samedi 9 juin 2012

J'ai appelé mon banquier...

Donc si on résume depuis jeudi dernier

Je les revois encore jeudi et vendredi derniers...
  • Vous allez appeler l'aide extérieure ?
  • Que nenni ! Que nenni ! Ah ça non.
  • Mais une conférence téléphonique est prévue ce week-end non ?
  • Meuh non, enfin nous ne sommes pas au courant.
  • Mais le FESF et le MES ne peuvent pas prêter aux banques n'est-ce pas ?
  • En principe non.
  • Votre demande d'aide officielle est imminente.
  • Que nenni ! Que nenni !
Quels bouffons. Peuvent pas dire clairement ce qui nous pend au nez non ?
On voit bien qu'ils ne jouent pas avec leur pognon.

Du coup j'ai décidé d'appeler mon banquier car tout cela m'avait donné quelques idées...

- Bonjour Monsieur le banquier.

- Bonjour Monsieur. Dîtes-moi ça tombe bien que vous appeliez car vos investissements immobiliers sont une catastrophe, pas de locataires, prix en chute libre du fait de leur situation géographique, il va falloir faire des choix, vendre à pertes ou vendre vos biens hypothéqués si vous n'avez pas les ressources suffisantes pour rembourser vos échéances.

- Mais je ne peux pas avoir un prêt préférentiel comme les banques espagnoles qui ont fait de mauvais investissements aussi ?!?

- Ah non, la prise en charge des mauvais investissements par le public est réservé aux banques !

- Ah... mais Barnier disait encore la semaine dernière, je cite

" Nous ne voulons plus que les contribuables paient, les banques doivent payer pour les banques", a insisté le commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier en présentant une proposition législative en ce sens au cours d'une conférence de presse. Il s'agit de "casser le lien entre les crises bancaires et les finances publiques", a-t-il expliqué.

- Tout à fait mais si vous lisez bien il a également parlé de mesures d'urgence, le bla bla auquel vous faîtes référence c'est pour plus tard.

- Bon... et donc ce prêt qui n'est pas tout à fait un prêt, qui entre dans la dette de l'état mais qui n'est pas un nouvel emprunt d'état et n'a aucune conséquence sur le déficit (ah tiens, on peut avoir la formule de calcul juste par curiosité) et qui va se faire un peu via le FESF et un peu via le MES on ne sait pas encore trop, dont le montant de 23 Mds s'est mué en 40 voire 2,5 fois plus avec toujours cet argent qui sort toujours d'on ne sait où et dont Rajoy a déclaré ce week-end ne pas en avoir mesuré tous les effets, ce plan doit sauver la zone euro ? Et les PME ? Et les investissements d'avenir, les vrais ?


SUPER CONTRIBUABLE A LA RESCOUSSE (encore) !

Black Hole, nouveau billet d'humeur sur le forum de boursorama 

vendredi 8 juin 2012

La machine à l'envers...


Voici ma toute première intervention...à propos d'une méthode TOTALEMENT INJUSTE et ANTI-ECONOMIQUE, bien sûr !...


J'ai nommé cette...folie...





...LA MACHINE A L'ENVERS...



Que comprendre au travers de ce titre?...

Une fiction...? Un vol dos mal négocié...? Une pensée de notre chère Mère Denis, ou peut-être la folie passagère d'un mécano au cerveau agité ???...





Hélas non...

Simplement la triste réalité d'une monstrueuse injustice "manipulée" peut-être sans arrières pensées (espoir, quand tu nous tiens !...) mais amenée naturellement dans l'économie sans réflexion sur l'aboutissement final...



Car lorsque l'on ne veut pas voir plus loin que le bout de son nez, on dit que tout est bien, et qu'il n'y a pas de raison de changer l'ordre établi ...

Explication de cette...folie:

Trois catégories de Français sont concernées...
  • Le "Français social" nécessite des logements à loyers modérés...
    • L'Etat décida, par exemple, en janvier 2010 de débloquer 4.7 Milliards d'€ sur cinq ans...
  • Le "Français moyen" aimerait bien faire construire, mais en raison du prix du foncier, il serait obligé d'emprunter sur 30 ans sans espoir d'évolution, avec un pouvoir d'achat laminé au plus près et le risque de tout perdre durant cette période...Il ne construira donc pas...
    • Foncier trop cher
  • Le "Français aisé" dont la fiscalité est importante trouve dans la Loi Scellier l'opportunité idéale...Une défiscalisation et des locataires rêvés (le précédent ménage, bien sûr !...)
    • Défiscalisation maximale et investissement payé par le locataire...

Conclusion de cette "Machine à l'envers":

  • Le "Français moyen" paiera pour les 4.7mrds d'investissements pour loger le "Français social"...
  • Le "Français moyen" paiera également pour la défiscalisation du "Français aisé" sans jamais pouvoir créer son coin de rêve...
    • Bref, il paie pour les deux autres et n'a rien à lui !
  • Le "Français social" aura son logement, n'apportera pas de pouvoir d'achat à la collectivité et coûtera même en raison de certains mois difficiles. (mais il ne faut pas leur en vouloir bien sûr, au moins, il sera au chaud!)
  • Le "Français aisé" défiscalisera et, en fin de plan de défiscalisation, pourra revendre, n'aura pas été contributeur par ses impôts, et se retrouvera avec un joli magot payé par le "Français moyen" !...

C.Q.F.D...?

Pour info, l'ordre correct serait, bien sûr:
  1. Le "Français social" bénéficie d'un logement car le "Français moyen" aura construit avec un prêt intéressant sur un terrain d'une surface minimale de 1200m2 .../... afin de développer les GMS (grandes et moyennes Surfaces spécialisées...Bricolage, horticulture, etc...) et le marché de l'écologie...
  2. Le "Français aisé" se voit proposer une défiscalisation sur ses investissements à moyen et long terme (MT et LT) dans nos entreprises !...

C.Q.F.D...!

C'est ma fameuse "machine à l'envers"


TROUVEZ L'ERREUR ! ...

Hélas.. Si ce principe ne s'appliquait qu'à l'immobilier !

Imaginez ces panneaux photovoltaïques achetés à bas pris à l'Allemagne ou la Chine et revendus avec une marge d'au moins 10x à l'aide du plan écolo du gouvernement ...
Le "Français aisé se sera vu offrir la possibilité de s'équiper GRATUITEMENT de panneaux qui lui fourniront de l'énergie GRATUITE après 12 ANS sans payer aucun investissement, allant même jusqu'à lui rapporter une compensation...! L'ensemble PAYE PAR L'IMPÔT !!!
Et tout "investissement" est ainsi manipulé pour faire croire que la France avance !...Alors que seul le Français aisé avance !!!

Dois-je continuer ?...

Non, pas la peine...Vous aurez compris, je pense, que le bon sens nécessite l'intérêt de tous, et pas seulement celui des "créateurs de machines, à l'endroit comme à l'envers"...Nos créateurs de Lois dans la Grande Cour d'Ecole !...

Une dernière petite pensée transformée par...ma pomme:

Le "politique" n'a pas le monopole de l'idée !

(Merci SaInternet qui donne à notre clavier l'accès à la parole...Et merci à l'excellent Darkpool pour son espace dédié...!)

Log, comme Logique !...

jeudi 7 juin 2012

Le pipo sur les banques espagnoles..

On a donc pu découvrir ce matin un article dans la presse qui titrait :
"Le FMI chiffre de 40 à 80 milliards d'euros le sauvetage des banques espagnoles".
Dans un quotidien espagnol, on pouvait également lire :
Le premier scénario tient compte de la situation actuelle et prévoit des besoins de 40 milliards de dollars destinés à un groupe de 10 banques dont Bankia, que l'Etat espagnol entend sauver avec une aide historique de plus de 23 milliards d'euros.

Le deuxième scénario envisage une situation beaucoup plus tendue, en cas notamment de forte récession, et qui impliquerait un besoin de 80 milliards d'euros pour sauver le système financier espagnol mais que les sources interrogées par le journal jugent "irréelles.

Un peu plus loin dans l'article, on découvrait :
Les analystes chiffrent la facture à entre 60 et 200 milliards d'euros, mais le ministre espagnol du Budget a assuré mardi que le chiffre ne serait "pas très élevé".

Bon alors recadrons tout cela..

D'abord si le ministre du budget est aussi crédible que Christine Lagarde lorsqu'elle était ministre des finances,  on sait d'avance à quoi s'en tenir..
Et si le FMI est aussi efficace en Espagne que partout où il a agit en semant sa politique basée sur le "Consensus de Washington", on sait d'avance que cela finira mal... 

Un autre rappel sur le sérieux des diagnostiques des "autorités compétentes" : 
N'oublions pasqu'en juillet 2011 Dexia passait avec succès les stress tests et que début septembre de la même année, il fallait un 2eme plan de sauvetage en 3 ans, alors les prévisions de ces gens là...

Petit calcul personnel :

Il y a actuellement 3 millions de logements neufs vides en Espagne, sans compter ceux qui ont été vendus mais dont les acquéreurs sont de plus en plus nombreux à ne plus pouvoir rembourser.
Les banques espagnoles ont financé la construction de ces logements auprès des promoteurs..
Imaginons un prix moyen de 100 000 euros (terrain compris, le foncier a évidemment explosé pendant la bulle).

Donc, 3 millions x 100 000 euros... = 300 milliards d'euros.. 
Evidemment si on prend un prix unitaire de 150 000 euros, la facture monte à 450 milliards !
Et encore, ça n'est que pour les banques, il faudra aussi renflouer les régions pour une somme équivalente..
On va donc commencer par les tapas de l'apéro, 40 ou 50 milliards, et dans 3 mois on nous annoncera la facture finale, sauf qu'on aura déja injecté les premiers milliards donc on nous expliquera qu'on ne peut plus faire machine arrière..

Juste pour rire, un petit aperçu de ce qu'on nous raconte sur les banques espagnoles ces 2 dernières années :

il n'y a pas si longtemps, on a pris des caisses d'épargne régionales espagnoles en faillite, on a tout mis dans un truc appelé "bankia", on a placé un ex DG du Fmi à la direction de cette entreprise pour piloter le Titanic et on a même osé l'introduire en bourse..

Résultat : un an après on nous dit qu'il faut 3.5 milliards pour sauver ce champ de ruines.. c'était il y a quelques semaines.
Puis il a fallu ajouter 19 milliards pour un total approximatif de 23 milliards pour le "plus gros sauvetage de l'histoire pour une banque espagnole", tout ça uniquement Bankia :

dites moi il a vachement bien fait son boulot le gars.. bon ok il a quand meme fini par démissioner.. je ne pense pas qu'il ait rendu sa rémunération.. "c'est le prix de la responsabilité" dira t'il sans doute... un peu comme celui qui a piloté le sauvetage de Dexia..

Donc vous avez bien suivi, on est parti de 3 milliards, puis 23 pour une seule banque, et maintenant on nous parle de 40 à 80 pour l'ensemble des banques de ce pays pendant que d'autres évoquent 60 à 200 milliards.. Surement encore des "too big to fail"...

Bref, que du n'importe quoi, personne ne sait vraiment chiffrer.. 

Fitch vient de dégrader la note de l'Espagne de 3 crans... mais bon, les agences qui notaient AAA les CDO américains bourrés de subprimes, vous savez ce que j'en pense... Ils ont dû avoir une petite commande de leurs amis banquiers américains qui avaient des CDS sur la dette espagnole à faire fructifier..

Que va t'on faire de ce bazar :

évidemment  on va comme partout depuis l'effondrement de Lehman Brothers  demander aux états de renflouer ces pauvres banques.. et ainsi accroitre encore la dette du pays, qui se fera de nouveau dégrader.. vous connaissez le cercle vicieux..
Souvenez vous des 300 milliards d'actifs pourris de Citi repris par le gouvernement US, souvenez vous des milliers de milliards injectés par la FED (on ne sait toujours rien des 9000 milliards qui se sont évaporés du bilan).

L'incompétence à son apogée, la connivence des politiques.. et une cible : les populations

Que tous ces gens se taisent, ils ne sont que dans la gestion de la communication  vis à vis de l'opinion, remettant toujours au plus tard possible les décisions qui auraient du être prises depuis 4 ans, tout ça pour permettre à leurs copains d'avoir le temps de planquer ce qui leur reste (cf le transfert en Suisse et au Luxembourg des milliards fournis aux banques grecques)..

Qu'est ce que c'est que cette nouvelle méthode magique qui consiste à croire qu'on va résoudre le problème en mettant des actifs pourris dans une structure toujours plus grande comme dans une poubelle que l'on arrete pas de remplir en cherchant un conteneur toujours plus grand.

Comme si avec 24% de chomage le marché immobilier espagnol avait la moindre chance de s'améliorer.. Or la situation des banques espagnoles est totalement dépendante de ce marché.. quand on voit les US et les prix immobiliers qui sont quasiment sur les planchers de 2009, ce n'est pas demain la veille que le marché immobilier espagnol va se redresser.. et si ça perd encore 10 à 20% (ce qui ne manquera pas d'arriver dès l'application de mesures d'austérité en échange d'une aide quelconque), la spirale sur les banques espagnoles n'est pas prête de s'inverser.

Que faut il exiger :

Que ces mesdames et messieurs du FMI, messieurs les ministres des finances SE TAISENT, on n'en peut plus d'entendre leurs conneries depuis 4 ans.
Il faut purger ce système : puisque ces messieurs sont des capitalistes convaincus, laissons faire faillite les établissements qui sont en situation de faillite, cessons de nationaliser les pertes, le système ne peut pas s'assainir autrement.


Les secrétaires américains au Trésor sur 30 ans

Un "secrétaire américain au trésor", c'est pour faire simple le "ministre des finances" du gouvernement américain.

A l'heure où l'actuel secrétaire Timothy Geithner vient de finir sa tournée en Europe juste au moment du sommet européen de Bruxelles qui était censé proposer des solutions à la crise de la dette (et souvenons nous que le même Geithner était déjà venu s'imposer en septembre en Pologne, alors qu'il n'était pas invité), il m'a semblé utile de vous livrer un petit récapitulatif des personnages qui ont occupé ce poste depuis les années 80.

Vous en déduirez peut-être un anti-américanisme primaire, cependant est-ce que nos ministres des finances européens vont faire de l'ingérence dans les réunion de la Banque Fédérale (FED) ou dans les débats démocrates / républicains sur le moyen de réduire la dette américaine ?

Il s'agit d'une mise sous tutelle qui n'a qu'un seul but, clairement exprimé par l'intéressé lui-même:

"J'ai souligné à quel point il est important pour les Etats-Unis et le reste du monde que l'Europe réussisse", a déclaré le secrétaire américain au Trésor au cours de l'étape parisienne de sa tournée européenne.

Et "je suis confiant dans le fait qu'elle réussira", a ajouté Timothy Geithner, à l'issue d'un petit-déjeuner de travail avec le ministre français des Finances François Baroin.

Il s'agit en effet d'éviter par tous les moyens possibles et imaginables que le système ne s'effondre d'ici novembre 2012, date de la possible réélection de Barack Obama..

Avons nous collectivement oublié que la crise a démarré aux USA avec l'effondrement du marché immobilier, des subprimes et de Lehman Brothers ?

Je m'égare du sujet originel de ce message tant j'ai été choqué par la présence de ce monsieur, alors que justement je souhaitais replacer en perspective la nuisance absolue de ces apprentis sorciers, totalement complices du système... puisqu'ils en sont issus .

Historique donc :

Le 1er à faire sauter les verrous mis en place pourtant depuis les années 30 après la grande dépression de 1929 est Donald Regan, secrétaire au trésor sous Reagan, et qui fut le plus jeune "partner" chez Merrill Lynch avant d'en devenir le CEO.
Lors de l'intronisation de Regan par Reagan, le discours est clair sur la nécessite de libérer Wall Street de toute contrainte : "l'innovation financière est un bienfait pour tous" (sic).

Le suivant, Baker est peut être une exception sur cet aspect "lié aux banques", même s'il est influent chez Carlyle.. groupe éminemment opaque s'il en est et qui est très influent au sein du complexe militaro-industriel dont le président Eisenhower, pourtant ancien général des armées, appelait à se méfier lors de son discours de départ de la présidence.

Nicholas Brady qui succède à Baker à ce poste passa 34 ans dans l'industrie bancaire..

Robert Rubin est sans doute le pire puisque c'est sous sa responsabilité que fut organisée la fusion Citicorp / Travelers Group alors que la loi existante, héritée des mesures des années 30 (sur la séparation nécessaire entre les banques de dépôts et les banques dites "d'investissement") aurait du empêcher cette fusion, Rubin réussit à obtenir de Greenspann (alors président de la FED) une "dérogation" pour valider cette fusion, et obtiendra par la suite au congrès une loi rétroactive pour sceller dans le marbre cette fusion, j'ai nommé le fameux Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999.

Que faisait donc ce charmant Rubin avant d'être secrétaire d'état au trésor ?
Il a commencé sa carrière dans la finance en 1996 en tant qu’associé chez Goldman, Sachs & Company, où il est devenu associé général en 1971 et où il a rejoint le comité de gestion en 1980. Entre 1987 et 1990, M. Rubin a été vice-président et co-directeur d’exploitation de ce groupe, et de 1990 à 1992, il en a été co-associé senior et co-président.

Apres son passage au gouvernement, le 26 octobre 1999, il est entré au service de Citigroup et y a occupé les postes de directeur et président du comité exécutif et de membre du Bureau du président. Il touchera plusieurs dizaines de millions de dollars chez Citi jusqu'à la déconfiture de 2008, déconfiture amènera le gouvernement fédéral américain a garantir plus de 300 milliards USD de ses actifs en échange d'une prise de participation dans l'entreprise pour 27 milliards USD. Il faut dire que le secrétaire au trésor en fonction en 2008 pour sauver Citi est un autre Goldman Sachs.. nous y reviendrons.

Lawrence Summers, le suivant, est Secrétaire d'etat au trésor sous Clinton, puis membre de l'équipe de transition du président-élu Barack Obama, ce dernier le nomme ensuite chef du Conseil économique national.
Il s'est entre autres opposé fermement à toute régulation des dérivés, soutenu par Greenspann et a même ordonné à la patronne de la CFTC d'abandonner le sujet.. (le passage sur ce point dans Inside Job est très instructif).

Ce brillant personnage passe par la Banque mondiale de 91 à 93 et se distingue par des phrases comme "honnêtement, nous devons tous admettre que nous sommes tous maintenant les friedmaniens". En ce sens qu'il (Milton Friedman), nous a montré l'importance du marché.
Mais surtout, il déclare :
"Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico [...] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés [...] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. [.] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. "

Il finit quand même par claquer la porte du conseil national économique en septembre 2010, mais je ne sais pas si les électeurs d'Obama avaient intégré que cet odieux personnage faisait partie du staff..
"Yes we can" encore plus massacrer le tiers monde.. économiquement bien sur..

Le suivant : O'Neill, qui a dirigé Alcoa de 1987 à 1999. Admettons, peut être moins pire que d'autres au niveau consanguinité, c'est plutôt l'industrie "lourde" que la banque.
Pour ceux qui ont vu "Inside Job", inutile de vous préciser les dégâts qu'a pu faire ce genre d'entreprise en Islande par exemple..

John W. Snow, de 2003 à 2006, laisse gonfler la bulle qui provoquera l'explosion des subprimes en 2007 et le reste en 2008. Il a bien d'autres choses à faire, la conjoncture est favorable, le chômage à 4.7% et un taux de croissance insolent de 5.3% début 2006.. on ne va quand même pas prendre des mesures qui fâchent alors qu'en apparence tout va bien !
Et puis il faut financer la guerre en Irak.. bush et compagnie sont au commandes, alors l'économie à ce moment là.. 
Par contre le pilotage des taux d'intérêts avec Greenspann fut catastrophique :
  • de la violente baisse après l'effondrement de la bulle internet en 2001
  • création de la bulle suivante à savoir la bulle immobilière grâce à cette baisse
  • début de reprise de l'inflation et de la surchauffe vers fin 2005
  • violente remontées des taux par la FED ce qui provoque entre autres le krach fin 2007

C'est après ce Snow qu'arrive Paulson.. il n'est pas de mèche avec le système lui ?

Rappelez moi ce qu'il faisait avant d'être secrétaire au trésor ?
Il n'avait pas été président de Goldman Sachs par hasard ??
Petit détail : lorsqu'il est nommé par Bush, il doit donc se débarrasser de ses actions car ça ferait mauvais genre.. Un coup dur pour lui ?
Pas du tout, puisqu'il peut vendre ses 360 millions sans payer le moindre impôt.. grâce à une loi votée précédemment..

Le plan Paulson va couter des centaines de milliards de dollars aux contribuables américains pour sauver les banques et Wall Street, et va provoquer des niveaux d'endettement jamais atteints jusque là.

Arrive Tim Geithner sous Obama : ce monsieur a fait entre autres ses armes en tant que sous secretaire d'etat sous 2 autres (Robert Rubin et Lawrence Summers), et a notamment ensuite été le 9e président de la Federal Reserve Bank de New York et, à ce titre, le vice-président du Federal Open Market Committee (FOMC).

A ce titre, il participe avec Bernanke et Paulson au fameux plan "paulson" de 2008..

Histoire de sceller définitivement le cartel, on nous a imposé depuis :
  • l'ex vice-président de Goldman Sachs Europe à la tête de la BCE, un certain Mario Draghi
  • un ex "International Advisor" de Goldman Sachs à la tête de l'Italie, au poste de 1er ministre
  • un ex vice président de la BCE (en poste au moment du trucage des comptes grecs) au poste de 1er ministre en Grèce
  • l'ex-patron d'une grande banque Italienne en tant que super ministre de l'infrastructure et des transports dans ce pays.
On a donc eu récemment une "intervention coordonnée des banques centrales pour sortir l'Europe de la crise de la dette" (titre en une de plusieurs journaux) :
cette interprétation est totalement fausse, on n'a pas du tout aidé les pays, on a juste essayé de sauver les banques, les unes européennes à court de liquidités en dollars, et une autre, Bank Of America, dont l'action descendait juste sur le seuil des 5 dollars ce qui aurait obligé les institutionnels à la vendre massivement, provoquant ainsi la 2eme grosse faillite en 3 ans apres LB.

La semaine s'est poursuivie avec une baisse des taux de refinancement de la BCE pour les banques (à 1%, pendant que ces mêmes banques prêtent aux états à 3, 4, 6 ou 10%), et nous avons également eu des statistiques américaines sorties de nulle part (le chômage qui passe miraculeusement de 9% à 8.6% alors qu'on a créé moins d'emploi - 120k contre 150k - que nécessaire pour simplement absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.

Voilà, si vous pensez encore que les "politiques" agissent pour les peuples...

En tous cas j'espère qu'avec ce récapitulatif des différents personnages et intérêts défendus à ce poste de "secrétaire d'état au trésor" vous ne doutez plus de leur mission.

lundi 4 juin 2012

Comment les milliards européens profitent aux riches Grecs expatriés

Spiros Latsis réside à Bellevue.
L’aide européenne aurait sauvé la deuxième banque de Grèce, l'EFG-Eurobank, qui appartient à Spiros Latsis, résident de Bellevue.


Le résident de Bellevue Spiros Latsis aurait bénéficié des milliards européens versés en début de semaine dans le cadre du plan de sauvetage des instituts financiers grecs, affirme le Tages-Anzeiger. Selon le quotidien zurichois, l’EFG-Eurobank aurait reçu 4,2 milliards d’euros de l’Union européenne. Or cette institution, la deuxième banque la plus importante de Grèce, appartient à la plus grosse fortune de ce pays, celle de la famille Latsis, bien implantée sur sol genevois. 
Outre la banque, celle-ci possèderait une compagnie maritime, une société immobilière, des parts dans une société pétrolière, et des biens immobiliers dans le monde entier (dont le Bridgewater House de Londres). Sa fortune est estimée à 4 milliards de francs suisses, selon le magazine alémanique Bilanz.
Le journal zurichois, qui revient sur l’histoire de la famille Latsis à Genève, la manière dont ses membres ont érigé leur fortune et leurs relations avec les puissants de ce monde, estime que l’EFG-Eurobank n’aurait pas pu survivre à la crise sans l’aide de l’Europe. Selon le Tages-Anzeiger, l’institut financier serait engagé à hauteur de 12 milliards d’euros dans la dette de l’Etat grec, tandis qu’une somme de 48 milliards constituerait l’argent dû par ses débiteurs privés. Or la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, n’a désormais plus grande influence sur la banque, puisque celle-ci a transféré en 2010 son siège au Luxembourg.


Quelques autres exemples :


Philip Niarchos (56 ans), 2,5 milliards de $

Fils aîné du célèbre armateur Stavros Niarchos. Partage sa vie entre la Grèce et la Suisse. Sa fondation est très active : rénovation de l'Opéra, de l'université, de la pinacothèque d'Athènes, nombreux hôpitaux et mise en valeur d'un front de mer près d'Athènes.

Famille Angelopoulos, 1,2-1,7 milliard de $

Théodoros (68 ans) est l'époux de Yanna, organisatrice des JO de 2004. Présent dans l'édition, possède un chantier naval aux Pays-Bas qui produit des yachts. A hérité, avec son frère Konstantinos (66 ans), de leur père, magnat de l'acier et armateur.

Vardis Vardinoyannis (78 ans) et Marianna, 711 millions de $

Patron de Motor Oil Hellas, possède un réseau de stations-service. La famille, présente dans l'édition, la radio, la télé, est propriétaire d'un club de foot et d'une compagnie de ferrys. Marianna, sa femme, est très présente dans le caritatif.

Yannis Costopoulos (73 ans), 425 millions de $

Originaire de Kalamata. Possède le Hilton d'Athènes. Propriétaire d'Alpha Bank, fondée par son grand-père il y a 160 ans, il a fusionné avec l'Eurobank, se retrou- vant à la tête de 1 300 succursales. Sa fondation subventionne bibliothèques, fouilles, films, églises...

Ces riches qui vont devenir encore plus riches

Le Monde.fr avec AFP | 04.06.2012

De plus en plus de milliardaires, de plus en plus riches, de plus en plus issus des pays émergents. C'était la conclusion du classement Forbes en 2012, c'est également celle du rapport annuel sur la richesse dans le monde du cabinet Boston Consulting Group, publié jeudi 31 mai. En 2011, la fortune des particuliers a atteint quelque 122 800 milliards de dollars (98 728 milliards d'euros), soit une hausse de 1,9 % par rapport à 2010.
Cependant, ce chiffre est bien moins élevé que les années précédentes (+ 6,9 % en 2010 et + 9,6 % en 2009), en raison de la crise économique en Europe et aux Etats-Unis ainsi que la morosité des marchés des actions. C'est également dans ces régions, mais aussi au Japon, que le surendettement des finances publiques ont clairement affecté les plus riches dans ces régions, qui ont enregistré un recul de leur fortune.

LES BRICS, MOTEURS DE RICHESSE

A l'opposé, l'Asie, l'Amérique latine et l'Europe de l'Est ont vu la fortune de leurs millionnaires augmenter considérablement. Dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la fortune des riches a ainsi progressé de 18,5 % l'année dernière.
"La croissance mondiale de la fortune privée est clairement tirée par les économies en croissance rapide du 'nouveau monde'', indique le Boston Consulting Group. Relativement à leur nombre d'habitants, ce sont Singapour, le Qatar et le Koweït qui affichent le nombre le plus important de millionnaires.
Concernant les fortunes supérieures à 100 millions de dollars, le plus grand nombre d'entre elles sont hébergées en Suisse, à Singapour et en Autriche, toujours relativement à leur population. Et cette tendance n'est pas près de s'arrêter, puisque les avoirs des plus riches doivent croître annuellement de 4 % à 5 % sur les cinq prochaines années pour atteindre 150 000 milliards de dollars d'ici la fin 2016.

LA FINANCE "OFFSHORE" CONFORTÉE

L'accroissement de la richesse continue de soutenir la demande en centres financiers "offshore" (argent placé hors du pays de résidence), qui a augmenté de 2,7 % à 7 800 milliards de dollars - et ce malgré la pression internationale pour mettre un terme à cette pratique. "Cette hausse a été provoquée en partie par des investisseurs de pays politiquement instables en quête de lieux sûrs", selon les analystes du Boston Consulting Group.
Pourtant, dans le courant de la crise financière de 2008, l'Union européenne et les Etats-Unis ont attaqué des centres financiers comme la Suisse, Monaco, l'Andorre et le Liechtenstein pour leur pratique du secret bancaire.
Sous la pression de l'Union européenne et des Etats-Unis, ces pays ont depuis amélioré la transparence de leur système bancaire. Même la Suisse - premier centre offshore au niveau mondial, avec 2 100 milliards de dollars d'avoirs étrangers - a consenti à faire des efforts, en signant des accords fiscaux avec le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Autriche pour régulariser les avoirs issus de l'évasion fiscale. Cependant, une dizaine de banques suisses sont actuellement sous la vigilance de Washington.

LA SUISSE TOUJOURS PREMIÈRE

Cette menace sur les centres offshore traditionnels a toutefois été profitable à Hongkong et Singapour, qui ont enregistré une hausse des avoirs étrangers, atteignant l'année dernière 1 000 milliards de dollars.
De leur côté, les centres offshore des Caraïbes et le Panama ont, grâce à leur proximité avec les Etats-Unis, attiré pour 1 000 milliards de dollars d'avoirs, principalement en provenance de l'Amérique du Nord. Quant au Royaume-Uni - pourtant en guerre contre l'évasion fiscale -, il a vu ses avoirs progresser à 900 milliards, surtout en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique.
Pas de quoi, pour autant, détrôner la Suisse. Selon le Boston Consulting Group, le pays va encore demeurer pendant plusieurs années la plus importante place financière offshore au monde, profitant des afflux en provenance des pays émergents. Mais Hongkong et Singapour pourraient bien dépasser la Confédération d'ici quinze à vingt ans.
Lire l'article du "Monde"

lundi 28 mai 2012

Les pompiers pyromanes


Mario Draghi, actuel patron de la Banque Centrale Européenne,  fut vice président Europe de 2002 à 2005 de Goldman Sachs. Rappelons que cette banque d'affaire américaine a conseillé (contre rémunération) le gouvernement grec dans ses montages qui lui ont permis de tricher pour entrer dans l'Euro. Je ne m'étends pas ici sur le rôle joué par cette banque dans la crise financière mondiale de 2008, elle qui vendait des "subprimes" à ses clients tout en pariant sur la chute de ces produits.. Ce monsieur explique qu'il n'était pas encore dans la banque lors du montage..
Mais ce même Mario Draghi fut également gouverneur de la banque d'Italie dans les années 90 et a à ce titre mené des opérations avec des banques d'affaires américaines pour "réduire" le coût de la dette publique italienne...

Mario Monti fut "international advisor" à partir de 2005 pour Goldman Sachs.
Depuis 2010, il est aussi président de la section Europe à la Commission Trilatérale. Il est également membre du comité de direction du groupe Bilderberg : on ne sait pas s'il a abandonné ces 2 fonctions lorsqu'il est devenu 1er ministre italien à l'automne dernier.

Corrado Passera, patron d'Intesa Sanpaolo, la deuxième banque d'Italie, est nommé au poste de ministre du Développement économique, des Infrastructures et des Transports par Mario Monti.

Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l’Espagne et le Portugal de 2006 à 2008, est nommé au poste de ministre de l’Economie en Espagne par Mariano Rajoy.

Peter Sutherland, irlandais, ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. 

Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. 

Lucas Papademos fut gouverneur de la banque de Grèce de 1994 à 2002 et ne pouvait donc rien ignorer des trucages des comptes de son pays, puis il fut vice président de la Banque Centrale Européenne jusqu'en 2010 et a donc été parfaitement informé de tous les montages abracadabrants et de tous les sauvetages de banques effectués en Europe depuis la crise financière de 2008.

En 2005, Goldman Sachs revend une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par Petros Christodoulos... qui était trader chez GS en 1987 à Londes.. Ce monsieur a été nommé en février 2010 responsable de l'organisme gérant la dette grecque.

Mark Patterson, un ancien lobbyiste de la banque Goldman Sachs, est le principal conseiller de Timothy Geithner... Rappelons que ce dernier était à la FED de New York lors du fameux plan "Paulson" pour sauver les banques US en 2008.. (Paulson, qui, avant d'être secrétaire d'état au trésor, fut le boss de GS)

Gary Gensler, dix-huit ans chez Goldman Sachs, préside le gendarme des marchés dérivés (CFTC) aux USA..

M.Dimon, patron de JP Morgan Chase, qui vient de se distinguer par des opérations foireuse sur des "dérivés de crédit" pour un coup de 2 à 5 milliards pour la banque qu'il dirige, siège au CA de la Fed de New York..

Pour couronner le tout, on a des gens comme Christine Lagarde, qui après nous avoir conseillé de prendre le vélo lorsqu'elle était ministre des finances pour économiser sur le prix de l'essence, déclare ce week-end que les grecs feraient mieux de payer leurs impôts..

Rappelons d'une part que les prélèvements en Grèce sont d'environ 40.7% du PIB, c'est certes inférieur aux prélèvements français (48.9%) ou allemands (44%), mais c'est supérieur au niveau de prélèvements du Luxembourg, de la Suisse, de l'Irlande, de l'Espagne, etc..

Et puis surtout, sachant qu'elle émarge à 380 939 euros en tant que directrice générale du FMI, elle ne paie elle même aucun impôt sur le revenu.. : elle a encore perdu une occasion de se taire, il va falloir faire un best of avec ses déclarations, elle doit tenir la palme !


On a donc aux principales manettes dans le monde occidental des gens qui ont travaillé des années à créer la crise que nous traversons : sont ils les mieux placés pour la résoudre ?