états

On l'a tous entendu, les "pays s'endettent auprès des banques privées à des taux d'intérêts élevés pendant que la banque centrale européenne prête à des taux proches de 0 à ces mêmes banques privées"..

On peut appeler ça la "planche à billets", peu importe, on peut ou non tenter de comprendre la guerre monétaire qui se joue à l'échelle de la planète, un constat s'impose malgré tout : 
de part le traité de Lisbonne, qui a hérité du traité de Maastricht, qui a lui même hérité de lois en vigueur dans certains pays (la fameuse loi de 1973 dite Giscard - Rothschild), et de part l'obsession de l'Allemagne qui a été traumatisée par l'inflation galopante des années 1920 / 1930, la zone euro est la seule zone monétaire du monde dans laquelle l'institut d'émission (la banque centrale) ne sert pas de prêteur en dernier ressort pour les états et collectivités publiques. Ni la Banque d'Angleterre, ni la Banque du Japon, et encore moins la FED aux USA, ne se gênent pour prêter à leurs gouvernements.
J'aurai l'occasion de publier un article sur cette aberration mais je souhaite rester dans le coeur du sujet de cet article. François Hollande avait donc martelé pendant sa campagne qu'il se battrait pour que la BCE puisse intervenir directement auprès des états.

Et bien on peut dire pour le moins qu'il n'a pas été très combatif sur ce sujet.. En moins de 2 mois il avait donc abandonné cette idée et pire, après cet abandon rapide au cours de l'été, il se félicitait début septembre de l'annonce par la BCE de sa nouvelle opération miracle, à savoir le rachat "illimité sur le marché secondaire des obligations de maturité comprise entre 1 et 3 ans" pour les pays en difficulté qui en feraient la demande (sous conditions d'ailleurs, comme l'appel global à un plan de sauvetage sous la houlette du FESF / MES, etc..)

De qui se moque t'on une nouvelle fois ? Venir commenter cette décision de la BCE comme une victoire, un aboutissement de l'engagement pris sur le financement des pays par la BCE est un mensonge grossier.

"Rachat sur le marché secondaire" : concrètement, on laissera le pays concerné emprunter à 5 ou 6% et si au final les banques privées veulent se débarrasser de ces obligations, alors elles pourront les fourguer à la BCE.. En quoi cela est il sensé aider le pays qui emprunte ?

4ème raté et reniement du président sur la BCE..

Acte 4, les sauvetages annexes franco-français

C'est presque passé inaperçu dans les médias, mais depuis septembre le gouvernement français est une fois de plus venu au secours de plusieurs établissements financiers.

Début septembre, c'est le Crédit Immobilier de France qui est en faillite, et l'état se porte garant sur le dos des finances publiques des 33 milliards d'euros d'engagements de cet établissement.. Le patron de cet établissement est semble t'il parti "sans demander d'indemnités" mais bien évidemment une fois de plus personne ne rendra l'argent pris depuis des années, et personne ne sera inquiété pour mauvaise gestion..

Mi octobre, on apprend que l'état va accorder une garantie de 7 milliards d'euros à la branche "PSA Finances" du constructeur automobile.. Là encore, on engage pour 2 ans minimum les fonds publics, c'est à dire nos impôts, pour garantir une banque privée.. dont les actionnaires sont majoritairement exilés en Suisse.
Les esprits chagrins répondront que ce n'est qu'une garantie, contre rémunération, et que ça ne coûte rien à l'Etat... tant que tout se passe bien.. Mais en cas de coup dur, la garantie s'activera. On n'oubliera pas de rappeler qu'au moins 5 personnes du conseil d'administration de PSA (dont Philippe Varin à plus de 3 millions d'euros) ont des compétences hors normes puisque rémunérées plus d' 1 million d'euros par an, et qu'il est quand même étrange qu'une telle addition de compétences aboutisse à la quasi faillite de l'établissement (sans oublier la filiale d'assurances établie à Malte, etc.., lire cet article)

Cerise sur le gâteau, début novembre, on annonce un énième renflouement de Dexia, vous savez, la banque qui a monté des prêts d'une complexité hors normes pour les collectivités locales.. Ce n'est que le 3ème plan de sauvetage de cette banque, qui je vous le rappelle avait passé avec succès les fameux "stress tests" avant d'être déclarée une 1ère fois en faillite.. et nationalisée par les états belge, luxembourgeois et français. Un puits sans fond que cet ultime sauvetage de cette banque aux pratiques douteuses, qui va encore coûter la bagatelle de 2.5 milliards d'euros aux finances de l'état français, c'est à dire une fois de plus sur le dos de nos impôts, sans qu'on puisse exclure que la facture finale dans 10 ans ne soit pas de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Le pire dans l'histoire Dexia est que la "crise de la dette européenne", mise en avant pour expliquer les difficultés de l'établissement, est une tromperie absolue à l'égard du public, alors qu'il faut notamment chercher du coté du scandale du Libor pour expliquer une partie des difficultés de la banque.

Là encore on le voit, pour quelqu'un qui avait annoncé qu'il combattrait la finance, tout n'est que soumission au pouvoir du "marché".

Acte 5, la séparation des activités de banque de dépôt et de banque casino

François Hollande avait déclaré pendant sa campagne présidentielle être favorable à la séparation des activités de "banque de dépôt" de celles de "banque d'investissement", les banques françaises étant bâties sur le modèle de banque universelle, qui fait tout, du dépot du salaire pour les particuliers au crédit immobilier, de la carte bancaire au Plan épargne Logement ou livret A, toutes ces activités pouvant être rangées dans la catégorie "banque de dépôt", mais aussi des opérations de bourse en tant qu'émetteurs de produits spéculatifs (market maker sur le coup), de banque d'investissement plus classique lorsqu'elles prennent des participations dans telle ou telle entreprise, de conseil et intermédiaire dans les opérations de fusions / acquisitions  ou encore d'opération encore plus opaques comme le trading en compte propre (souvenez vous l'affaire Kerviel) ou encore les agissements sur les places financières parallèles non réglementées (les fameux darkpool).
En voulant séparer ces activités, l'idée est de garantir la sécurité des dépôts des particuliers et PME et de laisser la "banque casino" faire joujou dans une autre cour sans mettre en péril ces dépôts.
Il est utile de rappeler que c'est la principale mesure qui a été prise dans les années 30 aux USA après le krach boursier de 1929, et qui a permis jusqu'à la fin des années 90 de protéger à peu près le secteur de ses propres errements. J'aime bien l'image reprise dans le film "Inside Job", où l'on compare une banque à un tanker géant dans lequel on a mis des cloisons étanches entre les différents compartiments, afin que si l'un des compartiments venait à être endommagé, la fuite ne se propage pas à tous les autres compartiments.
En permettant aux banques géantes de pratiquer toutes les activités sans aucun cloisonnement, on a fait sauter ces sécurité, et il est aisé de comprendre que si l'une des activités vient à prendre l'eau, c'est l'ensemble du navire qui coule.

Et bien voilà, Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, a déclaré fin octobre qu'il allait substituer au projet de scission des banques un autre projet "à minima", une loi qui se contenterait d'encadrer et ou d'interdire les activités les plus risquées". Le lobby bancaire a oeuvré tout l'été pour convaincre le Conseil de Régulation Financière du Risque Systémique (CRFRS) et a donc obtenu gain de cause, exit la scission des banques.

5ème raté et reniement du président sur la les banques..

Epilogue

Monsieur le président, vous avez déclaré au cours de votre conférence de presse que ce qui vous importait n'était pas votre cote actuelle dans les sondages, mais l'état de la France dans 5 ans.
Monsieur le président, je me permets de vous affirmer que rien n'aura changé dans 5 ans, on aura même d'ici là probablement encore aggravé la situation pour les plus démunis en accordant pan après pan de nouvelles concessions à la finance folle qui dirige le monde, qu'il s'agisse de services publics qui ne manqueront pas d'être privatisés, qu'il s'agisse de ressources naturelles européennes dont nous confierons la gestion à des multinationales qui se moquent éperdument du bien-être des populations, ou qu'il s'agisse de la directive européenne sur les retraites en cours de préparation.
Le 1er plan d'aide à la Grèce prévoyait un "retour sur les marchés" de ce pays en 2013, le second plan d'aide prévoyait que la dette de la Grèce serait ramenée à 120% du PIB à l'horizon 2020, et nous savons d'ores et déjà que les dégâts causés par l'austérité aveugle a décimé ce pays.
50% de la jeunesse espagnole est sans emploi, 25% de notre jeunesse est sans emploi, et le président Obama que vous venez de féliciter pour sa réélection dirige un pays dans lequel 47 millions de personnes ne peuvent manger que parce que les autorités leur distribuent un bon alimentaire.
Rien, absolument rien n'a été résolu depuis la crise de 2008, il y a toujours de milliers de milliards dans les paradis fiscaux et la même cupidité des dirigeants financiers sur toutes les places du monde. (Wall Street et la City en particulier).
Saisissez cette occasion historique de changer le cours des choses, s'il vous plait.



vendredi 14 septembre 2012

J'ai tout fait comme les banquiers...


Je me suis dit qu'en ces temps de crise la moindre des choses était d'appliquer les préceptes imposés par les banques centrales et les gouvernements aux pauvres petits spéculateurs qui se morfondent, sans doute de honte en raison des piètres investissements qu'ils ont fait.

Aussi avec mes amis nous sommes allés demander à nos banquiers de nous racheter à prix coûtant tous nos investissements Scellier foireux, ceux qui, logés au beau milieu de résidences fantômes ont perdu près de 60% de leur valeur, ne sont plus éligibles aux remises fiscales, ne sont pas loués et restent invendables.
Et ils ont dit oui ces abrutis, non mais quels imbéciles tout de même.

De plus on leur a refourgué nos vieux turbos et warrants usagés au prix d'achat, de vieux produits qui traînaient avec une valorisation proche de 0 ; si si, cela s'appelle être moins regardant sur les conditions exigibles d'octrois de prêts.

Et alors la cerise sur le gâteau est que nos bien aimées avaient préparé un vide grenier, de quoi rapporter 150 EUR par là quitte à rester avec 3 ou 4 cartons fourre-tout sur les bras.
Que nenni ! On t'a fourgué ça aux banques au prix d'achat et on a tout racheté à neuf.

Avec tout cet argent nous allons réinvestir en Scellier et sur des dérivés (on va tenter les matières premières, on pense avoir reniflé 2 ou 3 bonnes petites affaires) et cette fois ça va marcher et du coup ensuite on prêtera un peu... si ça marche... ça relancera l'économie et l'emploi ah oui.

Bon je vous laisse, apparemment avec les rachats illimités des obligations on devrait pouvoir rapporter les papiers que nous avions entassés sous le barbecue et à côté de la cuvette des toilettes. Paraît même qu'avec l'argent reçu en échange on va pouvoir prêter à 10 ans à des pays asphyxiés, le tout garanti par les contribuables.

On va se gaver !

Et n'oubliez pas surtout, c'est de votre faute, dépensiers !
En revanche mettez-vous bien dans la tête que rembourser le privé des mauvais investissements qu'il a réalisés avec de l'argent qui n'est même pas le sien c'est ça LA solution pour relancer l'économie et l'emploi ah oui, c'est la seule solution, l'unique, et elle est ir-ré-ver-sible.

Avec l'aimable autorisation de "Black Hole", dont les les fameux coups de gueule sur les fora boursorama sont chaque fois une invitation à nous lever contre l'oligarchie qui nous gouverne !

jeudi 14 juin 2012

Moody's Blues..

Il ne s'agit pas du légendaire groupe "The Moody Blues" et leur tube planétaire "Nigths in White Satin" dont je veux parler, mais bien de Moody's, l'une des 3 grandes agences de notation américaines..

Je cite donc :

"L'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé mercredi la note d'endettement de long terme de l'Espagne de trois crans, à "Baa3", juste au-dessus de la catégorie "spéculative", et a également dégradé celle de Chypre.

Moody's a prévenu que cette note pourrait tomber dans cette catégorie à l'issue d'une nouvelle période d'examen qui doit durer au maximum trois mois.

L'agence a invoqué dans un communiqué le plan d'aide européen de 100 milliards d'euros pour le secteur bancaire espagnol, décidé vendredi, qui selon elle "accroîtra encore le poids de la dette supporté par le pays".

De plus, a souligné Moody's, "l'Etat espagnol a un accès très limité aux marchés financiers, comme le montrent à la fois le fait qu'il compte sur le FESF et le MES [les mécanismes anticrise de la zone euro, ndlr] pour ses fonds de recapitalisation et sa dépendance croissance vis-à-vis de ses banques nationales comme acheteurs prioritaires de ses émissions obligataires, lesquelles à leur tour obtiennent leurs financements de la BCE" (Banque centrale européenne)."

Bon.. déjà quel courage.. 3 jours après Fitch..

Essayons de décrire, puis de comprendre :

La méthode :

Vous avez un passager qui est tombé du bateau, le courant est fort, les vagues sont impressionnantes, mais au lieu de lui envoyer une bouée, vous vous arrangez pour lui envoyer une corde avec un parpaing, pour qu'il s’essouffle encore plus vite et sombre rapidement..
A quoi sert ce petit jeu au fond ?
Si le système financier international veut s'en sortir, ce n'est pas en aidant à couler tous ceux qui doivent de l'argent que l'on multiplie les chances de sauvetage général..

Décryptage :

Alors il faut sans doute chercher d'autres raisons.
D'abord, avec un peu de chance, les taux espagnols vont continuer à monter.. ce qui rendra d'autant plus juteux des petites bébêtes dont on parle moins depuis le haircut grec mais qui existent toujours : les CDS (Credit Default Swaps, sorte de "certificats d'assurance sur dette").

Certes ils ont été en partie activés sur la portion dette grecque qui a subit le défaut, mais il a fallu attendre presque 3 ans entre le début de la "crise de la dette grecque" et l'application d'une décote. Au final les détenteurs de papier grec en avaient déjà tellement largué un max dans la cheminée de la BCE (ou ailleurs) qu'il ne restait plus grand chose. Bref, les petits arrangements entre amis avaient eu tout le temps de se mettre en place pour minimiser cette bombe à retardement. 

N'oublions pas non plus que le "gendarme" du marché des CDS, à savoir l'ISDA (International Swap and Derivatives Association) est seule habilitée à prononcer officiellement "l'évènement de crédit" qui déclenche l'activation des CDS, à savoir le versement par l'émetteur du CDS de l'indemnisation à celui qui en avait acheté pour se couvrir sur les emprunts d'états auxquels il avait souscrit.

Quand on sait que le comité de direction de cette "association" est composé des plus grandes banques d'affaires (JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs, etc..) eux mêmes partie prenantes (émetteurs souvents, acheteurs parfois), c'est vraiment le royaume du "juge et partie"..

Alors après l'apéro grec, voici les tapas espagnols..

On est reparti pour minimum 12 à 18 mois de gesticulations, durée suffisamment longue pour les émetteurs US de CDS sur la dette espagnole pour encaisser un max de primes à l'émission.. et quand il faudra se résoudre à couper une branche morte par un défaut partiel, on aura encore une fois eu largement le temps de tout balancer au feu.. ça laisse quelques mois sur de juteux milliards à faire..

Autre piste envisageable : il faut trouver par tous les moyens possibles une solution pour que tous les capitaux disponibles s'orientent vers le seul support qui reste vital si on veut éviter l'effondrement, je parle évidemment de la dette US..

Nouvelle renégociation du plafond cet été, élections en novembre, etc..l'agenda américain est chargé. Donc avec ce mattraquage permanent sur l'Europe, on s'assure d'attirer les capitaux vers un marché d'une profondeur infinie même si les rendements sont mauvais : la dette US..

C'est tellement gros... mais plus c'est gros et mieux ça passe.. 

dimanche 10 juin 2012

Un coup de gueule sur le sauvetage espagnol


Dans la foulée de ce que j'ai écrit jeudi 7 juin 2012 sur le "pipo" concernant les banques espagnoles (suivre ce lien pour l'article) nous avons donc eu 2 jours après l'annonce du fameux plan de sauvetage.

Voici donc quelques compléments, pour être à jour..

Le scénario de vendredi et samedi
D'abord il faut noter avec amusement..ou mépris, tout le petit jeu diplomatique entre vendredi et samedi, où l'on sait très bien que les européens ont fait mine de laisser l'Espagne DEMANDER l'aide, tout en préparant la réponse à l'avance. En fait ils ont bien évidemment forcé la main au 1er ministre espagnol, dont le ministre des finances d'ailleurs déclarait la veille qu'il ne savait même pas qu'il y avait une réunion organisée au sujet des banques espagnoles.. On nous prend encore pour des cons...

Le G20
Si vous remontez en arrière de.. allez, 3 semaines environ, au moment du G20, on avait eu le droit à une déclaration de Rajoy, à Chicago, qui s'étonnait de la proposition du président français d'une aide des mécanismes européens pour recapitaliser les banques espagnoles, en expliquant que cela n'était pas du tout nécessaire, et en ironisant même sur le fait que le président français semblait avoir des informations qu'il n'avait pas lui même..

Etat des lieux 
Pourquoi les banques espagnoles sont dans un tel état : parce qu'elles ont joué au même jeu que les banques US avant 2007, à savoir surfer sur la vague de la bulle immobilière, accordant des prêts à 50 ans sur un marché totalement déconnecté de la réalité des besoins en construction de logements. Elles n'ont donc pas fait leur métier, elles n'ont fait que céder à l'appat du gain, elles ont servi des bonus à leur dirigeants, arrosé des politiques, engraissé des promoteurs, bref elles ont fauté.. Les articles fleurissent sur le net notamment sur la région de Valence où le président de cette région se baladait en Ferrari sous les confettis il y a encore 4 ans.

Le sauvetage
Alors pourquoi faudrait il les "sauver" ? et surtout pourquoi une fois de plus on trouve des milliards pour des incapables, alors qu'on ne trouve parfois pas quelques millions pour une école, un hôpital ou des gens qui meurent de faim ?
Les 100 milliards accordés pour sauver les banques espagnoles vont sortir du FESF ou de son relai à partir de juillet le MES : ces mécanismes, déjà fort critiquables, n'ont pas été créés pour venir en aide aux banques mais aux états. Alors on détourne le principe en avançant 100 milliards au FROB (le fond public espagnol en charge de liquider les actifs pourris des banques), et le tour est joué.
Sauf qu'au final comme d'habitude on nationalise des pertes privées : les 100 milliards vont être comptabilisés dans la dette publique espagnole, qui va donc franchir la barrière des 90% du PIB, et les intérêts (on parle d'une avance à 3%) sur ces 100 milliards seront payés par les contribuables espagnols, pas par les responsables (banquiers et promoteurs).

Franchement, J'EN AI MARRE de ce too big to fail : puisqu'elles sont trop grosses, alors il faut les démanteler, et laisser tomber toutes les branches pourries !

Il ne faut pas regrouper des caisses régionales en une entité "bankia" qui devient à son tour too big to fail, il ne faut pas accorder 90 mds de garanties sur actifs toxiques à Dexia, etc...

STOP, STOP et STOP, c'est chaque jour un peu plus insupportable..

Nos impots, les impots des grecs, espagnols, italiens, allemands, autrichiens, etc.. pour renflouer les escrocs en col blanc, qui ne rendront pas un centime, ça suffit.

J'ai publié récemment un lien vers un article sur les richissimes patrons de banques grecques installés en Suisse ou au Luxembourg..

Jusqu'à quand allons nous refuser de faire payer les responsables, qu'ils soient politiques ou financiers ?

De Wall Street à la City, de Bruxelles à Franckfort, de Madrid à Paris, des sièges de GLE à Groupama (pdg parti avec 4.3 millions d'euros de bonus pour un groupe qui perd 1.8 milliards), du HFT aux dark pools, ce système est pourri jusqu'à la moelle, et les responsables font toujours payer les autres, ça n'est plus tolérable !


La conclusion :
"les marchés financiers saluent le plan de sauvetage des banques espagnoles"...
Ben voyons..

jeudi 7 juin 2012

Le pipo sur les banques espagnoles..

On a donc pu découvrir ce matin un article dans la presse qui titrait :
"Le FMI chiffre de 40 à 80 milliards d'euros le sauvetage des banques espagnoles".
Dans un quotidien espagnol, on pouvait également lire :
Le premier scénario tient compte de la situation actuelle et prévoit des besoins de 40 milliards de dollars destinés à un groupe de 10 banques dont Bankia, que l'Etat espagnol entend sauver avec une aide historique de plus de 23 milliards d'euros.

Le deuxième scénario envisage une situation beaucoup plus tendue, en cas notamment de forte récession, et qui impliquerait un besoin de 80 milliards d'euros pour sauver le système financier espagnol mais que les sources interrogées par le journal jugent "irréelles.

Un peu plus loin dans l'article, on découvrait :
Les analystes chiffrent la facture à entre 60 et 200 milliards d'euros, mais le ministre espagnol du Budget a assuré mardi que le chiffre ne serait "pas très élevé".

Bon alors recadrons tout cela..

D'abord si le ministre du budget est aussi crédible que Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre des finances,  on sait d'avance à quoi s'en tenir..
Et si le FMI est aussi efficace en Espagne que partout où il a agit en semant sa politique basée sur le "Consensus de Washington", on sait d'avance que cela finira mal... 

Un autre rappel sur le sérieux des diagnostiques des "autorités compétentes" : 
N'oublions pasqu'en juillet 2011 Dexia passait avec succès les stress tests et que début septembre de la même année, il fallait un 2eme plan de sauvetage en 3 ans, alors les prévisions de ces gens là...

Petit calcul personnel :

Il y a actuellement 3 millions de logements neufs vides en Espagne, sans compter ceux qui ont été vendus mais dont les acquéreurs sont de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir rembourser.
Les banques espagnoles ont financé la construction de ces logements auprès des promoteurs..
Imaginons un prix moyen de 100 000 euros (terrain compris, le foncier a évidemment explosé pendant la bulle).

Donc, 3 millions x 100 000 euros... = 300 milliards d'euros.. 
Evidemment si on prend un prix unitaire de 150 000 euros, la facture monte à 450 milliards !
Et encore, ça n'est que pour les banques, il faudra aussi renflouer les régions pour une somme équivalente..
On va donc commencer par les tapas de l'apéro, 40 ou 50 milliards, et dans 3 mois on nous annoncera la facture finale, sauf qu'on aura déja injecté les premiers milliards donc on nous expliquera qu'on ne peut plus faire machine arrière..

Juste pour rire, un petit aperçu de ce qu'on nous raconte sur les banques espagnoles ces 2 dernières années :

il n'y a pas si longtemps, on a pris des caisses d'épargne régionales espagnoles en faillite, on a tout mis dans un truc appelé "bankia", on a placé un ex DG du Fmi à la direction de cette entreprise pour piloter le Titanic et on a même osé l'introduire en bourse..

Résultat : un an après on nous dit qu'il faut 3.5 milliards pour sauver ce champ de ruines.. c'était il y a quelques semaines.
Puis il a fallu ajouter 19 milliards pour un total approximatif de 23 milliards pour le "plus gros sauvetage de l'histoire pour une banque espagnole", tout ça uniquement Bankia :

dites moi il a vachement bien fait son boulot le gars.. bon ok il a quand meme fini par démissioner.. je ne pense pas qu'il ait rendu sa rémunération.. "c'est le prix de la responsabilité" dira t'il sans doute... un peu comme celui qui a piloté le sauvetage de Dexia..

Donc vous avez bien suivi, on est parti de 3 milliards, puis 23 pour une seule banque, et maintenant on nous parle de 40 à 80 pour l'ensemble des banques de ce pays pendant que d'autres évoquent 60 à 200 milliards.. Surement encore des "too big to fail"...

Bref, que du n'importe quoi, personne ne sait vraiment chiffrer.. 

Fitch vient de dégrader la note de l'Espagne de 3 crans... mais bon, les agences qui notaient AAA les CDO américains bourrés de subprimes, vous savez ce que j'en pense... Ils ont dû avoir une petite commande de leurs amis banquiers américains qui avaient des CDS sur la dette espagnole à faire fructifier..

Que va t'on faire de ce bazar :

évidemment  on va comme partout depuis l'effondrement de Lehman Brothers  demander aux états de renflouer ces pauvres banques.. et ainsi accroitre encore la dette du pays, qui se fera de nouveau dégrader.. vous connaissez le cercle vicieux..
Souvenez vous des 300 milliards d'actifs pourris de Citi repris par le gouvernement US, souvenez vous des milliers de milliards injectés par la FED (on ne sait toujours rien des 9000 milliards qui se sont évaporés du bilan).

L'incompétence à son apogée, la connivence des politiques.. et une cible : les populations

Que tous ces gens se taisent, ils ne sont que dans la gestion de la communication  vis à vis de l'opinion, remettant toujours au plus tard possible les décisions qui auraient du être prises depuis 4 ans, tout ça pour permettre à leurs copains d'avoir le temps de planquer ce qui leur reste (cf le transfert en Suisse et au Luxembourg des milliards fournis aux banques grecques)..

Qu'est ce que c'est que cette nouvelle méthode magique qui consiste à croire qu'on va résoudre le problème en mettant des actifs pourris dans une structure toujours plus grande comme dans une poubelle que l'on arrete pas de remplir en cherchant un conteneur toujours plus grand.

Comme si avec 24% de chomage le marché immobilier espagnol avait la moindre chance de s'améliorer.. Or la situation des banques espagnoles est totalement dépendante de ce marché.. quand on voit les US et les prix immobiliers qui sont quasiment sur les planchers de 2009, ce n'est pas demain la veille que le marché immobilier espagnol va se redresser.. et si ça perd encore 10 à 20% (ce qui ne manquera pas d'arriver dès l'application de mesures d'austérité en échange d'une aide quelconque), la spirale sur les banques espagnoles n'est pas prête de s'inverser.

Que faut il exiger :

Que ces mesdames et messieurs du FMI, messieurs les ministres des finances SE TAISENT, on n'en peut plus d'entendre leurs conneries depuis 4 ans.
Il faut purger ce système : puisque ces messieurs sont des capitalistes convaincus, laissons faire faillite les établissements qui sont en situation de faillite, cessons de nationaliser les pertes, le système ne peut pas s'assainir autrement.


Les secrétaires américains au Trésor sur 30 ans

Un "secrétaire américain au trésor", c'est pour faire simple le "ministre des finances" du gouvernement américain.

A l'heure où l'actuel secrétaire Timothy Geithner vient de finir sa tournée en Europe juste au moment du sommet européen de Bruxelles qui était censé proposer des solutions à la crise de la dette (et souvenons nous que le même Geithner était déjà venu s'imposer en septembre en Pologne, alors qu'il n'était pas invité), il m'a semblé utile de vous livrer un petit récapitulatif des personnages qui ont occupé ce poste depuis les années 80.

Vous en déduirez peut-être un anti-américanisme primaire, cependant est-ce que nos ministres des finances européens vont faire de l'ingérence dans les réunion de la Banque Fédérale (FED) ou dans les débats démocrates / républicains sur le moyen de réduire la dette américaine ?

Il s'agit d'une mise sous tutelle qui n'a qu'un seul but, clairement exprimé par l'intéressé lui-même:

"J'ai souligné à quel point il est important pour les Etats-Unis et le reste du monde que l'Europe réussisse", a déclaré le secrétaire américain au Trésor au cours de l'étape parisienne de sa tournée européenne.

Et "je suis confiant dans le fait qu'elle réussira", a ajouté Timothy Geithner, à l'issue d'un petit-déjeuner de travail avec le ministre français des Finances François Baroin.

Il s'agit en effet d'éviter par tous les moyens possibles et imaginables que le système ne s'effondre d'ici novembre 2012, date de la possible réélection de Barack Obama..

Avons nous collectivement oublié que la crise a démarré aux USA avec l'effondrement du marché immobilier, des subprimes et de Lehman Brothers ?

Je m'égare du sujet originel de ce message tant j'ai été choqué par la présence de ce monsieur, alors que justement je souhaitais replacer en perspective la nuisance absolue de ces apprentis sorciers, totalement complices du système... puisqu'ils en sont issus .

Historique donc :

Le 1er à faire sauter les verrous mis en place pourtant depuis les années 30 après la grande dépression de 1929 est Donald Regan, secrétaire au trésor sous Reagan, et qui fut le plus jeune "partner" chez Merrill Lynch avant d'en devenir le CEO.
Lors de l'intronisation de Regan par Reagan, le discours est clair sur la nécessite de libérer Wall Street de toute contrainte : "l'innovation financière est un bienfait pour tous" (sic).

Le suivant, Baker est peut être une exception sur cet aspect "lié aux banques", même s'il est influent chez Carlyle.. groupe éminemment opaque s'il en est et qui est très influent au sein du complexe militaro-industriel dont le président Eisenhower, pourtant ancien général des armées, appelait à se méfier lors de son discours de départ de la présidence.

Nicholas Brady qui succède à Baker à ce poste passa 34 ans dans l'industrie bancaire..

Robert Rubin est sans doute le pire puisque c'est sous sa responsabilité que fut organisée la fusion Citicorp / Travelers Group alors que la loi existante, héritée des mesures des années 30 (sur la séparation nécessaire entre les banques de dépôts et les banques dites "d'investissement") aurait du empêcher cette fusion, Rubin réussit à obtenir de Greenspann (alors président de la FED) une "dérogation" pour valider cette fusion, et obtiendra par la suite au congrès une loi rétroactive pour sceller dans le marbre cette fusion, j'ai nommé le fameux Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999.

Que faisait donc ce charmant Rubin avant d'être secrétaire d'état au trésor ?
Il a commencé sa carrière dans la finance en 1996 en tant qu’associé chez Goldman, Sachs & Company, où il est devenu associé général en 1971 et où il a rejoint le comité de gestion en 1980. Entre 1987 et 1990, M. Rubin a été vice-président et co-directeur d’exploitation de ce groupe, et de 1990 à 1992, il en a été co-associé senior et co-président.

Apres son passage au gouvernement, le 26 octobre 1999, il est entré au service de Citigroup et y a occupé les postes de directeur et président du comité exécutif et de membre du Bureau du président. Il touchera plusieurs dizaines de millions de dollars chez Citi jusqu'à la déconfiture de 2008, déconfiture amènera le gouvernement fédéral américain a garantir plus de 300 milliards USD de ses actifs en échange d'une prise de participation dans l'entreprise pour 27 milliards USD. Il faut dire que le secrétaire au trésor en fonction en 2008 pour sauver Citi est un autre Goldman Sachs.. nous y reviendrons.

Lawrence Summers, le suivant, est Secrétaire d'etat au trésor sous Clinton, puis membre de l'équipe de transition du président-élu Barack Obama, ce dernier le nomme ensuite chef du Conseil économique national.
Il s'est entre autres opposé fermement à toute régulation des dérivés, soutenu par Greenspann et a même ordonné à la patronne de la CFTC d'abandonner le sujet.. (le passage sur ce point dans Inside Job est très instructif).

Ce brillant personnage passe par la Banque mondiale de 91 à 93 et se distingue par des phrases comme "honnêtement, nous devons tous admettre que nous sommes tous maintenant les friedmaniens". En ce sens qu'il (Milton Friedman), nous a montré l'importance du marché.
Mais surtout, il déclare :
"Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico [...] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés [...] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. [.] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. "

Il finit quand même par claquer la porte du conseil national économique en septembre 2010, mais je ne sais pas si les électeurs d'Obama avaient intégré que cet odieux personnage faisait partie du staff..
"Yes we can" encore plus massacrer le tiers monde.. économiquement bien sur..

Le suivant : O'Neill, qui a dirigé Alcoa de 1987 à 1999. Admettons, peut être moins pire que d'autres au niveau consanguinité, c'est plutôt l'industrie "lourde" que la banque.
Pour ceux qui ont vu "Inside Job", inutile de vous préciser les dégâts qu'a pu faire ce genre d'entreprise en Islande par exemple..

John W. Snow, de 2003 à 2006, laisse gonfler la bulle qui provoquera l'explosion des subprimes en 2007 et le reste en 2008. Il a bien d'autres choses à faire, la conjoncture est favorable, le chômage à 4.7% et un taux de croissance insolent de 5.3% début 2006.. on ne va quand même pas prendre des mesures qui fâchent alors qu'en apparence tout va bien !
Et puis il faut financer la guerre en Irak.. bush et compagnie sont au commandes, alors l'économie à ce moment là.. 
Par contre le pilotage des taux d'intérêts avec Greenspann fut catastrophique :
  • de la violente baisse après l'effondrement de la bulle internet en 2001
  • création de la bulle suivante à savoir la bulle immobilière grâce à cette baisse
  • début de reprise de l'inflation et de la surchauffe vers fin 2005
  • violente remontées des taux par la FED ce qui provoque entre autres le krach fin 2007

C'est après ce Snow qu'arrive Paulson.. il n'est pas de mèche avec le système lui ?

Rappelez moi ce qu'il faisait avant d'être secrétaire au trésor ?
Il n'avait pas été président de Goldman Sachs par hasard ??
Petit détail : lorsqu'il est nommé par Bush, il doit donc se débarrasser de ses actions car ça ferait mauvais genre.. Un coup dur pour lui ?
Pas du tout, puisqu'il peut vendre ses 360 millions sans payer le moindre impôt.. grâce à une loi votée précédemment..

Le plan Paulson va couter des centaines de milliards de dollars aux contribuables américains pour sauver les banques et Wall Street, et va provoquer des niveaux d'endettement jamais atteints jusque là.

Arrive Tim Geithner sous Obama : ce monsieur a fait entre autres ses armes en tant que sous secretaire d'etat sous 2 autres (Robert Rubin et Lawrence Summers), et a notamment ensuite été le 9e président de la Federal Reserve Bank de New York et, à ce titre, le vice-président du Federal Open Market Committee (FOMC).

A ce titre, il participe avec Bernanke et Paulson au fameux plan "paulson" de 2008..

Histoire de sceller définitivement le cartel, on nous a imposé depuis :
  • l'ex vice-président de Goldman Sachs Europe à la tête de la BCE, un certain Mario Draghi
  • un ex "International Advisor" de Goldman Sachs à la tête de l'Italie, au poste de 1er ministre
  • un ex vice président de la BCE (en poste au moment du trucage des comptes grecs) au poste de 1er ministre en Grèce
  • l'ex-patron d'une grande banque Italienne en tant que super ministre de l'infrastructure et des transports dans ce pays.
On a donc eu récemment une "intervention coordonnée des banques centrales pour sortir l'Europe de la crise de la dette" (titre en une de plusieurs journaux) :
cette interprétation est totalement fausse, on n'a pas du tout aidé les pays, on a juste essayé de sauver les banques, les unes européennes à court de liquidités en dollars, et une autre, Bank Of America, dont l'action descendait juste sur le seuil des 5 dollars ce qui aurait obligé les institutionnels à la vendre massivement, provoquant ainsi la 2eme grosse faillite en 3 ans apres LB.

La semaine s'est poursuivie avec une baisse des taux de refinancement de la BCE pour les banques (à 1%, pendant que ces mêmes banques prêtent aux états à 3, 4, 6 ou 10%), et nous avons également eu des statistiques américaines sorties de nulle part (le chômage qui passe miraculeusement de 9% à 8.6% alors qu'on a créé moins d'emploi - 120k contre 150k - que nécessaire pour simplement absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.

Voilà, si vous pensez encore que les "politiques" agissent pour les peuples...

En tous cas j'espère qu'avec ce récapitulatif des différents personnages et intérêts défendus à ce poste de "secrétaire d'état au trésor" vous ne doutez plus de leur mission.

vendredi 11 mai 2012

Grèce, 2 ans d'erreurs..

Octobre 2011

Souvenez-vous du 31 octobre 2011, à la veille du G20 organisé à Cannes, le 1er ministre grec Papandréou lance une bombe, il souhaite organiser un référendum sur les mesures d'austérité.
  • Réaction immédiate des marchés financiers : dégringolade généralisée, la panique emporte les valeurs financières.
  • Réaction immédiate des "partenaires" de Papandréou : on a sorti les muscles pour le faire changer d'avis et il a démissionné dans la foulée.
Vous rendez-vous compte, il s'agissait de demander leur avis à celles et ceux qui allaient subir l'austérité décidée par d'autres, en échange d'une aide financière conséquente pour maintenir globalement le système à flots.
"Quoi, le peuple à le droit de s'exprimer ?" hypothèse insupportable à l'époque pour l'oligarchie européenne..

Mai 2012

Que s'est il passé le week-end dernier en Grèce : le référendum que l'on a refusé fin octobre a bien eu lieu, et le peuple grec a massivement rejeté l'austérité.
Donc en jouant à se voiler la face fin octobre, on a fait semblant d'adopter un plan de sauvetage qu'on savait voué à l'échec. Sauf qu'il y avait un calcul : tenir 6 mois de plus.. comme à chaque fois.
Pourquoi je me permets d'écrire "voué à l'échec" ?
Il suffit de regarder ce plan de plus près, et de voir qu'avec des hypothèses de croissance de 3% dès 2013, il faudrait encore plus de 10 ans à la Grèce pour ramener son ratio dette/pib à 120%, ce qui reste de toutes façons insupportable.

Petit retour historique sur 2 ans de tergiversations

Fin 2009

Décembre 2009, Papandréou, qui vient d'arriver au pouvoir, découvre l'état réel des comptes grecs et commence à alerter les différentes instances (FMI, Union Européenne).
C'est le feuilleton de la fin janvier 2010, les anglo-saxons inventent le sigle "PIIGS" (peu flatteur quand on connait la signification du mot pig en anglais) pour Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne (Spain en anglais).
La pression monte sur les "marchés" jusqu'à début mai 2010, tout le monde a peur d'une réaction en chaîne et de l'effondrement de la zone euro.
Les indices boursiers chutent lourdement, des séances à -5% sur le CAC 40 deviennent presque banales, mais il faut "rassurer les marchés" : on entendra cette phrase plusieurs fois par jour pendant des semaines et des semaines, dans la bouche de la plupart des dirigeants européens..

Mai 2010

Le 8 mai 2010, à l'issue d'un sommet européen "exceptionnel", l'Europe et sa monnaie sont sauvées, on a décidé de mettre en place un pare-feu nommé "FESF", on décide d'un plan d'aide de 110 milliards d'euros pour la Grèce, et promis, tout va rentrer dans l'ordre, on a fait ce qu'il fallait faire.
Les imbéciles qui évoquent le défaut de paiement ou la possible sortie de l'Euro pour la Grèce sont des incompétents qui souffle sur les braises.
Le résultat est spectaculaire, les marchés sont rassurés, le lundi les places européennes s'envolent de 9%.
De très nombreuses personnes comprennent alors qu'il ne s'agit pas de "sauver la Grèce", mais de sauver les grandes institutions financières, on gagne du temps, on affiche les sourires.
A partir de cette période, l'étude des expositions des grandes banques européennes aux dettes des "PIIGS" (cf le site de la Banque des Règlements Internationaux) est très instructif, chacun va chercher par tous les moyens à se débarrasser de ce papier encombrant et peu fiable, c'est dire la confiance des institutions financières dans le plan de sauvetage.
Pendant tout l'été 2010, on nous répétera un nombre incalculable de fois, qu'il s'agisse de Trichet à la BCE, de Juncker à l'Eurogroupe, de Lagarde ministre des finances en France, qu'il n'y aurait JAMAIS de défaut grec
Il suffira cependant de quelques séances pour que les places boursières retrouvent un niveau inférieur à la veille du sauvetage.. et ce des 2 cotés de l'atlantique.

Rentrée 2010

La FED finit par s'apercevoir que la situation de sortie de crise telle qu'elle la dépeignait pour les USA n'est pas aussi positive qu'espérée, et décide donc avec son gouverneur Ben Bernanke de lancer le fameux "QE2", pour Quantitative Easing version 2.
Sans entrer dans les débats techniques, il s'agit pour la FED  d'injecter des milliards et des milliards sur les marchés en rachetant autant que possible de bons du trésor américain et en soulageant les banques de le faire, en espérant que cet argent se déversera dans l'économie réelle afin de stimuler croissance et emploi en berne.
Les pays émergents sont furieux car cela déverse des liquidités sur les marchés mondiaux en favorisant l'inflation, sur les matières premières notamment, et cela va faire baisser le dollar.
Il est assez comique de la part des USA de prendre cette décision unilatérale, tout en affirmant depuis des mois lors des G20 qu'il faut absolument que la Chine réévalue sa monnaie..
Quant à l'Europe, au paroxysme de la crise "grecque" en mai et juin 2010, l'euro vaut alors environ 1.18 dollars, ce qui finalement n'est pas mauvais pour les exportations européennes. Ce QE2 va provoquer ce à quoi Bernanke s'attendait, à savoir une baisse du dollar.. et une remontée en flèche des indices boursiers, américains en particuliers

Quelques ratés cependant dans ce joli plan global, à l'automne 2010 c'est l'Irlande qui a son tour a besoin d'un plan de sauvetage, l'état est en faillite pour avoir notamment renfloué ses banques en faillite.

Hiver 2011

On jure en Europe depuis des mois qu'il n'y aura pas d'autres problèmes à régler, et voici qu'arrive justement le Portugal, qui sollicite lui aussi un plan d'aide.. Mais heureusement, on a le FESF, tout est "under control"..

Début avril 2011, après ne l'oublions pas des "stress tests" en 2010 sur les banques européennes qui ont confirmé que tout allait bien, Lucinda Creighton, ministre irlandaise des Affaires européennes, déclare : L'Irlande a pris ses responsabilités en refusant une restructuration de sa dette. "Nous faisons régler la facture par les contribuables irlandais. C'est une décision courageuse", explique-t-elle.
Une restructuration --une solution que refuse la Banque centrale européenne, selon Mme Creighton-- entraînerait des pertes pour les détenteurs de titres de dette irlandaise, principalement des banques européennes, dont françaises et allemandes.

Le 7 avril 2011,on apprend que le gouvernement portugais avait finalement cédé en acceptant de demander de l'aide (alors qu'il expliquait il y a une semaine qu'il n'en avait pas besoin) "sous la pression des banques"..
Tiens pourtant lors du plan d'aide à l'Irlande, on nous avait dit que cette fois (une fois de plus), c'était fini, tout était réglé..

Dans les semaines qui suivent, comme des prémices de ce qui allait se passer pour le référendum de Papandréou, les autorités européennes ont appelé samedi les responsables portugais à éviter de dialoguer sur la place publique avec elles tous les jours, après la demande du président du Portugal pour que l'UE mette en place un "programme intérimaire" pour l'aide à son pays

Les grands argentiers annoncent qu'ils préparaient un plan d'aide au Portugal d'un montant d'environ 80 milliards d'euros en échange d'un programme d'austérité qui devra être adopté d'ici à la mi-mai et qui devra "impliquer tous les partis" portugais.

Après donc 110 milliards pour la Grèce, je ne sais plus combien pour l'Irlande, voilà 80 milliards pour le Portugal..

Les 1ers bilans sur le 1er plan grecs ne vont pas tarder à montrer que ça ne fonctionne pas du tout "comme prévu", que la récession est pire que prévue, et qu'il n'y a aucun rétablissement des comptes grecs..

J'allais oublier : le plan de mai 2010 devait permettre à la Grèce de revenir emprunter "normalement" sur les marchés courant 2012... sans blague !

Juin 2011

Passons sur l'épisode du Sofitel new-yorkais.. Christine Lagarde, qui venait d'inventer en France la "rilance" (sorte de mélange de rigueur et de relance), est nommée à la direction du FMI en remplacement de qui vous savez. Elle n'oublie pas d'affirmer avant de quitter ses fonctions au ministère des finances que les banques françaises se portent très bien.. d'ailleurs de nouveaux "stress tests" en juillet 2011 vont le prouver.

Je ne sais pas si elle est incompétente, menteuse ou manipulatrice et téléguidée par la finance anglo-saxonne, toujours est il que 2 mois après elle déclare depuis son bureau du FMI qu'il faut recapitaliser les banques, françaises notamment..
Petite parenthèse : Dexia passe avec succès ces stress tests de juillet 2011 mais se déclare en faillite en septembre 2011, bref..
Si un scénariste oserait mettre tout cela dans un film, le film serait critiqué tant il serait invraisemblable.

Revenons donc à la Grèce en ce mois de juin 2011..

Des négociations pour un second plan d'aide commencent, on parle de 130 milliards d'euros cette fois, et, tiens tiens, on évoque une "décote" de 20% sur la dette grecque, après avoir martelé pendant 1 an que ceux qui pensaient que ça pouvait arriver avançaient des inepties.

Le nouveau plan est sur les rails, on demande un énième plan d'austérité aux grecs, ce que finit par voter le parlement grec, et une fois de plus les indices boursiers reviennent à des sommets de 2 ans, l'épisode Fukushima est effacé, le CAC  à 3900 points..

Été 2011

Bien qu'ayant "rassuré" les marchés avec le 2ème plan (on comprend quand même que les 110 premiers milliards n'ont servi à rien) finalement certains évoquent une décote plus importante que prévue, les 20% ne seraient pas suffisants.

Pendant ce temps de l'autre coté de l'Atlantique, on s'affole aussi sur la dette américaine, les 2 partis contrôlant chacun une assemblée (Sénat et Chambre des représentants), ils n'arrivent pas à se mettre d'accord sur ce qu'il faudrait faire pour la dette astronomique des USA, et ce qui devait arriver arriva, une agence de Notation dégrade les USA.
La seule mesure qui fut prise : augmentation du plafond de dette autorisé pour ne pas bloquer les paiements du gouvernement fédéral.
Cet épisode a le mérite temporaire de rappeler que le problème du monde n'est pas la dette d'un pays qui représente à peine 2% du PIB de l'union européenne, mais les américains vont s'employer à détourner l'attention et vont s'arranger pour que tous les projecteurs se braquent de nouveau sur l'Europe.

Par le petit jeu des spéculations, les taux d'emprunts italiens commencent leur envolée, l'Espagne s'enfonce dans la crise, mais tout va bien en apparence aux USA puisque malgré la dégradation de leur note, les taux d'emprunt pour le trésor américain n'ont jamais été aussi bas.

Au cours du mois d’août, on aura en France l'annonce du "plan de rigueur" par le 1er ministre.

Rentrée 2011

La "décote" décidée en juillet à un niveau de 20% est finalement portée à 50% dans un 1er temps, on va aller de sommet de la dernière chance en réunion de crise, et chaque dirigeant annonce une nouvelle par  jour.
Le secrétaire du trésor américain s'invite d'ailleurs à une réunion en Europe pour venir donner des leçons (alors qu'aucun accord ni réforme ne se profile aux USA, le seul "deal" qu'obtiendra Obama face au congrès républicain étant de maintenir les avantages fiscaux accordés aux plus aisés par G.W Bush en échange du maintien des allocations chômages pour les plus démunis...)

Les indices européens sont à des niveaux proches de ce qu'ils étaient au plus fort de la crise "post faillite Lehman Brothers" en mars 2009, les banques sont à l'agonie en Europe  les cotes s'effondrent, le marché interbancaire est bloqué.

Arrive donc le G20 et la tentative de Papandréou, le sommet "est un succès", on propose un nouveau pacte budgétaire européen, on invente un nouveau meccano par dessus le FESF qui se nomme le "MES" (Mécanisme Européen de Stabilité), personne ne comprend rien à ces montages tous plus foireux les uns que les autres mais ça n'est pas grave, les chefs d'état s'invitent sur les plateaux TV pour nous expliquer qu'ils ont sauvé l'euro, l'Europe, et même "le Monde"..

Le nouveau plan grec consacre donc finalement un défaut de 57% sur les obligations grecques détenues par les banques privées (on n'impose pas cette décote  à la BCE), on finalise ce nouveau plan de 130 milliards d'aide pour la Grèce qui s'ajoutent donc aux 110 milliards, et on jure partout que le MES permettra à l'Italie, à l'Espagne et à d'autres d'être protégées..

Le 1er novembre 2011, celui que les européens avaient choisi en juin pour succéder à Trichet à la tête de la BCE prend ses fonctions, il s'agit de Mario Draghi.

Les tergiversations de Berlusconi pour adopter un plan de rigueur en Italie ont raison de lui, il est poussé dehors par ses homologues européens, et, sans élection, un certain Mario Monti est nommé 1er ministre en Italie.

Et enfin, puisque Papandréou a eu l'audace de proposer un référendum, il est lui aussi poussé dehors, et en Grèce comme en Italie, sans élections, un nouveau gouvernement de coalition est formé sous la direction de Papademos.

La main-mise de Wall Street

Les Goldman Boys

Il est tout de même assez étrange, au moins pour l'opinion, de nommer en Italie, en Grèce, et à la BCE des "pompiers pyromanes"..

Mario Draghi fut vice président Europe de 2002 à 2005 de Goldman Sachs alors même que cet établissement a conseillé (contre rémunération) le gouvernement grec dans ses montages qui lui ont permis de tricher pour entrer dans l'Euro. Je ne m'étends pas ici sur le rôle joué par cette banque dans la crise financière mondiale de 2008, elle qui vendait des "subprimes" à ses clients tout en pariant sur la chute de ces produits.. Ce monsieur explique qu'il n'était pas encore dans la banque lors du montage..
Mais ce même Mario Draghi fut également gouverneur de la banque d'Italie dans les années 90 et a à ce titre mené des opérations avec des banques d'affaires américaines pour "réduire" le coût de la dette publique italienne...

Mario Monti fut "international advisor" à partir de 2005 pour cette même banque.
Depuis 2010, il est aussi président de la section Europe à la Commission Trilatérale. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg : on ne sait pas s'il a abandonné ces 2 fonctions lorsqu'il est devenu 1er ministre italien à l'automne dernier.

Lucas Papademos fut gouverneur de la banque de Grèce de 1994 à 2002 et ne pouvait donc rien ignorer des trucages des comptes de son pays, puis il fut vice président de la Banque Centrale Européenne jusqu'en 2010 et a donc été parfaitement informé de tous les montages abracadabrants et de tous les sauvetages de banques effectués en Europe depuis la crise financière de 2008.

En 2005, Goldman Sachs revend une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par Petros Christodoulos... qui était trader chez GS en 1987 à Londres.. Ce monsieur a été nommé en février 2010 responsable de l'organisme gérant la dette grecque.

Ce sont donc ces 3 "techniciens" qui allaient jouer le rôle de sauveur..

Quelques autres noms intéressants :
Peter Sutherland, irlandais, ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. 

FED et BCE

Peu après ce sommet qui n'avait rien réglé, ça n'allait pas franchement mieux pour les banques européennes qui se trouvaient totalement asséchées en dollars, et on allait une fois de plus assister à une gigantesque manipulation, sans aucun délit d'initié bien sur..
Alors que ce jour là des statistiques chinoises n'encourageaient pas les "marchés" à se redresser après des semaines d'agitation, un communiqué sorti de nulle part annonce "une intervention coordonnée des banques centrales pour sauver l’Europe de la crise de la dette" (dixit les titres des articles dans à peu près toute la presse),

Cela n'a évidemment rien à voir avec les dettes européennes, il s'agit de fourguer des dollars à la BCE qui les refourgue aux banques européennes paralysées, il faut éviter une faillite..
Il s'agit pour la énième fois depuis octobre 2008 de mettre sous perfusion des banques qui ont une fois de plus joué avec le feu.

On note une coïncidence étonnante : le cours de "Bank of America" comme la plupart des autres banques s'effondrait jour après jour, mais dans ce cas précis approchait du plancher symbolique des 5 dollars...
Or la loi aux USA interdit au fonds de pension de détenir des actions "pourries", qui cotent moins de 5 dollars.

Sans ce petit "coup de pouce" de la FED, la réaction en chaîne aurait pu être violente : vente massive des titres Bank of America par les fonds de pension, et quand on regarde l'enchevêtrement des fonds de pension, banques américaines, agence de notation, c'est tout un château de cartes qui menaçait de s'écrouler, avec à la clé les retraites de millions d'américains.

Puis en décembre notre "super Mario" sortait la grosse artillerie avec un premier prêt d'environ 500 milliards d'euros pour les banques européennes, le tout sur 3 ans et à 1%, tout en acceptant à peu près n'importe quoi en garantie (et donc de très nombreuses créances toxiques).
L'école Ben Bernanke était en place eu Europe avec les Goldman Boys, Draghi allait d'ailleurs renouveler l'opération en février pour des montants similaires.

La BCE avait donc trouvé le moyen d'injecter 1000 milliards d'euros dans les banques SANS CONDITION..

Même méthodes, mêmes résultats : à l'instar de ce qui se passe aux USA avec les interventions de la FED, Draghi arrive à relancer à la hausse les indices européens, le CAC 40 passe en quelques semaines de 2900 à 3500 alors que toutes les prévisions économiques sont en berne et annoncent une récession en Europe.

Et maintenant...

Fin du cycle ?

Mai 2012, 2 ans après les jeux du cirque de mai 2010, la Grèce est toujours en faillite, les banques européennes ne vont pas mieux, le peuple grec vote contre l'austérité, mais rien n'a changé dans le mode de pensée de ceux qui prennent des décisions..
Rien ?
Pas tout à fait, on admet maintenant qu'il est possible que la Grèce sorte de la zone Euro..

Tout ça pour ça...

Imaginons une sortie temporaire et un défaut intelligemment négocié en mars 2010 pour la Grèce.. en n'écrasant pas la croissance dans ce pays, en lui permettant de dévaluer pour retrouver sa compétitivité, en lui donnant 4 ou 5 ans sans intérêts à payer.. Où en serions nous ?
La différence serait peut-être sensible pour le peuple grec, mais ça n'est pas le point important : on a sauvé une fois de plus avec de l'argent public, et de façon détournée, les banques européennes, qu'elles soient françaises, allemandes ou italiennes. Et on ne leur demandera évidemment aucune contrepartie ni réforme dans les comportements.. Ce matin c'est la banque américaine JP Morgan qui annonçait une perte de '"probablement au moins 2 milliards de dollars" pour des "imprudences commises sur le marchés des "couvertures de crédit"... tiens tiens, le même type de produit qui a coulé AIG lors de la chute de Lehman Brothers. On n'a donc tiré aucune leçon de 2008, et pire, les états se sont mis à genoux devant ces institutions, en nationalisant les pertes.

Les problèmes de la zone Euro escamotés..

Coté européen, c'est la cacophonie permanente, avec d'un coté le président de l'Eurogroupe qui veut envoyer un signal fort à la Grèce pour son maintien dans la zone Euro, quitte à consentir des aménagements dans les plans prévus (et notamment des délais supplémentaires), et de l'autre, le ministre des finances allemand, lui-même candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de l'Eurogroupe, qui déclare que nous avons les moyens de gérer la sortie de la Grèce de la zone Euro : en clair, maintenant que nous avons protégé nos banques, et bien qu'ils s'en aillent, on ne veut plus payer.
Le véritable problème de fond n'est jamais abordé : 17 pays ont une monnaie commune, qui ne peut donc pas s'ajuster en interne en fonction des excédents des uns et des déficits des autres, mais tout ce beau monde est incapable de s'entendre sur une fiscalité européenne :
  • l'Irlande a par exemple refusé de relever son taux d'imposition sur les sociétés, pourtant la cause principale du "dumping" fiscal exercé par ce pays
  • la France a augmenté la taxation sur le capital de 31.1% à 39.5% pendant qu'en Allemagne on est autour de 25%
  • il est inconcevable à ce jour de lever des impôts européens pour forcer une redistribution, les allemands notamment répétant qu'ils ne veulent pas (plus?) payer pour les pays du sud.. alors que leur excédent commercial est réalisé à 70% en Europe.. : si vous résidez en Vendée par exemple, cela vous choque t'il que l'état investisse dans le TGV Est ?
  • pour prendre une autre image, vous parle t'on de l'excédent commercial de la Californie vis à vis du Dakota par exemple ?
Avoir donc une monnaie commune sans gouvernement fédéral, démocratiquement élu bien sûr, et un système de redistribution à l'échelle de la zone est une aberration.
Nos dirigeants européens ont créé de toutes pièces un puzzle administratif ingérable et font chaque jour de nouvelles "avancées" anti-démocratiques (lire le traité du MES par exemple), qui poussent les peuples européens à voter pour partis nationalistes qui rejetteront de facto une véritable Europe fédérale et démocratique.
La Grèce va donc sans doute re-voter en juin, et si elle sort de la zone Euro dans les conditions actuelles, ce sera le chaos en Europe : les "riches grecs" ont soigneusement sorti 250 milliards d'euros du pays pour les mettre dans des banques suisses, et la majorité du peuple grec va sombrer, les marchés de leur coté lorgneront sur le Portugal ou l'Espagne..

Que va t'il se passer coté américain ?

Certains envisagent donc le chaos financier... et forcent d'ailleurs la main en ce sens. Sans doute ont-ils beaucoup à y gagner..
Mais n'oublions pas que l'oncle Sam veille au grain, ce matin Obama revenait se mêler de la crise de la dette européenne en déclarant que nous n'avions pas pris les bonnes mesures à temps..
Et oui, il y a des élections au mois de novembre aux USA, il faut patienter un peu avant de sortir les cadavres du placard...

dimanche 29 avril 2012

Docteur Sarko contre l'immonde Theodule

Ou...les tribulations d'un pauvre petit garçon retranché dans une médiocre défense inutile face à la vérité...

Je dois ce post à un intervenant "log56" sur le forum Boursorama, qui se reconnaîtra en le lisant ;)

Lisez jusqu'au bout... Très important et...intéressant !!!

L'Institut des politiques publiques (IPP) a étudié l'évolution de la fiscalité depuis 15 ans...
Résultat :

  • Sarkozy a favorisé les rentiers, Chirac les plus riches et Jospin les plus modestes.
Pour sa première publication, présentée lundi 2 avril, l'IPP s'est intéressé à l'évolution de la fiscalité et de la redistribution en France entre 1997 et 2012.

Les plus riches six fois plus favorisés depuis 2002.

Malgré cette constante, nuance l'IPP, "le bilan redistributif des trois quinquennats (Lionel Jospin de 1997 à 2002, Jacques Chirac de 2002 à 2007 et Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012) n'est pas sans contraste (...).
Le gouvernement Jospin a mis en place des mesures qui ont plus largement bénéficié aux revenus des plus modestes. (...) Les gouvernements qui se sont succédés pendant les dix années qui ont suivi la période Jospin ont plutôt eu un effet inverse, en diminuant les prélèvements pour les plus hauts revenus, en particulier pendant le quinquennat de Jacques Chirac.
Le dernier quinquennat, celui de Nicolas Sarkozy, a eu un effet contrasté, très favorable aux plus hauts patrimoines, alors que l'imposition des hauts revenus était augmentée dans le même temps."

"Les réformes mises en place depuis dix ans (c'est-à-dire depuis que la droite est au pouvoir, ndlr) ont eu pour effet d'accroître la régressivité du système", conclut l'IPP. D'après ses calculs, le taux de prélèvements obligatoires, en pourcentage du revenu national (PIB), a baissé entre 2002 et 2012 de 0,6 point pour l'ensemble de la population, et de 3,6 points pour les 1% les plus aisés. Ce qui revient à dire que les plus riches ont été six fois plus favorisés que les autres.

L'article : http://www.challenges.fr/elections-2012/20120403.CHA4942/pourquoi-nicolas-sarkozy-a-ete-le-president-des-rentiers.html

L'étude en pdf : http://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2011/11/fiscalite-redistribution-rapport-IPP-mars2012.pdf

L'IPP : http://www.ipp.eu/fr/institut-des-politiques-publiques/

L'Institut des politiques publiques (IPP) a été créé dans le cadre d'un partenariat scientifique conclu par PSE-École d'Économie de Paris et le Centre de Recherche en Économie et Statistique (CREST).

L'IPP vise à promouvoir l'analyse et l'évaluation quantitatives des politiques publiques en s'appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie.

Les chercheurs affiliés à l'IPP sont à la fois des chercheurs de l'École d'Économie de Paris et du CREST, des chercheurs appartenant à d'autres institutions de recherche et une équipe permanente dédiée à l'IPP.
Leurs travaux se rapportent à des thématiques qui couvrent un large éventail de politiques publiques : la fiscalité, les politiques sociales, les politiques d'emploi, l'éducation, la santé, les retraites, le logement, l'aménagement du territoire et les politiques sectorielles.

  • PSE-Ecole d'économie de Paris constitue un pôle français de stature internationale en économie dans les divers champs de la discipline, et propose des formations sélectives du M1 au doctorat. L'engagement novateur de la fondation est de participer à la fois à l'élaboration d'instruments d'analyse sophistiqués et à leur application au service de la politique économique et des entreprises.
    PSE-Ecole d'économie de Paris constitue un centre d'attraction pour les meilleurs chercheurs français et étrangers en économie.
  • Le CREST est un centre de recherche dépendant du GENES : Groupe des Ecoles Nationales d'Economie et Statistique de l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Ce groupe comprend également l'ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Administration Economique), l'ENSAI (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Analyse de l'Information) et un centre de formation permanente, le CEPE (Centre d'Etudes des Programmes Economiques).
Organisation générale
Le CREST est composé de 9 laboratoires, situés sur 4 sites différents nommés Malakoff 1(MK1), Malakoff 2 (MK2), ENPC (Paris) et Rennes.

Objectif
L'objectif général du CREST est de participer activement au développement de la recherche dans deux grands domaines :

  • la modélisation des phénomènes économiques et sociaux ;
  • la conception et la mise en oeuvre des méthodes statistiques.
Jeudi 05 avril, Sarkozy présente son projet à la presse et aux Français...

LISEZ BIEN...

Très combatif, le président-candidat a contesté les conclusions d'une étude de l'ECOLE D'ECONOMIE DE PARIS faisant apparaître que les ménages les plus aisés avaient bénéficié depuis 2002 de baisses d'impôts six fois supérieures à la moyenne des Français.

TRES IMPORTANT CE QUI SUIT...

Le président candidat a parlé à propos de l'institut d'un "organisme Théodule dont personne ne connaît ni l'intérêt, ni l'importance, ni la crédibilité"..., ajoutant qu'"un mensonge répété ne fait pas une vérité".

Il a indiqué que le fait que les prélèvements obligatoires avaient progressé sous son quinquennat suffisait à prouver que les riches n'ont pas été favorisés.

http://www.rmc.fr/editorial/244395/nicolas-sarkozy-tire-sur-le-ps-la-cgt-et-des-economistes/

Mais au fait, qui dirige cet..."organisme Théodule" ???...

(On appelle comité Théodule un comité ou une commission qui n'a que peu, voire pas d'utilité, selon wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odule )

Mais qui est donc ce...François Bourguignon...???

Actuellement directeur de l'Ecole d'économie de Paris, et est également directeur d'études EHESS

http://www.parisschoolofeconomics.eu/fr/bourguignon-francois/

Or, le 08 janvier 2008 fut créée... La Commission Stiglitz (lire "Le Triomphe de la cupidité")
Du nom de son président Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie,  "la Commission Stiglitz" est née d'une proposition de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008.
Elle est officiellement intitulée « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ».
Le but de cette commission est de développer une « réflexion sur les moyens d'échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives » et d'élaborer de nouveaux indicateurs de richesse.

Les grands traits du rapport final

La commission a présenté son rapport final et ses travaux lors d'une journée à la Sorbonne le 14 septembre 2009. Le président Nicolas Sarkozy a effectué à cette occasion une allocution5. Enfin les professeurs Fitoussi et Stiglitz ont effectué une conférence de presse sur les indicateurs et la situation économique.
Le rapport a préconisé l'élaboration d'un tableau de bord regroupant plusieurs indices autour de trois grands axes :

  • Axe économie avec une amélioration de la façon de calculer le PIB
  • Axe bien-être. Avec une évaluation tant au niveau subjectif (ce que pensent les gens) qu'objectif avec prise en compte de la consommation, de la répartition des revenus et du patrimoine. En France, l'Insee a commencé à s'engager dans cette voie. Il a publié dès le 17 novembre 2009 des données sur les inégalités6. Il a présenté en 2010 une série d'analyses sur les très hauts revenus, les inégalités de patrimoine, le mal-logement et le capital humain
  • Axe soutenabilité du développement avec deux grands angles d'approche :
    • indicateur monétaire synthétique de soutenabilité
    • Des indicateurs physiques « dont l'un d'eux indique clairement dans quelle mesure nous approchons de niveaux dangereux d'atteinte à l'environnement »8(cas du changement climatique ou des ressources halieutiques par exemple)
Parmi les membres de cette commission, figurent notamment cinq prix Nobel:

Kenneth Arrow, Stanford, prix Nobel d'économie,
Daniel Kahneman, Princeton, prix Nobel d'économie,
James Heckman, Chicago, prix Nobel d'économie,
Amartya Sen, Harvard, prix Nobel d'économie,
Joseph Stiglitz, Columbia, prix Nobel d'économie,
Tony Atkinson, Nuffield College, Oxford,
------>François Bourguignon, directeur de l'École d'économie de Paris,
Jean-Philippe Cotis, directeur de l'Insee,
Kemal Dervis, PNUD,
Jean-Paul Fitoussi, président de l'OFCE, coordinateur de la commission,
Jean Gadrey, université de Lille I,
Heiner Flassbeck, CNUCED,
Enrico Giovannini, chef statisticien de l'OCDE,
Roger Guesnerie, Collège de France, Paris
Nicholas Stern, London School of Economics, Londres

http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Stiglitz#cite_note-0


Le véritable scandale, c'est qu'à chaque fois qu'il sort une énormité, le ou les journalistes en face de lui n'ont jamais le cran de rétablir la vérité face aux lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs : le buzz est fait, la technique de communication bien rodée.


Evidemment lorsque la vérité est rétablie sur un blog amateur, ça n'a pas la même portée et c'est trop tard..


Cette démonstration s'applique également à de nombreux autres flagrants délits de mensonges du président candidat ou de son équipe :
  • intox largement relayée sur le net sur le bilan de François Hollande en Corrèze
  • intox largement relayée dans les médias sur le cumul des indemnités de Jean-Luc Mélenchon (sénateur et député européen)
  • "la France est le seul grand pays à n'avoir plus connu de récession depuis début 2009"
  • etc..
On peut voter UMP, Modem, PG, PS... mais on ne peut pas voter pour cette incarnation de la propagande.


Faites circuler, meme à vos amis qui votent à droite : ce n'est plus une question de droite ou gauche, c'est la manière Sarkozy, l'intimidation, qui est intolérable !