Le nouveau secrétaire au Trésor est donc Jacob Lew
Timothy Geithner était le précédent et avait annoncé qu'il ne voulait pas rempiler pour un second "mandat".
Rappelons que si l'élection présidentielle américaine a eu lieu au mois de novembre 2012, ce n'est que maintenant, en janvier 2013, que le président élu prend officiellement ses fonctions.. Comme c'est l'homme déjà en place qui a été réélu, on a l'impression qu'il n'y a aucun changement, mais c'est bien un nouveau mandat qui débute, avec son cortège de nominations, départs, etc..
Alors pourquoi s'intéresser à cette nomination en particulier (il y a aussi du changement à la CIA, au poste de secrétaire d'état - le ministre des affaires étrangères -, etc..).
A moins d'avoir hiberné dans une grotte au Népal depuis 4 ans, vous n'avez pas pu échapper à la "crise", qui a notamment débuté fin 2007 aux USA par l'effondrement du marché immobilier puis la faillite de Lehman Brothers en octobre 2008.
Le secrétaire au trésor sortant, Tim Geithner, s'est illustré par le soutien au plan de sauvetage des banques en 2008 alors qu'il présidait encore la FED de New York, puis s'est illustré depuis 4 ans en ne faisant absolument RIEN pour tenter de réguler Wall Street. Pire, il s'est permis à plusieurs reprises de venir donner des leçons aux européens sur la "dette" de certains pays alors même que les Etats Unis doivent bientôt après l'avoir déjà fait à l'été 2011, relever le plafond de leur dette colossale pour ne pas être en défaut de paiement.
Evidemment ce monsieur a activement participé au fameux débat (disons plutôt les jeux du cirque bien orchestrés) sur la "falaise fiscale" qui, sans accord, aurait débouché au 1er janvier de cette année sur une impasse et des mesures drastiques au niveau du budget américain.. Quand on est un clown on le reste..
Bref, toutes celles et ceux qui pensent encore que l'administration "Obama 2" va faire mieux que la précédente pour tenter de remettre le système sur les rails vont en avoir pour leur argent :
Jacob Lew est donc le nouveau secrétaire au trésor.. pour la rupture avec son prédécesseur, on repassera puisque de toutes façons il était déjà dans l'équipe gouvernementale depuis 2008...
Il est issu de la même "lignée" : membre du Council of Foreign Relations, qui compte Henry Kissinger, Madeleine Albright, Colin Powell et bien d'autres, cette organisation qui se dit "apolitique" compte des membres éminents qui appartiennent également à la commission Trilatérale ou encore au groupe Bilderberg.
Dans la lignée de Robert Rubin
Jacob Lew avait déjà servi sous Bill Clinton, au budget, sous la direction du secrétaire au trésor d'alors, un certain Rubin.. oui oui, celui-là même qui est vice président du bureau du Council of Foreign Relations..
Le monde est petit non ?
Lew est également membre du Brookings Institution Hamilton project, un think tank plutot libéral basé à Washington, D.C
Pour rappel c'est sous Rubin que l'administration américaine a définitivement enterré les garde-fous contre la finance dérégulée qui existaient encore (hérités des années 30) notamment en autorisant la fusion Citigroup / Travellers..
Et ce fameux Rubin est ensuite parti chez Citigroup... Tiens tiens, Citigroup...
Qu'a fait Jacob Lew pendant les années Bush ?
En juin 2006, Lew a été nommé directeur exécutif de Citigroup's Alternative Investments unit, une entité de trading indépendante qui a notamment investi et parié (spéculé pour être clair) avec son hedge fund sur la chute du marché immobilier américain.. il a donc gagné de l'argent sur la chute des subprimes, vous savez, les fameux crédits hypothécaires. Des millions d'américains allaient être expulsés de leur maison mais voilà que le nouveau ministre des finances dirigeait un fond spéculatif qui a gagné de l'argent en spéculant sur l'effondrement de ce marché immobilier..
Et bien soyez rassurés chers lecteurs, ce n'est pas avec ce personnage à ce poste clé que la haute finance internationale qui spécule sur tout a des soucis à se faire.
Vous vous souvenez sans doute de ce discours au Bourget pendant la campagne présidentielle...
Vous vous souvenez sans doute également de ses différentes promesses :
"pourquoi la banque centrale européenne prête t'elle aux banques à 0.75% et pourquoi ces mêmes banques prêtent elles ensuite à 5 ou 6% aux états ? Je veux obtenir des prêts directs aux états par la BCE"
"je veux renégocier le traité budgétaire européen, et y ajouter un pacte de croissance, car sans croissance nous ne sortirons pas de la crise actuelle"
"je veux m'attaquer à la spéculation"
etc..
Qu'en est-il 6 mois après le début de son mandat ?
Préambule
Je ne souhaite pas faire un papier "facile" à la mode des propos que peuvent tenir les ténors de l'UMP sur les reniements de François Hollande, et j'écris également sans détour que j'ai voté pour lui au second tour de la présidentielle. Non pas que je m'attendais à des miracles, mais au moins avais-je espéré une prise de conscience réelle sur la nécessaire "définanciarisation" de notre économie de la part de celui qui allait diriger le pays, tout en tenant compte des contraintes multiples (Crise mondiale depuis l'effondrement des marchés en 2008, Europe, dette, guerre des monnaies dollar / euro, régulation financière, etc..).
Certains des électeurs de François Hollande retiendront peut-être des mesures comme le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui avaient commencé à travailler très tôt, les emplois d'avenir ou le doublement de l'allocation de rentrée scolaire, sans parler de la présentation du projet de loi du "mariage pour tous" : sur ce dernier sujet je me permets une petite disgression par rapport au sujet global de cet article... Je ne sais pas encore à cette heure qui de François Fillon ou de Jean-François Copé sera élu à la tête de l'UMP, et j'ai presque envie de dire "peu importe"
Cf l'excellent passage de Marie-France Garaud à "Ce soir ou jamais" :
Je trouve simplement inadmissible que ces prétendants à la direction du principal parti d'opposition se permettent pendant des années de nous bassiner les oreilles avec le nécessaire respect de la loi dès qu'il s'agit de parler des "incivilités" des uns et des autres, et viennent ensuite déclarer (pour au moins l'un des 2) qu'ils ont le devoir en tant qu'élu de ne pas respecter la loi si ce mariage pour tous est adopté au parlement, en faisant célébrer de telles unions par leurs adjoints. Bref..
Il est donc important, pour revenir au sujet de l'article, de noter les décisions et actes importants de François Hollande qui contredisent totalement ses engagements de campagne : il n'est pas encore trop tard pour changer de cap, et il est permis d'espérer qu'à la manière d'un Roosevelt en 1933, François Hollande puisse avoir le courage de changer radicalement d'orientation.
Et si au fond de lui il se dit que la réalité qu'il affronte est différente de ce qu'il avait imaginé, à tel point qu'il n'est pas en mesure d'appliquer l'orientation qui avait été choisie par les électeurs, alors qu'il s'en aille, ce sera tout à son honneur.
Acte 1, la nomination d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, nommé secrétaire général adjoint de l'Elysée dès la prise de fonction de François Hollande, diplomé de l'ENA, ancien inspecteur des Finances, était depuis 2008 banquier d'affaires chez Rothschild. Début 2012 il est nommé gérant dans cet établissement et pilote l'une des plus grosses transactions de l'année, le rachat d'une filiale de Pfizer (géant de la pharmacie) par Nestlé (géant de l'agro-alimentaire), pilotage qui lui permet de devenir millionnaire.
Il avait rencontré François Hollande en 2006 par l'intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, lequel sera nommé patron de l'Autorité des Marchés Financiers.
On peut dès le 15 mai s'interroger sur l'orientation économique et financière que prendra le mandat de François Hollande avec un Emmanuel Macron aux commandes des affaires économiques et financières, et qui de l'aveu de la plupart des journalistes, est le point de contact obligé à l'Elysée si de tels sujets doivent être abordés...
Acte 2, les premières mesures
Dès le 1er collectif budgétaire, le président et le gouvernement abrogent donc avec le soutien du parlement la fameuse "TVA sociale" votée par le précédent gouvernement. J'aurai l'occasion d'y revenir car pour moi l'idée même d'utiliser la TVA pour permettre qu'une taxe sur les produits importés puisse financer une partie de la protection sociale est plutôt une bonne idée, mais c'est sur quelques détails que je souhaite m'attarder.
Le précédent gouvernement avait donc prévu de transférer environ 5.6 milliards d'euros de cotisation patronales dues au titre de la branche "famille" vers :
d'une part la TVA, qui devait être relevée de 19.6 à 21.2%
d'autre part le relèvement des prélèvements sociaux de 13.5% à 15.5% sur le "capital"
et enfin vers une "taxe sur les transactions financières" de 0.2% qui devait entrer en vigueur au 1er août 2012.
Tout le monde sait ce qu'il est advenu du relèvement de la TVA, qui a été supprimé, pour revenir 3 mois plus tard.. dans une forme différente. Sur ce point d'ailleurs, si on veut parler de la "lisibité" de la politique voulue par le président, il est quand même compliqué pour les électeurs de le suivre. Il supprime une TVA pour en remettre une autre, il annonce 10 milliards d'impôts supplémentaires pour les entreprises pour 3 semaines après annoncer 20 milliards de crédit d'impôt pour ces mêmes entreprises..
L'abaissement des cotisations patronales "famille" a bien été annulé, par contre le relèvement des prélèvements sociaux de 13.5 à 15% a été maintenu, les détenteurs de livrets (autres que livret A ou LDD), PEL, CEL, assurance vie ont surement apprécié (il peut s'agir de petits épargnants).
Bref on a annulé un allègement de charges d'un coté mais on a "oublié" d'annuler la contrepartie en recettes sur les prélèvements sociaux..
Mais surtout, la taxe sur les transactions financières est entrée en vigueur..
Cette taxe est tout sauf anti-spéculation !
En effet, elle ne s'applique pas pour les spéculateurs qui font de multiples aller/retours dans la journée, et elle ne concerne que les transactions sur des sociétés dont la capitalisation dépasse le milliard d'euros.
On a donc du mal à comprendre comment cette taxe peut tenter de décourager la spéculation quand au contraire elle pénalise les investisseurs de long terme, qui vont acheter des actions et les garder plusieurs mois, pendant que ceux qui multiplient les achats / ventes en "intraday" en sont exonérés !
Pire, exit donc les produits hautement spéculatifs à fort effet de levier comme les certificats sur indices, matières premières ou actions, qui ne sont pas soumis à la taxe !
Il eut donc été utile de remanier cette taxe avant de la mettre en application, afin qu'elle soit cohérente avec la volonté affichée de lutter contre la spéculation !
1er raté et reniement du président sur le collectif budgétaire donc...
Acte 3, l'Europe
Dès le 1er sommet auquel il participe, François Hollande en revient "victorieux" sur 2 points principaux
un accord européen pour un plan de 100 milliards d'euros destinés à sauver les banques espagnoles
un vague "pacte de croissance" pour 120 milliards d'euros
Puis avec l'été et la rentrée en septembre :
les eurobonds sont abandonnés (ou remis aux callendes grecques)
le 6 en septembre il se félicitera de la décision de Mario Draghi qui annonce que la BCE rachètera sans limite les obligations des pays en difficulté sur le marché secondaire
De qui se moque t'il ? de ses électeurs c'est certain..
Le plan de 100 milliards pour les banques espagnoles
Les états, des USA aux états européens, n'ont fait que ça depuis 2008 : renflouer les banques, sans jamais prendre de mesure de régulation qui les empêcheraient de recommencer. On a transféré la dette privée du secteur financier sur la dette publique, l'Europe a globalement accordé près de 5000 milliards d'euros de prêts, garanties diverses, renflouements (Dexia, Royal Bank of Scotland, CommerzBank, etc..), et la seule bonne idée du moment est d'accorder 100 milliards de plus pour les banques espagnoles, sans contrepartie ?
On va demander à l'Italie d'emprunter à 5% sur les "marchés" auprès de grandes banques (à qui la BCE je vous le rappelle à prêté 2 fois 500 milliards d'euros en 6 mois à 0.75%) pour qu'ensuite l'Italie abonde au plan de sauvetage des banques espagnoles, à fonds perdus ? On marche sur la tête...
Si l'Espagne construisait davantage de logements que la France et l'Italie réunies pendant la folle bulle immobilière des années pré-crise, et si les banques et les promoteurs immobiliers s'en sont à l'époque mis plein les poches, les contribuables européens n'y sont pour rien ! Va t'on demander aux dirigeants des banques espagnoles, aux présidents de régions qui roulaient parfois en Ferrari, et aux promoteurs immobiliers de rendre l'argent gagné pendant les belles années insouciantes, va t'on condamner en justice tous les établissements qui ont émis des documents trompeurs à destination des épargnants ? Evidemment que non... Encore juste l'argument bidon du "too big to fail".
Pour quelqu'un qui voulait s'en prendre à la finance, il a eu tellement peur d'affronter le système financer et il était tellement pressé de tenter d'éviter que le mélodrame espagnol ne se transforme en nouvelle crise "à la grecque" qu'il vient nous expliquer que ce plan de sauvetage est une bonne idée.
2ème raté et reniement du président du président, sur l'Espagne
Le pacte de croissance de 120 milliards d'euros...
Tout d'abord il ne s'agit que de dépenser des fonds qui existaient déjà (dont certains "fonds de réserve" ou d'autres "fonds structurels"), sans aucune mobilisation de sommes complémentaires. Ensuite on nous explique qu'on va renforcer les capacités d'intervention de la BEI (la Banque Européenne d'Investissement), en augmentant ses moyens de prêt en jouant notamment sur l'effet de levier... ou comment jouer avec une banque publique en appliquant les méthodes qui ont porté certaines banques privées au bord de la faillite (et on demandera encore aux citoyens dans 2 ou 3 ans de bien vouloir combler les trous suite à des investissements hasardeux).
Mais surtout, on parle de 120 milliards d'euros.. sur 1 an ? sur 5 ans ?
Avez-vous une idée de ce que représente cette somme ?
Le PIB de la Zone Euro (les 17 pays) est d'environ 9500 milliards d'euros, et le PIB de l'Europe des 27 est d'environ 12500 milliards d'euros.
A l'échelle des 27, les 120 milliards du "pacte de croissance", s'ils étaient dépensés sur la 1ère année, ne représente que 1% du PIB européen, pendant qu'on prend des mesures qui ont des impacts récessifs dans différents pays pour un montant de plusieurs points de PIB (Grèce, Espagne, Italie, Royaume Uni, Irlande, etc...).
Si on considère que le PIB de la France est d'environ 2000 milliards d'euros, et si ce "pacte de croissance" est distribué au pro-rata dans les différents pays, en sachant que le PIB de la France est d'environ 1/6 du PIB des 27, alors on ne peut espérer au mieux qu'une part de 20 milliards d'euros de ce pacte de croissance pour la France, ce qui est inférieur aux 30 milliards d'euros du plan d'austérité contenu dans la loi de finances pour 2013..
Terminons sur ce point pour noter qu'au final le parlement français a adopté le texte du traité budgétaire européen sans en modifier une virgule, et que par contre personne n'est capable de nous expliquer la mise en application de ce "pacte de croissance", qui n'aura donc été qu'un effet d'annonce 1 mois après l'élection de François Hollande.
3ème raté et reniement du président sur le pacte de croissance...
L'intervention de la BCE dans le financement des états
On l'a tous entendu, les "pays s'endettent auprès des banques privées à des taux d'intérêts élevés pendant que la banque centrale européenne prête à des taux proches de 0 à ces mêmes banques privées"..
On peut appeler ça la "planche à billets", peu importe, on peut ou non tenter de comprendre la guerre monétaire qui se joue à l'échelle de la planète, un constat s'impose malgré tout :
de part le traité de Lisbonne, qui a hérité du traité de Maastricht, qui a lui même hérité de lois en vigueur dans certains pays (la fameuse loi de 1973 dite Giscard - Rothschild), et de part l'obsession de l'Allemagne qui a été traumatisée par l'inflation galopante des années 1920 / 1930, la zone euro est la seule zone monétaire du monde dans laquelle l'institut d'émission (la banque centrale) ne sert pas de prêteur en dernier ressort pour les états et collectivités publiques. Ni la Banque d'Angleterre, ni la Banque du Japon, et encore moins la FED aux USA, ne se gênent pour prêter à leurs gouvernements.
J'aurai l'occasion de publier un article sur cette aberration mais je souhaite rester dans le coeur du sujet de cet article. François Hollande avait donc martelé pendant sa campagne qu'il se battrait pour que la BCE puisse intervenir directement auprès des états.
Et bien on peut dire pour le moins qu'il n'a pas été très combatif sur ce sujet.. En moins de 2 mois il avait donc abandonné cette idée et pire, après cet abandon rapide au cours de l'été, il se félicitait début septembre de l'annonce par la BCE de sa nouvelle opération miracle, à savoir le rachat "illimité sur le marché secondaire des obligations de maturité comprise entre 1 et 3 ans" pour les pays en difficulté qui en feraient la demande (sous conditions d'ailleurs, comme l'appel global à un plan de sauvetage sous la houlette du FESF / MES, etc..)
De qui se moque t'on une nouvelle fois ? Venir commenter cette décision de la BCE comme une victoire, un aboutissement de l'engagement pris sur le financement des pays par la BCE est un mensonge grossier.
"Rachat sur le marché secondaire" : concrètement, on laissera le pays concerné emprunter à 5 ou 6% et si au final les banques privées veulent se débarrasser de ces obligations, alors elles pourront les fourguer à la BCE.. En quoi cela est il sensé aider le pays qui emprunte ?
4ème raté et reniement du président sur la BCE..
Acte 4, les sauvetages annexes franco-français
C'est presque passé inaperçu dans les médias, mais depuis septembre le gouvernement français est une fois de plus venu au secours de plusieurs établissements financiers.
Début septembre, c'est le Crédit Immobilier de France qui est en faillite, et l'état se porte garant sur le dos des finances publiques des 33 milliards d'euros d'engagements de cet établissement.. Le patron de cet établissement est semble t'il parti "sans demander d'indemnités" mais bien évidemment une fois de plus personne ne rendra l'argent pris depuis des années, et personne ne sera inquiété pour mauvaise gestion..
Mi octobre, on apprend que l'état va accorder une garantie de 7 milliards d'euros à la branche "PSA Finances" du constructeur automobile.. Là encore, on engage pour 2 ans minimum les fonds publics, c'est à dire nos impôts, pour garantir une banque privée.. dont les actionnaires sont majoritairement exilés en Suisse.
Les esprits chagrins répondront que ce n'est qu'une garantie, contre rémunération, et que ça ne coûte rien à l'Etat... tant que tout se passe bien.. Mais en cas de coup dur, la garantie s'activera. On n'oubliera pas de rappeler qu'au moins 5 personnes du conseil d'administration de PSA (dont Philippe Varin à plus de 3 millions d'euros) ont des compétences hors normes puisque rémunérées plus d' 1 million d'euros par an, et qu'il est quand même étrange qu'une telle addition de compétences aboutisse à la quasi faillite de l'établissement (sans oublier la filiale d'assurances établie à Malte, etc.., lire cet article)
Cerise sur le gâteau, début novembre, on annonce un énième renflouement de Dexia, vous savez, la banque qui a monté des prêts d'une complexité hors normes pour les collectivités locales.. Ce n'est que le 3ème plan de sauvetage de cette banque, qui je vous le rappelle avait passé avec succès les fameux "stress tests" avant d'être déclarée une 1ère fois en faillite.. et nationalisée par les états belge, luxembourgeois et français. Un puits sans fond que cet ultime sauvetage de cette banque aux pratiques douteuses, qui va encore coûter la bagatelle de 2.5 milliards d'euros aux finances de l'état français, c'est à dire une fois de plus sur le dos de nos impôts, sans qu'on puisse exclure que la facture finale dans 10 ans ne soit pas de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Le pire dans l'histoire Dexia est que la "crise de la dette européenne", mise en avant pour expliquer les difficultés de l'établissement, est une tromperie absolue à l'égard du public, alors qu'il faut notamment chercher du coté du scandale du Libor pour expliquer une partie des difficultés de la banque.
Là encore on le voit, pour quelqu'un qui avait annoncé qu'il combattrait la finance, tout n'est que soumission au pouvoir du "marché".
Acte 5, la séparation des activités de banque de dépôt et de banque casino
François Hollande avait déclaré pendant sa campagne présidentielle être favorable à la séparation des activités de "banque de dépôt" de celles de "banque d'investissement", les banques françaises étant bâties sur le modèle de banque universelle, qui fait tout, du dépot du salaire pour les particuliers au crédit immobilier, de la carte bancaire au Plan épargne Logement ou livret A, toutes ces activités pouvant être rangées dans la catégorie "banque de dépôt", mais aussi des opérations de bourse en tant qu'émetteurs de produits spéculatifs (market maker sur le coup), de banque d'investissement plus classique lorsqu'elles prennent des participations dans telle ou telle entreprise, de conseil et intermédiaire dans les opérations de fusions / acquisitions ou encore d'opération encore plus opaques comme le trading en compte propre (souvenez vous l'affaire Kerviel) ou encore les agissements sur les places financières parallèles non réglementées (les fameux darkpool).
En voulant séparer ces activités, l'idée est de garantir la sécurité des dépôts des particuliers et PME et de laisser la "banque casino" faire joujou dans une autre cour sans mettre en péril ces dépôts.
Il est utile de rappeler que c'est la principale mesure qui a été prise dans les années 30 aux USA après le krach boursier de 1929, et qui a permis jusqu'à la fin des années 90 de protéger à peu près le secteur de ses propres errements. J'aime bien l'image reprise dans le film "Inside Job", où l'on compare une banque à un tanker géant dans lequel on a mis des cloisons étanches entre les différents compartiments, afin que si l'un des compartiments venait à être endommagé, la fuite ne se propage pas à tous les autres compartiments.
En permettant aux banques géantes de pratiquer toutes les activités sans aucun cloisonnement, on a fait sauter ces sécurité, et il est aisé de comprendre que si l'une des activités vient à prendre l'eau, c'est l'ensemble du navire qui coule.
Et bien voilà, Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, a déclaré fin octobre qu'il allait substituer au projet de scission des banques un autre projet "à minima", une loi qui se contenterait d'encadrer et ou d'interdire les activités les plus risquées". Le lobby bancaire a oeuvré tout l'été pour convaincre le Conseil de Régulation Financière du Risque Systémique (CRFRS) et a donc obtenu gain de cause, exit la scission des banques.
5ème raté et reniement du président sur la les banques..
Epilogue
Monsieur le président, vous avez déclaré au cours de votre conférence de presse que ce qui vous importait n'était pas votre cote actuelle dans les sondages, mais l'état de la France dans 5 ans.
Monsieur le président, je me permets de vous affirmer que rien n'aura changé dans 5 ans, on aura même d'ici là probablement encore aggravé la situation pour les plus démunis en accordant pan après pan de nouvelles concessions à la finance folle qui dirige le monde, qu'il s'agisse de services publics qui ne manqueront pas d'être privatisés, qu'il s'agisse de ressources naturelles européennes dont nous confierons la gestion à des multinationales qui se moquent éperdument du bien-être des populations, ou qu'il s'agisse de la directive européenne sur les retraites en cours de préparation.
Le 1er plan d'aide à la Grèce prévoyait un "retour sur les marchés" de ce pays en 2013, le second plan d'aide prévoyait que la dette de la Grèce serait ramenée à 120% du PIB à l'horizon 2020, et nous savons d'ores et déjà que les dégâts causés par l'austérité aveugle a décimé ce pays.
50% de la jeunesse espagnole est sans emploi, 25% de notre jeunesse est sans emploi, et le président Obama que vous venez de féliciter pour sa réélection dirige un pays dans lequel 47 millions de personnes ne peuvent manger que parce que les autorités leur distribuent un bon alimentaire.
Rien, absolument rien n'a été résolu depuis la crise de 2008, il y a toujours de milliers de milliards dans les paradis fiscaux et la même cupidité des dirigeants financiers sur toutes les places du monde. (Wall Street et la City en particulier).
Saisissez cette occasion historique de changer le cours des choses, s'il vous plait.
On ne dit pas " Nouvelles taxes" ..... mais "Pas de nouveaux impôts". On ne dit pas " Les barèmes de l'impôt vont changer, dîtes-vous le bien, vous allez morfler une fois encore" .... mais "Il n'y aura absolument aucun impact sur l'impôt, aucun je m'y engage, sauf pour les 3 dernières tranches". On ne dit pas " Merci encore super contribuable pour les 40 cts de plus à la pompe que tu paies sans broncher au gouvernement depuis 1 an " .... mais "Nous allons baisser les prix de 3 cts pendant 12 heures et ça va nous coûter 300 millions encore ! Et dîtes pas merci surtout ". On ne dit pas " Allez vous faire foutre avec votre référendum même si je vous avais promis le contraire durant les présidentielles. Maintenant que je suis élu je vais faire comme mon prédécesseur qui était vraiment bien moins con que vous ne l'êtes " ... mais " Je préfère la voie parlementaire ". On ne dit pas " Depuis toujours, le jeu est de chercher à plumer l'oie sans la faire crier " .... mais " La solution est simple et nous allons nous y affairer car nous avons longuement réfléchi ces dernières années et enfin, après 37 sommets de la dernière dernière chance, 14 G20, 8 G4, 14 G12, 3 G10 et 22 G8, nous l'avons trouvée : il faut plus d'emplois et plus de croissance ". On ne dit pas " Personne ne sait pourquoi ça monte " ... mais " Les marchés espèrent une action de la BCE (ou un QE3 ou une action de la Chine) ". On ne dit pas " J'ai urgemment besoin d'aides ; cependant je dois faire comme si ce n'était pas le cas, on ne sait jamais, si ça peut faire baisser les taux " .... mais " Je déments avoir pensé à réfléchir à demander de l'aide ".
Sinon dans l'actualité on a la Chine qui est engagée dans un fort ralentissement pour les 2 voire 3 prochaines années dixit l'un de mes analystes favoris, Monsieur Jacques SAPIR. On a eu les sages allemands qui, au terme d'un suspense insoutenable ces 2 dernières semaines tant le dénouement semblait incertain, ont finalement donné leur accord pour ce qui a déjà été vendu comme acquis il y a quelques mois et ce pour le grand bonheur de tous (quand je dis " tous " ne cherchez pas, vous n'y êtes pas). Comme s'il y avait encore une once de pouvoir au niveau étatique. Reste Goldman Sachs et son alerte de krach sur les marchés actions à partir du 14 septembre. Au vu des combines plus que douteuses de cette banque par le passé on se croirait en pleine finale d'une partie de Mistigri lorsqu'il ne reste que vous avec votre carte en main et votre adversaire qui vous demande de choisir entre l'une de ses 2 cartes, celle qui vous manque et celle à éviter à tout prix. Laquelle est la bonne ? Celle qui dépasse ? Celle qui semble délibérément masquée ? Laquelle est-ce ? Et comment ne pas évoquer Mario DRAGHI et ses rachats illimités de titres de dettes d'états mais limités par des conditions. Ah bon c'est limité ? On dirait oui. C'est limité par des conditions qui doivent être détaillées, que dis-je, étudiées par la BCE car à part l'effet d'annonce ils n'ont pas foutu grand chose. C'est limité par le montant car il ne faut pas rêver, l'Espagne ne pourra pas réclamer des milliers de milliards même en hypothéquant ses plus beaux châteaux andaloux et la Grèce encore moins maintenant qu'elle est rincée. Et c'est limité aux obligations à 3 ans, celles qui ne rapportent presque rien. Les plus critiques, celles à 10 ans dont tout le monde parle, celles qui font les Unes des journaux papier, télévisées, partout dans le Monde avec leurs seuils fatidiques des 7%, celles-là on les laisse aux requins. Voilà mais sinon à part ça c'est illimité. Je suis de tout coeur avec le peuple grec et je leur souhaite bien du courage même si selon moi ils ne parviendront à rien malheureusement, je crains qu'ils en aient pris pour 15 ans minimum avec leur taux à 10 ans toujours à 30%. Sinon et bien le MES faire avaler aux allemands c'est fait, l'action de la BCE de rachats illimités limités c'est fait, la Chine qui se restructure c'est fait, le temps du changement c'est maintenant et bien ce sera dans 2 ans mais on va dire que c'est fait, manque plus que le QE3 et ensuite je ne sais pas ce que les analystes vendus iront chercher comme excuse à la con pour pondre leur papier... en tous les cas c'est à peu près par là que ça devrait moins rigoler. Pour moi le MES est un stabilisateur de budget, le moyen de garantir le paiement des intérêts par les états aux banques privées, le moyen de tenir les peuples d'Europe dans ce qui n'est que de l'esclavagisme financier, le tout sans débordement, sous contrôle. Pour finir je ne pouvais m'empêcher de rappeler quelques citations de nos représentants ces derniers jours tant elles dépassent tout ce que nous avions entendu jusqu'à présent. Commençons par notre cher BARROSO et ses plus de 5 000 Mds d'aides en tous genres octroyées aux banques privées européennes ces 4 dernières années qui a fini par lâcher le vilain mot de " Fédération d'états-nations " et a bien souligné ce jour que la BCE ne financerait pas les états (bravo HOLLANDE qui se voyait un jour emprunter à 1% il y a 3 mois encore - On ne pourra pas dire qu'il se sera beaucoup battu). Poursuivons avec OBAMA pour qui sans les trillions lâchés il y aurait des millions de sans emplois en plus. Personnellement j'ai fait un rapide calcul sous le règne Sarkozy et ses 500 Mds envolés entre 2007 et 2012 soit 100 Mds par an ce qui aurait par exemple permis de payer tous nos chomeurs à rien f.outre 35 KE par an durant toute la crise. Et pourtant le nombre de sans emplois n'a cessé d'augmenter. Mais où diable est parti l'argent ? Evaporé... dans de la nouvelle dette, de nouveaux intérêts, du rien... Alors ce tocard de RAJOY inutile de le citer on en aurait pour la vie des rats. Il était une fois un homme d'état... " L'Espagne est solide, son système, ses banques, bla bla bla " ..." Je n'ai pas besoin d'aide "... " Si j'avais besoin d'aide ce serait peanuts "... " Les conditions de financement se durcissent (pourtant j'comprends pas nous n'avons pas besoin d'aide, ah non, c'est bien comme je vous l'ai toujours dit) "... " Nous pensons à peut-être réfléchir à une réunion de travail pour évoquer un éventuel besoin d'aide "... " ALERTE GENER A A A A LE ! "... " Vivement l'open bar de la BCE "... " Quoi c'est ça l'happy funky money hour ? Ca sent l'arnaque on dirait ". Et je terminerai vous vous en doutez avec la crème de la crème (si si on a mieux encore dans le catalogue), du haut vol, le tsar de la semaine du top foutage de gueule, la perle du net politique, Mario MONTI avec son mémorable " Je reconnais avoir aggravé la récession (ah bon on était en récession, pas en pleine reprise ?) mais pour le bien du pays " qui restera à coup sûr dans les an(n)ales c'est la cas de le dire.
Avec l'aimable autorisation de "Black Hole", dont les les fameux coups de gueule sur les fora boursorama sont chaque fois une invitation à nous lever contre l'oligarchie qui nous gouverne !
Ne vous laissez pas faire, demandez des comptes à votre ancien gouvernement "Nouvelle Démocratie" qui a maquillé les comptes de votre pays avec l'aide Goldman Sachs dont Mario DRAGHI, actuel président de la Banque Centrale Européenne, était le vice-président pour l'Europe.
Demandez pourquoi les banques privées en Europe ont eu le droit à plus de 5 500 milliards d'euros d'avantages (prêts à faibles taux, échanges, garanties, rachats, ...) depuis la crise financière de 2008 et continuent à stocker les euros dont elles disposent dans les coffres de la BCE.
Demandez pourquoi vous représentez un risque "systémique" alors que votre PIB ne représente que 2% du PIB de la zone Euro, et avec seulement 350 milliards de dettes (avant le fameux "haircut") alors que la BCE peut en trouver plus de 3 fois plus en 2 mois pour prêter 1000 milliards d'euros aux banques à travers les 2 LTRO.
Demandez pourquoi l'UE n'a pas pris vos entreprises publique avec leurs rendements comme garantie contre un vrai plan de relance (le plan secret "Eureka") pour faire fermer leurs grandes gueules aux agences de notations US qui en savent apparemment plus sur les finances des états de l'Europe que l'Europe elle-même.
Demandez pourquoi à la place on veut brader vos services publics en les vendant à bas prix à des vampires étrangers, à commencer par les banques anglo-saxones.
Demandez à la BCE, à l'UE, à l'Eurogroupe, au Conseil européen, au FESF, ... comment ils ont pu laisser vos taux d'intérêts à 10 ans passer les 30%, et vos taux d'intérêts à 1 passer les 1 500%...
Demandez pourquoi on vous a refusé à la derniè minute un référendum pour pousser votre 1er ministre à la porte lors du G20 de Cannes.
Demandez pourquoi on vous a imposé un gouvernement, sans élections, dirigé par Papademos, ex-vice président de la BCE au moment du maquillage de vos comptes !
Demandez pourquoi on vous impose tant de contraintes alors que les banques privées se voient octroyer des centaines de milliards dans l'espoir qu'elles financeront l'économie.
Demandez que soit faite toute la lumière sur le plan de restructuration de votre dette avec un audit citoyen comme ce fut fait en Bolivie ou dans d'autres pays !
Demandez si les dettes abandonnées par les banques n'ont pas été remplacées par des créances encore plus avantageuses, et garanties de surcroît (lire à ce sujet la façon dont le candidat républicain à l'élection américaine spécule contre vous)
Demandez comment après des années de pseudo régulation, supervision, un problème BANKIA peut passer de "stress test OK " à 23 milliards à trouver puis 40 et peut-être 100.
Demandez aux médias comment ils ont pu laisser croire au reste du monde que les bas salaires grecs (qui supportent l'imposition à la source) pouvaient permettre une évasion fiscale massive vers la Suisse alors que c'est là le résultat des agissements d'une minorité très riche (dont les armateurs, les banquiers, etc, cf
...
Nous sommes avec vous même si une minorité a sali votre honneur.
Demandez des comptes, c'est votre droit.
Avec l'aimable autorisation de "Black Hole", dont les les fameux coups de gueule sur les fora boursorama sont chaque fois une invitation à nous lever contre l'oligarchie qui nous gouverne !
Selon un article paru dans le Wall Street Journal (lire ici), le Crédit Agricole étudie, parmi d'autres scénarios, les modalités de son retrait de Grèce et de sa filiale Emporiki, ainsi que la possibilité de la fusionner avec d'autres banques grecques en cas de sortie du pays de la zone euro, rapporte mercredi le Wall Street Journal. Interrogé par l'AFP, Crédit Agricole SA s'est refusé à tout commentaire. Selon le site du quotidien, la banque française envisagerait notamment de fondre Emporiki dans l'union de plusieurs établissement hellènes, héritant d'environ 10% des parts de l'ensemble nouvellement formé. Crédit Agricole songerait également, toujours en cas de changement de devise de la Grèce, de rompre tous ses liens avec Emporiki, pour éviter le risque de contagion...
Bon déjà, on se demande bien pourquoi le 13 juin l'action Crédit Agricole à +3.5% pendant que ses "confrères bancaires" (BNP et Société Générale) sont dans le rouge.. : que les actions des banques finissent mal la journée avec les tensions sur l'Espagne n'étonne personne ! Mais que cet article sur le Crédit Agricole sorte juste après une belle journée pour l'action du groupe sent quand même assez mauvais le délit d'initié.. Il y avait évidemment des gens au courant, on se demande bien ce que fait une fois de plus l'AMF (L'Alliance des Maffieux de la Finance).
Mais au fond ce qui m'interpelle le plus dans cet article et que je nomme donc "la formule magique", c'est la méthode envisagée (fondre Emporiki dans l'union de plusieurs établissements héllènes)..
On prend mettons une dizaine de petites poubelles, on les met dans un gros conteneur, ça fait une poubelle plus grosse, avec des poignées, certes c'est plus pratique pour la vider, mais ça reste une poubelle !
Et c'est exactement sur ce modèle qu'a été monté Bankia, avec des caisses d'épargne régionales.
Ils le font exprès vous croyez ?
Effectivement on connait déjà la suite : une fois cette gigantesque poubelle constituée, on trie les déchets, on refourgue aux états les actifs pourris, et on cède les branches rentables à des intérêts privés.. Exactement ce qu'on fait pour Dexia (90 milliards d'euros de garanties à la charge de l'état français sur les actifs pourris, pendant qu'on vend la branche rentable à un autre établissement).
On nous refait le coup chaque année : on appliquera ensuite le génialissime concept de "Too big to fail" (mais bandes de crétins, avant de tout mettre dans le conteneur, ce n'était pas trop gros pour faire faillite..).
Les apôtres du capitalisme en bafouent les règles les plus élémentaires : les banksters deviennent les plus fanatiques communistes dès qu'ils faut assumer leurs pertes : dans ces cas là, vive la nationalisation des pertes !
pour ceux qui n'ont pas encore compris que depuis le printemps 2010, il s'agit de focaliser sur l'Europe pour tenter de masquer la crise du dollar et les problèmes américains :
Les US et surtout ceux qui les pilotent à savoir la haute finance de WS veulent absolument conserver leur leadership sur la planète, sans avoir à faire la moindre réforme sur leur système qui est pourtant à la base des crises à répétitions depuis 10 ans.
Dès lors, à chaque fois que quelques doutes planent sur la solidité de la (sic) "reprise US", hop on met l'accent sur l'Europe.
ça s'est vérifié avec les 1ers épisodes grecs d'avril à juin 2010 alors que toutes les stats US étaient mauvaises, ce qui a ensuite permis à B2 de balancer son QE3..
A l'automne 2010
c'était le scandale du foreclosure gate (enterré depuis) qui menaçait de faire sauter les banques US et on nous a donc sorti l'Irlande.
A l'hiver 2011
les banques US étaient toujours très largement chargées en CDS sur dettes US (en tant qu’émetteur), il a donc fallu activer de nouveau le bras armé à savoir le FMI (qui n'a fait que semer la misère partout où il est intervenu depuis 30 ans), cette fois sur le portugal.
Pendant ce temps la fameuse réforme de WS accouchait d'une souris, et le lobbying des banques US avait joué à fond contre toute régulation. B2 continuait d'arroser la planète de faux dollars, le CME sauvait in extremis JP Morgan de ses postions short sur le silver en changeant les règles sur les déposit, etc..
Arrive l'été 2011
et la nouvelle tragédie grecque.. il faut evidemment une fois de plus détourner l'attention de la degradation de la note US..
A l'automne 2011
on a carrément Tim Geithner qui vient s'imposer à des réunions européennes pour nous donner des leçons, pendant que la FED lance une fois de plus un programme pour ses actionnaires de banques, à savoir l'opération twist.
Draghi et ses sbires, pilotés par WS et le FMI, prennent les commandes en europe et appliquent les mêmes recettes, 2 LTRO et 1000 milliards fournies aux banques, et de janvier à mars 2012 on surfe sur la méthode US..
Et voilà finalement que depuis mai 2012
les stats US sont de nouveaux en berne, notamment sur le chomage.. et les élections s'approchent à grands pas, Oblabla ne veut pas perdre en novembre.
Est venu par dessus ça la parfaite démonstration de l'absence totale de réforme du système US avec les pertes de JP Morgan.
N'oublions pas non plus que se posera de nouveau cet été le pb du plafond de la dette US..
Alors on pilote tout ça : on va appliquer en Europe les memes recettes, à savoir injecter dans les banques, encore et toujours, et cette fois c'est l'espagne..
Oblabla recommence avec ses remarques déplacées sur l'Europe histoire d'expliquer aux américains que si les US rechutent ce n'est pas de sa faute mais à cause de la crise en zone euro.
"Les européens n'ont pas fait assez".. etc..
Bernanke déclare au congrès jeudi 7/06/2012 que "Europe’s debt crisis poses significant risks to the U.S. financial system and the economy.
Ben voyons, effectivement, c'est de la faute de l'Europe si les US croulent sous des milliers de milliards de dettes..
Et comme pour annoncer les décisions qui vont être prises sur une aide aux banques espagnoles, le SP500 a signé la semaine du 4 juin 2012 sa plus forte hausse (3.7%) depuis décembre..
Toujours pas le moindre dirigeant européen pour oser leur répondre de s'occuper de LEUR dette, des 1000 milliards de crédits étudiants, des 46 millions d'américains qui ne peuvent se nourrir que grace à un ticket fourni par l'état..
Ce n'est pas de l'anti américanisme primaire car de très nombreux américains sont les 1eres victimes de cette gigantesque escroquerie mondiale !
L'Europe n'est pas le 51ème état américain, et nous n'avons pas d'ordre à recevoir messieurs les banksters !
De plus en plus de milliardaires, de plus en plus riches, de plus en
plus issus des pays émergents. C'était la conclusion du classement
Forbes en 2012, c'est également celle du rapport annuel sur la richesse
dans le monde du cabinet Boston Consulting
Group, publié jeudi 31 mai. En 2011, la fortune des particuliers a
atteint quelque 122 800 milliards de dollars (98 728 milliards d'euros),
soit une hausse de 1,9 % par rapport à 2010.
Cependant, ce chiffre est bien moins élevé que les années précédentes
(+ 6,9 % en 2010 et + 9,6 % en 2009), en raison de la crise économique
en Europe et aux Etats-Unis ainsi que la morosité des marchés des actions. C'est également dans ces régions, mais aussi au Japon,
que le surendettement des finances publiques ont clairement affecté les
plus riches dans ces régions, qui ont enregistré un recul de leur
fortune.
LES BRICS, MOTEURS DE RICHESSE
A l'opposé, l'Asie, l'Amérique latine et l'Europe de l'Est ont vu la fortune de leurs millionnaires augmenter considérablement. Dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la fortune des riches a ainsi progressé de 18,5 % l'année dernière. "La croissance mondiale de la fortune privée est clairement tirée par les économies en croissance rapide du 'nouveau monde'', indique le Boston Consulting Group. Relativement à leur nombre d'habitants, ce sont Singapour, le Qatar et le Koweït qui affichent le nombre le plus important de millionnaires.
Concernant les fortunes supérieures à 100 millions de dollars, le plus grand nombre d'entre elles sont hébergées en Suisse, à Singapour et en Autriche,
toujours relativement à leur population. Et cette tendance n'est pas
près de s'arrêter, puisque les avoirs des plus riches doivent croître
annuellement de 4 % à 5 % sur les cinq prochaines années pour atteindre 150 000 milliards de dollars d'ici la fin 2016.
LA FINANCE "OFFSHORE" CONFORTÉE
L'accroissement de la richesse continue de soutenir la demande en centres financiers "offshore"
(argent placé hors du pays de résidence), qui a augmenté de 2,7 % à 7
800 milliards de dollars - et ce malgré la pression internationale pour mettre un terme à cette pratique. "Cette hausse a été provoquée en partie par des investisseurs de pays politiquement instables en quête de lieux sûrs", selon les analystes du Boston Consulting Group.
Pourtant, dans le courant de la crise financière de 2008, l'Union européenne et les Etats-Unis ont attaqué des centres financiers comme la Suisse, Monaco, l'Andorre et le Liechtenstein pour leur pratique du secret bancaire.
Sous la pression de l'Union européenne et des Etats-Unis, ces pays
ont depuis amélioré la transparence de leur système bancaire. Même la
Suisse - premier centre offshore au niveau mondial, avec 2 100 milliards
de dollars d'avoirs étrangers - a consenti à faire des efforts, en signant des accords fiscaux avec le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Autriche
pour régulariser les avoirs issus de l'évasion fiscale. Cependant, une
dizaine de banques suisses sont actuellement sous la vigilance de
Washington.
LA SUISSE TOUJOURS PREMIÈRE
Cette menace sur les centres offshore traditionnels a toutefois été
profitable à Hongkong et Singapour, qui ont enregistré une hausse des
avoirs étrangers, atteignant l'année dernière 1 000 milliards de
dollars.
De leur côté, les centres offshore des Caraïbes et le Panama ont,
grâce à leur proximité avec les Etats-Unis, attiré pour 1 000 milliards
de dollars d'avoirs, principalement en provenance de l'Amérique du Nord.
Quant au Royaume-Uni - pourtant en guerre contre l'évasion fiscale -, il a vu ses avoirs progresser à 900 milliards, surtout en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique.
Pas de quoi, pour autant, détrôner la Suisse. Selon le Boston Consulting Group, le pays va encore demeurer
pendant plusieurs années la plus importante place financière offshore
au monde, profitant des afflux en provenance des pays émergents. Mais
Hongkong et Singapour pourraient bien dépasser la Confédération d'ici
quinze à vingt ans.
Mario Draghi, actuel patron de la Banque Centrale Européenne, fut vice président Europe de 2002 à 2005 de Goldman Sachs. Rappelons que cette banque d'affaire américaine a conseillé (contre rémunération) le gouvernement grec dans ses montages qui lui ont permis de tricher pour entrer dans l'Euro. Je ne m'étends pas ici sur le rôle joué par cette banque dans la crise financière mondiale de 2008, elle qui vendait des "subprimes" à ses clients tout en pariant sur la chute de ces produits.. Ce monsieur explique qu'il n'était pas encore dans la banque lors du montage.. Mais ce même Mario Draghi fut également gouverneur de la banque d'Italie dans les années 90 et a à ce titre mené des opérations avec des banques d'affaires américaines pour "réduire" le coût de la dette publique italienne...
Mario Monti fut "international advisor" à partir de 2005 pour Goldman Sachs. Depuis 2010, il est aussi président de la section Europe à la Commission Trilatérale. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg : on ne sait pas s'il a abandonné ces 2 fonctions lorsqu'il est devenu 1er ministre italien à l'automne dernier.
Corrado Passera, patron d'Intesa Sanpaolo, la deuxième banque d'Italie, est nommé au poste de ministre du Développement économique, des Infrastructures et des Transports par Mario Monti.
Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l’Espagne et le Portugal de 2006 à 2008, est nommé au poste de ministre de l’Economie en Espagne par Mariano Rajoy.
Peter Sutherland, irlandais, ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande.
Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012.
Lucas Papademos fut gouverneur de la banque de Grèce de 1994 à 2002 et ne pouvait donc rien ignorer des trucages des comptes de son pays, puis il fut vice président de la Banque Centrale Européenne jusqu'en 2010 et a donc été parfaitement informé de tous les montages abracadabrants et de tous les sauvetages de banques effectués en Europe depuis la crise financière de 2008.
En 2005, Goldman Sachs revend une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par Petros Christodoulos... qui était trader chez GS en 1987 à Londes.. Ce monsieur a été nommé en février 2010 responsable de l'organisme gérant la dette grecque.
Mark Patterson, un ancien lobbyiste de la banque Goldman Sachs, est le principal conseiller de Timothy Geithner... Rappelons que ce dernier était à la FED de New York lors du fameux plan "Paulson" pour sauver les banques US en 2008.. (Paulson, qui, avant d'être secrétaire d'état au trésor, fut le boss de GS)
Gary Gensler, dix-huit ans chez Goldman Sachs, préside le gendarme des marchés dérivés (CFTC) aux USA..
M.Dimon, patron de JP Morgan Chase, qui vient de se distinguer par des opérations foireuse sur des "dérivés de crédit" pour un coup de 2 à 5 milliards pour la banque qu'il dirige, siège au CA de la Fed de New York..
Pour couronner le tout, on a des gens comme Christine Lagarde, qui après nous avoir conseillé de prendre le vélo lorsqu'elle était ministre des finances pour économiser sur le prix de l'essence, déclare ce week-end que les grecs feraient mieux de payer leurs impôts..
Rappelons d'une part que les prélèvements en Grèce sont d'environ 40.7% du PIB, c'est certes inférieur aux prélèvements français (48.9%) ou allemands (44%), mais c'est supérieur au niveau de prélèvements du Luxembourg, de la Suisse, de l'Irlande, de l'Espagne, etc..
Et puis surtout, sachant qu'elle émarge à 380 939 euros en tant que directrice générale du FMI, elle ne paie elle même aucun impôt sur le revenu.. : elle a encore perdu une occasion de se taire, il va falloir faire un best of avec ses déclarations, elle doit tenir la palme !
On a donc aux principales manettes dans le monde occidental des gens qui ont travaillé des années à créer la crise que nous traversons : sont ils les mieux placés pour la résoudre ?
Il faut reconnaître que la précipitation à vouloir faire adopter le MES (Mécanisme Européen de Stabilité - qui doit succéder au FESF), qui exonère de toute responsabilité judiciaire ses dirigeants, est assez opportun ...
NEW-YORK - Rien n'illustre mieux les divergences politiques, la présence d'intérêts particuliers et les considérations économiques à court terme à l'œuvre en Europe que le débat sur la restructuration de la dette souveraine de la Grèce. L'Allemagne veut une restructuration en profondeur - une réduction d'au moins 50% de la dette pour les détenteurs d'obligations - alors que la Banque centrale européenne demande à ce que la restructuration se fasse sur la base du volontariat.
Dans le temps (je pense à la crise de la dette latino-américaine des années 1980), on pouvait obtenir facilement un crédit, en général d'une grande banque, souvent avec le soutien ou grâce à la pression exercée par l'Etat et les régulateurs qui voulaient le moins d'accrocs possible. Mais avec la titrisation des dettes, il y a de plus en plus de prêteurs - en particulier des fonds spéculatifs et d'autres investisseurs qui échappent pour l'essentiel à l'influence de l'Etat et des régulateurs.
Par ailleurs, "l'innovation" dans les marchés financiers a permis aux détenteurs de titres de s'assurer, autrement dit de participer, mais sans prendre de risque. Ils ont des intérêts à défendre : ils veulent faire jouer leur assurance, et il faut pour cela que la restructuration soit considérée comme un incident de crédit équivalent à un défaut de paiement. Or la position de la BCE en faveur d'une restructuration "volontaire" - autrement dit qui ne soit pas assimilable à un incident de crédit - est contraire à leur intérêt. Il est paradoxal que les régulateurs aient autorisé la création d'un système aussi dysfonctionnel.
La position de la BCE est curieuse. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banques achètent une assurance. Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité systémique veille en principe à ce que l'assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques perdent plus de 50% sur les obligations qu'elles détiennent, sans être dédommagées.
On peut avancer trois explications à la position de la BCE, mais aucune n'est en faveur de cette institution ou de sa politique de régulation et de supervision. La première est que les banques ne se sont pas assurées et que certaines ont adopté des positions spéculatives. La seconde est que la BCE sait que le système financier manque de transparence et que les investisseurs ne peuvent évaluer les conséquences d'un défaut involontaire - ce qui pourrait entraîner un gel des marchés du crédit, ainsi que cela s'est passé après l'effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008. Enfin, la BCE essaye peut-être de protéger les quelques banques qui ont émis les contrats d'assurance.
Aucune de ces explications ne justifie son opposition à une restructuration en profondeur qui soit imposée à la dette de la Grèce. Elle aurait pu exiger plus de transparence - l'une des grandes leçons de 2008. Les régulateurs n'auraient pas dû laisser les banques spéculer et exiger au minimum qu'elles achètent une assurance et par la suite imposer une restructuration qui leurs aurait permis de toucher les indemnités liées à l'assurance.
Il n'y a guère d'éléments qui laissent à penser qu'une restructuration en profondeur soit plus traumatique si elle est imposée. En voulant à tout prix qu'elle soit volontaire, la BCE essaye peut-être de limiter la part de la dette qui va être restructurée ; mais dans ce cas elle fait passer les intérêts des banques avant ceux de la Grèce pour laquelle une restructuration en profondeur est nécessaire pour sortir de la crise. En réalité la BCE fait probablement passer l'intérêt des quelques banques qui ont émis des CDS (assurance contre le risque de défaillance d'un crédit) avant celui de la Grèce, des contribuables européens et des prêteurs qui ont agi prudemment en s'assurant.
Enfin, dernière étrangeté, l'opposition de la BCE à une gouvernance démocratique. C'est un comité secret de l'Association internationale des swaps et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision. Selon la presse, certains d'entre eux utiliseraient leur position pour défendre une attitude plus accommodante au cours des négociations. Il paraît inconcevable que la BCE délègue à un comité secret d'acteurs du marché en situation de conflit d'intérêts le droit de décider ce qu'est une restructuration acceptable.
Seul un argument parait - au moins à première vue - privilégier l'intérêt général : une restructuration imposée pourrait aboutir à une contagion financière, avec comme conséquence une hausse importante et peut-être prohibitive du coût du crédit pour les grandes économies de la zone euro comme l'Italie, l'Espagne et même la France. Cela conduit à la question suivante : si elles sont réalisées dans les mêmes proportions, pourquoi une restructuration imposée produirait-elle une contagion pire que si elle était volontaire ? Si le système bancaire était bien régulé, les banques détentrices de dettes souveraines étant assurées, une restructuration imposée serait moins perturbatrice pour les marchés financiers.
On pourrait dire que si la Grèce s'en tire avec une restructuration imposée, d'autres pourraient être tentés de suivre son exemple. Mais craignant cela, les marchés financiers augmenteraient instantanément les taux d'intérêt sur les autres pays - petits et grands - de la zone euro.
Les pays à risque n'ayant déjà plus accès aux marchés financiers, une réaction de panique aurait des conséquences limitées. Il est vrai que d'autres pourraient imiter la Grèce si cette dernière s'en tirait mieux avec une restructuration que sans, mais c'est quelque chose dont tout le monde a conscience.
Le comportement de la BCE n'est pas surprenant. Ainsi qu'on le voit ailleurs, les institutions qui n'ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d'intérêts particuliers. C'était vrai avant 2008. Malheureusement pour l'Europe et pour l'économie mondiale, le problème n'a pas été résolu depuis.
Joseph Stiglitz est prix Nobel d'économie et professeur à l'université de Colombia à New-York. Il a écrit un livre intitulé Le triomphe de la cupidité.
Copyright: Project Syndicate, 2012.
www.project-syndicate.org
Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz
La BCE initie donc ce jour des prêts "illimités" à 3 ans pour les banques.
Après les 140 milliards prêtés hier pour 1 jour (la crise de liquidités est telle que les banques ont besoin de tant de milliards pour un seul petit jour ?), et après les 50 milliards de dollars prêtés il y a 10 jours suite à "l'intervention coordonnées des banques centrales", ce sont donc 489 milliards d'euros prêtés ce jour par la BCE à 523 établissements, pour 3 ans, à un taux dérisoire... Une sorte de "QE" (Quantitative Easing) qui ne dit pas son nom, après avoir tant critiqué cette méthode utilisée par la FED.
Une petite rétrospective sur le mois qui s'est écoulé m'a semblé nécessaire..
L'allemagne a refusé la planche à billets, c'est à dire la pure création monétaire par le rachat direct et massif de dettes souveraines par la BCE.
Morceaux choisis :
22/11 : l'espagne émet pour 2,978 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois aux taux respectifs de 5.11% et 5,227% (le double des taux d'octobre)
29/11 : L'Italie place 7,5 milliards d'euros de papier à trois ans au taux record de 7,89% après 4,93% en octobre
14/12 : L'Italie place 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans au taux de 6,47% (contre 6,29% lors de la précédente opération similaire en novembre.)
Prenez la liste de toutes les émissions effectuées sur octobre / novembre et décembre et faites la somme des milliards..
Prenez en compte dans ce contexte l'obligation faites aux banques d'atteindre 9% de ratio Tier1 au printemps, et des cours en chute de 50 à 60% depuis le début de l'année : impensable pour elles de faire des AK à ces niveaux.. donc pour réduire le levier, on peut soit augmenter les fonds propres soit diminuer le bilan..
21 décembre : open bar à la BCE, les banques apportent leurs "garanties" au guichet (dettes d'état entre autres) et repartent avec des valises de billets tous neufs, prêtés à un taux tres faible.
523 établissements repartent avec 489 190 milliards.
Je suis banquier, j'apporte en garantie 7.5 milliards d'obligs italiennes à 7.9%, je les planque au fond du coffre de la BCE, et je repars avec 7.5 milliards de billets tous neufs à 1%
Pendant 3 ans je vais faire mumuse en distribuant du crédit aux entreprises (avec des agios à 8 ou 15% sur les fins de mois et du factoring à 4% mini), je vais distribuer du credit revolving à 18% aux particuliers, je vais faire mumuse sur les marchés financiers (MP, dérivés, etc..)
Si je ne suis pas trop mauvais je ferai une super culbute et quand je rapporterai mes 7.5 milliards à la BCE en fait j'en aurai mis de coté 50% dans mes bonus, et je récupérerai mes obligs italiennes données en consigne tout en touchant les 7.9% x 3..
Au passage, en juin 2012 quand on regardera mon bilan et mon ratio j'aurais ni vu ni connu passé le test puisque débarrassé de ce qui se voyait trop.
Et si entre temps l'italie fait défaut de 50%, ce n'est pas pour ma pomme puisque j'ai donné mon papier à la BCE en garantie, donc c'est elle qui prend la perte..
Le bonheur, je vous dis, le bonheur... car évidemment on ne m'a absolument rien demandé en contre partie, aucune réforme, aucune régulation..
06/12/2011 : S&P place sous surveillance négative le FESF, vous savez le truc génial annoncé en mai 2010 qui devait sauver la Grèce (mais en fait depuis elle a coulé), puis, selon le sommet du 27/10/2011, qui devait voir sa "puissance de feu" multiplié par 4 au point de "sauver le monde".
Cette mise sous surveillance négative est la conséquence de la mise sous surveillance des principaux pays contributeurs..
Rappelons que le "Fonds Europeen de Secours Financier" n'est qu'une espèce de machin dans lequel abondent les pays européens, tous endettés, et auquel on veut ensuite appliquer un effet magique de levier comme pour une banque : on dépose 100 en garantie ce qui permet ensuite d'emprunter 400 ou 600 ou plus, pour le prêter à ceux qui ont déposer les 100 d'origine parce qu'en fait ils ne les avaient pas.. Sans rire !
En effet, pour sauver les états européens ayant des difficultés d'accès aux "marchés" à des taux raisonnables (Grèce, Irlande, Portugal... ), l'Europe avait donc inventé une coquille vide, le FESF.
On y dépose 440 milliards que nous n'avons pas, on en prête à la Grèce, au Portugal, à l'Irlande, et il ne reste déja plus que 250.. un peu juste si nous devions sauver l'Espagne ou l'Italie.
Ce "machin" doit donc emprunter sur les marchés les montants dont il a besoin, les apports des états n'étant que des "garanties"...
Mais comme le FESF est "garanti" par des états eux mêmes surendettés, les taux auxquels a et aura accès le FESF seront de plus en plus élevés... pour reprêter donc, pas à perte, à des taux également de plus en plus élevés..
Intelligent, il fallait y penser, ça permet de rémunérer au passage quelques copains "intermédiaires"..
Bref, le machin vide n'ayant plus aucune utilité, on va avancer la création d'un autre montage, tout aussi vide, mais on change le nom pour essayer..
le MES.. le Mécanisme Européen de Stabilité.. qui pourrait même voir le jour un an plus tôt que prévu, avant la mort de son petit frère le FESF..
Combien de technocrates ont ont participé à ce cirque ?
Qui croit que ça peut marcher ? personne évidemment..
Et le pire, c'est qu'au final la BCE n'achète toujours pas la dette des pays en difficulté, et en attendant que tout ce bazar improbable fonctionne, on a encore trouvé pire : on va prêter 200 milliards au FMI qui pourra les reprêter aux états, en se chargeant bien entendu d'envoyer leurs inspecteurs vérifier si les bonnes réformes sont faites en échanges des prêts.
Les bonnes réformes ? bah oui forcément, celles qui correspondent au "consensus de Washington", à savoir la même logique que celle qui, appliquée partout depuis 30 ou 40 ans, détruit à peu près tout au profit de l'oligarchie financière : privatisons routes, hopitaux, ports, aéroports, assurances santé, etc..
Au fait, vous saviez que grâce à notre excellente directrice générale du FMI qui fut au préalable ministre des finances du gouvernement français, Goldman Sachs est devenu distributeur de gaz en France ?