Essayons à minima de dénoncer les dysfonctionnements de la financiarisation de l'économie, et proposons des solutions !
dimanche 29 avril 2012
Une opinion parmi d'autres
J'avais écrit cet article il y a quelques mois, en pleine "crise de la dette en Europe" (avant le Haircut grec)..
Je constatais, avec dépit, qu'aucune décision radicale ne serait prise avant les élections (France, US, Russie) et qu'en attendant nos "puissants" continueraient de se gaver pendant que les peuples continueraient de trinquer.
On était sur le point de consacrer le successeur de Jean-Claude Trichet à la Banque Centrale Européenne : les européens ne trouvaient rien à reprocher à Mario Draghi pour diriger cette institution.
Qu'il fut auparavant vice-président Europe de Goldman Sachs, la banque d'affaire américaine qui avait aidé le gouvernement Grec à maquiller les comptes de ce pays pour l'adhésion à l'Euro, ou qu'il fut gouverneur de la banque d'Italie ayant pratiqué le même type d'opérations sur des swaps n'augurait rien de bon : nous allions sombrer dans des schémas encore plus vicieux..
Il a effectivement depuis parfaitement rempli son rôle avec ses 2 LTRO et les 1000 milliards prêtés aux banques, mais "l'économie réelle" n'en a pas vu la couleur.. La commission européenne elle-même demande d'ailleurs des explications..
Je ne suis pas ni d'extrème gauche ni d'extrème droite : il semble que si dans ce pays on évoque le problème intrinsèque que constitue l'Euro alors on fait allégence à Marine Le Pen, comme il semble que lorsqu'on évoque des thèmes défendus par Melenchon alors on est immédiatement taxé de stalinien ou de pro régime nord-coréen..
Pourtant ces 2 candidats ont osé taper dans la fourmillière... et cumulent près de 30% des voix au 1er tour, avec 80% de participation.
Ce n'est pas grave, dès dimanche prochain on reviendra à la "gestion" du pays, et absolument aucune décision radicale ne sera prise.
Plus on perd de temps et pire ça sera, et plus les initiés se déconnectent du reste du monde.
On ne tardera pourtant pas à lire des déclarations sur le fait qu'il faille "rassurer les marchés"..
Or il est clair aujourd'hui même pour des gens "normaux" (pour être politiquement correct, je veux dire des gens - grand public, économistes ou politiques - non extrémistes) que seul un changement radical et un virage à 180% par rapport à tout ce qu'on a décidé depuis 30 ans doit être opéré, si tant est que la mission d'un dirigeant économique et politique soit d'assurer le meilleur pour l'intérêt général. (et pas les intérêts particuliers d'une oligarchie dominante qui se retrouve à Davos, qu'ils soient chinois, russes, américains, anglais, français ou allemands).
J'éviterais donc volontairement les sujets "anti-sarkozy" primaires ou "anti-hollande" primaires, qu'il s'agissent des enveloppes d'une milliardaire, de valises de l'organisation françafrique (mis en place dans les années 60 et tout le monde a mangé dans la gamelle) ou de la gestion de la fédération bouches du rhône du PS.. Sauf qu'il faut bien constater que ces "affaires" nous révèlent une fois de plus que seule la lutte pour le pouvoir compte, et pas l'intérêt général.
Enfin, malheureusement aussi dirais-je, il n'y a AUCUNE chance que les intérêts aussi contradictoires que ceux des USA, de l'Europe (on pourrait découper l'Europe en au moins 3 ou 4 entités), de la Chine et des pays pauvres (Afrique notamment) fassent qu'on aboutisse à un accord mondial sur le changement radical dont notre planète a besoin.
Je parle évidemment de décisions favorables aux peuples des pays cités, qui profiteraient autant à l'ouvrier chinois sur-exploité qu'à l'américain pauvre qui a besoin d'un bon alimentaire pour espérer se nourrir (il y en a 46 millions), ou encore aux 8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en France et je ne parle pas du gamin ivoirien qui ramassent les fèves de cacao pour que nous ayions notre carré de chocolat avec le café.
Par contre s'il s'agit des oligarques russes qui, sous l'impulsion de Poutine, ont fait main basse sur les ressources énergétiques, ou s'il s'agit de nos "brillants grands patrons" du CAC 40 qui à de très rares exceptions près se sont tous cooptés non pour leur talent mais pour leur consanguinité, sans avoir jamais rien "entrepris" de leur vie, ou encore s'il s'agit des patrons des grandes banques d'affaires américaines (certains disent avoir reçu "mandat de dieu" pour exercer), alors là rassurez vous, ils s'entendront.. sur votre dos !
En admettant même que les "émergents" ne puissent s'entendrent avec les pays dits "développés" (la Chine devant entre autres sécuriser ses marchés à l'exportation, assurer son approvisionnement énergétique et tenter de favoriser sa consommation interne), on constate de toutes façons que ces derniers ne peuvent s'entendre entre eux :
Quand Geithner vient donner des leçons à l'europe lors du sommet en Pologne, on sait très bien qu'il ne s'agit pas de s'inquiéter réellement pour le dettes européennes, mais plutôt d'attirer toute l'attention du monde sur les problèmes européens pendant que les USA ne résolvent aucun de leurs problèmes de dette ni de déficit.
Pendant ce temps, la Chine fait main basse sur les terres agricoles ou les puits de pétrole en Afrique, l'intégrisme contamine tout le sahel (cf les événements récents au Mali), et on est au moins certain d'une chose : l'Afrique va continuer à trinquer, tout le monde se fout de savoir que des millions de personnes crèvent de faim !
On a assisté donc depuis plus d'un an à une tentative désespérée en Europe de vouloir A TOUT PRIX sauver le système financier délirant mis en place par le traité de Maastricht (article 104, et validé par l'article 123 du traité de Lisbonne, qui n'est qu'une extension à l'europe de la loi française de 1973 sur la banque de France). Que la zone euro soit la seule zone économique au monde dans laquelle l'institution d'émission ne soit pas le prêteur en dernier ressort semble apparemment "normal" aux yeux de ceux qui tiennent le système (alors que la FED, la Banque du Japon ou la Banque d'Angleterre n'hésitent pas, elles, à jouer ce rôle).
En même temps on fait semblant pour amadouer le peuple de vouloir mettre en place une taxe sur les transactions financières, tout en exonérant de cette taxe les "établissements teneurs de marchés" (les banques), ou en n'expliquant pas au "peuple" que dorénavant la majorité des transactions sont hors systeme, qu'elles soient réalisées sur les bien nommés "darkpool" ou qu'elles concernent des "produits" autres que les actions (cf la bulle obligataire aux US).
De la même façon, on fait semblant pour certains de proposer un impôt sur les "riches" en créant une tranche à 75% pour les revenus qui excèdent 1 millions d'euros.. et en face on crie au scandale, prétextant la fuite des cerveaux et des "investisseurs" si cette taxe est mise en place.
D'ailleurs, puisque les opposants à cette tranche argumentent qu'elle serait négligeable vu ce qu'elle rapporterait, alors si elle est négligeable pourquoi s'y opposer ?
On pourrait s'interroger sur l'utilité de "la bourse" : il ne vous échappe pas qu'il s'échange chaque jour en moyenne 3.5 à 5 milliards d'euros sur le seul Cac 40, ce qui représente environ 800 à 1000 milliards d'euros chaque année (et je passe sur l'ensemble des autres indices ou marchés dérivés..)
A part à faire tourner l'argent virtuel en cycle fermé pour permettre à ceux qui en ont déja d'en avoir encore plus, à quoi ça sert ?
Je vois d'ici venir les réponses : à financer les investissements des entreprises pardi !
Ben voyons.. à force de nous bourrer le crâne avec ce genre d'évidences, on finit par y croire.. sauf que c'est faux :
En 2010, le total des émissions nettes d’actions cotées (1650 sociétés)... 13 milliards d’euros..
En comparaison des montants échangés sur la place de Paris, c'est un montant totalement négligeable !
Vous objecterez que l'émission d'actions nouvelles ne suffit pas à mesurer les bienfaits de "l'investissement en bourse" pour les entreprises.
Effectivement, si on regarde les détails sur le site de l'INSEE pour 2010, il y a aussi 8,6 milliards d’euros d’actions non cotées et de 6,7 milliards d’euros de divers autres titres de participation.. soit de nouveau des montants totalement négligeables par rapport au casino géant de 1000 milliards d'euros.
Et ne venez pas m'expliquer qu'il ne faut pas multiplier le nombre de jours de bourse par le montant quotidien en prétextant que les mêmes titres changent plusieurs fois de mains chaque jour, ça ne ferait que conforter le constat que tout celà est parfaitement inutile à l'économie réelle et au bien-être des citoyens. Le robot de HFT qui va en qques nanos secondes truquer un carnet d'ordre pour raffler la mise ne fera que rapporter de l'argent à celui qui l'a programmé et mis en place, à savoir les grosses institutions financières.
Enfin, pour clore ce sujet sur l'utilité de la bourse, vous pourriez aussi objecter qu'il n'y a pas que l'émission d'actions nouvelles pour trouver un financement, il y a le marché obligataire.. ben voyons, vous en connaissez beaucoup des PME qui vont se financer sur le marché obligataire ? elles vont quemander un crédit au guichet de leur banque, point !
Je vais donc faire râler de nombreux lecteurs, mais la bourse ne sert à rien... sauf à faire tourner en circuit fermé de l'argent détenu par ceux qui en ont déja le plus, dans le seul but d'en avoir encore plus. C'est moins vrai pour les USA puisque les pensions de retraites dépendent des marchés financiers, on comprend pourquoi de l'autre coté de l'atlantique il faut absolument injecter sans cesse de la part de la FED pour maintenir les indices en lévitation.
Je ferme cette parenthèse..
Au passage, il est assez vicieux je trouve de voir que le FMI, qui a provoqué des catastrophes humanitaires en Afrique, Asie ou amérique du Sud pendant les décennies 80 / 90 soit aujourd'hui si prompt à donner des leçons sur la gestion de la dette européenne, alors que cette institution est dirigée par Christine Lagarde, qui a auparavant oeuvré pendant des années, d'abord comme avocate d'affaire aux USA à défendre l'intérêt de certaines multinationales américaines, de l'armement en particulier, au détriment d'entreprises européennes, puis comme ministre des finances en passant tour à tour de la "rilance" à "la crise est finie", tout en s'opposant à la régulation des dérivés ou en favorisant au nom de la sacro sainte concurrence la mise en place des darkpools. Je passe sur le fait qu'elle a consacré l'entrée du vers dans le fruit en permettant aux banques anglo saxonnes de rentrer comme "SVT" à l'agence France Tresor : c'est un peu comme si dans une entreprise un patron invitait ses clients et créanciers à son conseil d'administration.
La déréglementation financière depuis les années 80, initiée à Londres et à Washington, couplée à la baisse forcenée des impots des plus riches sur la même période, a fini par produire 2 krachs majeurs, la bulle Internet en 2002 et la bulle de l'immobilier et des prêts dits "subprimes" fin 2007.
Qu'a t'on changé depuis l'effondrement de LB à l'automne 2008 ?.. Rien, on a nationalisé les pertes pour que l'ensemble des contribuables renflouent le système, on s'est livré à une politique monétaire expansionniste comme jamais, ça n 'effraie plus personne de parler de milliers de milliards dans les bilans des banques centrales.
On a installé les anciens pyromanes dirigeants ou conseillers des banques aux postes de pompiers (Draghi à la BCE, Monti - ex Goldman Sachs international Advisor en Italie, Papademos ex vice président de la BCE en Grèce).
Rien n'a changé disais-je : il n'est pas venu à l'esprit de nos "dirigeants" que certaines règles qui avaient été un peu vite jettées à la trappe étaient finalement des garde-fous qu'il fallait d'urgence remettre en place.. Puisque Reagan a déclaré au début des années 80 que "ce qui est bon pour Wall Street est bon pour l'amérique", et bien continuons.. il avait au moins raison sur un point, c'est bon pour le dollar, qui reste encore la monnaie mondiale de réserve : les USA peuvent impunément continuer à vivre à crédit vis à vis du reste du monde (cf la conférence de Presse de De Gaulle en 1965), de toutes façons il y a tellement de liquidités à placer de part le monde que le dollar est un vrai refuge.. tandis que l'euro menace d'exploser.
On me répondra face à la critique des politiques de "planche à billet" des banques centrales que la redoutée inflation ne se produit pas... et que donc c'est la moins pire des solutions, voire même on me répondra que je ne peux pas d'un coté critiquer le fait que la BCE est la seule banque centrale qui ne prête pas aux états et de l'autre critiquer la "planche à billet".
Sauf que la BCE fait tourner la planche... mais au profit exclusif de ceux qui ont provoqué la crise ! Concernant l'inflation, en effet les indices officiels dans les pays développés restent relativement sages, mais quid du prix des matières premières, de l'immobilier ?
On objectera inversement qu'un peu d'inflation ne ferait pas de mal pour résorber nos dettes.. pourquoi pas, à condition d'une véritable inflation, prix ET salaires.
Or on a vu Trichet depuis des années répéter à chaque fois qu'il fallait à tout prix éviter les effets de "second tour".. à savoir la propagation de la hausse des prix aux salaires, car cela nous entraînerait dans une spirale infernale..
Avec les taux de chômage que l'on a aujourd'hui il peut dormir tranquille, avant qu'on obtienne des augmentations de salaires il faudra déjà que le rapport de force "offre de travail / demande" s'inverse..
Tout est renié, de Allais à Keynes, même Smith ou Friedman les libéraux sont reniés : les "marchés" ne sont PAS efficients...
La seule chose qu'on ne renie pas : taxer et pomper dans les poches du plus grand nombre possible.. pour renflouer la minorité. (cf Colbert....).
Vous me direz qu'un discours pareil n'est pas audible pour l'électeur et qu'il vaut mieux s'écharper sur la viande halal..
Alors ce petit systeme bien rodé va continuer, il y a encore quelques peuples à asservir, la marge est importante entre ce qui est par exemple imposé aux portugais, irlandais, espagnols ou anglais et ce qu'on subit en France (et j'oublie volontairement les grecs).
Et dans cette campagne, à de très rares exceptions près, aucun candidat "sérieux" n'a osé dire les choses suivantes :
- on divise par 10 ou plus le nb d'élus (600 000 élus en france !!!!), on interdit le cumul des mandats dans le temps en plus des mandats simultanés
- on réforme radicalement le secteur bancaire (séparation depot / investissement), on laisse les établissements vérolés faire faillite, on est dans un systeme capitaliste oui ou non ?
- on repense l'euro en raisonnant balance des paiements (j'ai appris il y a bien longtemps en second que la monnaie dépendait entre autre de ça mais aujourd'hui on a oublié) : soit on n'a plus de balance pays par pays et on a une véritable europe fédérale avec une seule monnaie, soit on a une monnaie "commune" mais pas unique, c'est le ba-ba
- on rétablit aux états, sous le contrôle des parlements, la création monétaire
- on réforme totalement la fiscalité, tout le monde paie (meme les smicards) mais l'impot redevient progressif et on supprime les niches fiscales, à commencer par celles qui entretiennent des bulles (immo notamment)
- on renationalise les services de base (électricité, autoroute, etc..)
- on réforme radicalement notre fonctionnement centralisé pour relocaliser production et services, ce qui réduit considérablement les émissions de CO2
- on revoit totalement la protection sociale : la collectivité doit payer pour la santé et la vieillesse, soit, et il est aberrant de penser qu'on dépensera moins puisqu'on vit de plus en plus vieux et qu'on se soigne avec des technologies toujours plus pointues. Dans ce cas faire supporter ces couts sur le travail est une aberration alors il faut oser prononcer le mot, OUI à la TVA "sociale", mais pas à la mode sarkozyste avec un timide 1.6% sur des biens et services qui ne sont pas concurrencés . Toute marchandise ou service vendu en europe finance la protection sociale, que cette marchandise soit fabriquée en europe ou en chine. Un salarié touchant 1200 euros nets touchera par exemple 1500 nets, et le patron ne déboursera que 1500 au lieu de 2200, le cout du travail est en partie abaissé. Il est illusoire de croire qu'on peut s'aligner sur le cout chinois, et en contrepartie on rétablit donc des droits de douane. En échange le salarié paiera de la TVA sur son loyer par exemple et verra la TVA sur son ipod augmenter également.
- on sort de la logique de l'OMC, non on ne peut pas continuer à faire sauter toutes les barrières douanières et accepter que des enfants exploités continuent de cueillir du cacao ou fabriquent des tee-shirts en étant payé 1 dollar / mois, ce qui detruit en europe les emplois correspondants car on ne peut pas lutter : favoriser l'enrichissement des pauvres et classes moyennes dans tous les pays émergents aura pour effet bénéfique de développer leur consommation interne, tout en veillant à ne pas arriver au point où un chinois consommera autant qu'un américain, sinon c'est la ruine de la planète assurée. Nous devons réorienter et diminuer notre consommation
- à ceux qui pensent que les "marchés" sont les plus forts, et que les taux d'intérets s'envoleront si de telles mesures étaient adoptées, je réponds que lorsqu'on doit 1700 milliards, si un moratoire sur le paiement des intérets était décrété, je ne suis plus très certain que les "marchés" ne tremblent pas. Quant au fantasme sur le fait de s'attaquer à l'épargne des français au travers de l'assurance vie, qui dit gel du paiement des intérets ne dit pas désintégration du capital.. Un audit sur la dette doit être l'une des priorités.
- à ceux qui disent qu'il faut réduire le train de vie de l'état, je dis "oui", mais je parle bien de l'état : on a une facheuse tendance en utilisant cette expression à la traduire par la réduction des prestations versées aux populations, sans JAMAIS s'attaquer à l'appareil d'état lui meme.
- j'ai beaucoup d'autres sujets à aborder, qu'il s'agissent de sujets de société (homme-femme, immigration, ethique) ou de sujet plus concrets comme l'énergie.. mais si déja nos candidats avaient fait des efforts de propositions sur LE sujet majeur, à savoir la crise économique, nous serions beaucoup moins tentés de nous battre sur le regroupement familial, le droit à l'avortement ou le mariage gay.. l'écran de fumée joue à plein !
La liste pourrait etre encore tres longue.. mais il semble plus important de "rassurer les marchés", il a fallu établir un budget pour 2012 dans lequel pour la 1ere fois dans l'histoire le 1er poste de dépense sera de payer des intérets (devant l'éducation ou la justice), ou encore de faire tourner 10 fois le pib de la planete en dérivés..
Non je n'ai pas été candidat en 2012 (nous verrons où nous en serons pour 2017), et non malheureusement aucun candidat n'a osé parlé de tous ces points cette année.
Ce monde est fou, mais les solutions existent !
Docteur Sarko contre l'immonde Theodule
Ou...les tribulations d'un pauvre petit garçon retranché dans une médiocre défense inutile face à la vérité...
Je dois ce post à un intervenant "log56" sur le forum Boursorama, qui se reconnaîtra en le lisant ;)
Lisez jusqu'au bout... Très important et...intéressant !!!
L'Institut des politiques publiques (IPP) a étudié l'évolution de la fiscalité depuis 15 ans...
Résultat :
Les plus riches six fois plus favorisés depuis 2002.
Malgré cette constante, nuance l'IPP, "le bilan redistributif des trois quinquennats (Lionel Jospin de 1997 à 2002, Jacques Chirac de 2002 à 2007 et Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012) n'est pas sans contraste (...).
Le gouvernement Jospin a mis en place des mesures qui ont plus largement bénéficié aux revenus des plus modestes. (...) Les gouvernements qui se sont succédés pendant les dix années qui ont suivi la période Jospin ont plutôt eu un effet inverse, en diminuant les prélèvements pour les plus hauts revenus, en particulier pendant le quinquennat de Jacques Chirac.
Le dernier quinquennat, celui de Nicolas Sarkozy, a eu un effet contrasté, très favorable aux plus hauts patrimoines, alors que l'imposition des hauts revenus était augmentée dans le même temps."
"Les réformes mises en place depuis dix ans (c'est-à-dire depuis que la droite est au pouvoir, ndlr) ont eu pour effet d'accroître la régressivité du système", conclut l'IPP. D'après ses calculs, le taux de prélèvements obligatoires, en pourcentage du revenu national (PIB), a baissé entre 2002 et 2012 de 0,6 point pour l'ensemble de la population, et de 3,6 points pour les 1% les plus aisés. Ce qui revient à dire que les plus riches ont été six fois plus favorisés que les autres.
L'article : http://www.challenges.fr/ elections-2012/20120403. CHA4942/pourquoi-nicolas- sarkozy-a-ete-le-president- des-rentiers.html
L'étude en pdf : http://www.ipp.eu/wp-content/ uploads/2011/11/fiscalite- redistribution-rapport-IPP- mars2012.pdf
L'IPP : http://www.ipp.eu/fr/institut- des-politiques-publiques/
L'Institut des politiques publiques (IPP) a été créé dans le cadre d'un partenariat scientifique conclu par PSE-École d'Économie de Paris et le Centre de Recherche en Économie et Statistique (CREST).
L'IPP vise à promouvoir l'analyse et l'évaluation quantitatives des politiques publiques en s'appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie.
Les chercheurs affiliés à l'IPP sont à la fois des chercheurs de l'École d'Économie de Paris et du CREST, des chercheurs appartenant à d'autres institutions de recherche et une équipe permanente dédiée à l'IPP.
Leurs travaux se rapportent à des thématiques qui couvrent un large éventail de politiques publiques : la fiscalité, les politiques sociales, les politiques d'emploi, l'éducation, la santé, les retraites, le logement, l'aménagement du territoire et les politiques sectorielles.
Mais au fait, qui dirige cet..."organisme Théodule" ???...
(On appelle comité Théodule un comité ou une commission qui n'a que peu, voire pas d'utilité, selon wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/ Th%C3%A9odule )
Actuellement directeur de l'Ecole d'économie de Paris, et est également directeur d'études EHESS
http://www. parisschoolofeconomics.eu/fr/ bourguignon-francois/
Or, le 08 janvier 2008 fut créée... La Commission Stiglitz (lire "Le Triomphe de la cupidité")
Du nom de son président Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, "la Commission Stiglitz" est née d'une proposition de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008.
Elle est officiellement intitulée « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ».
Le but de cette commission est de développer une « réflexion sur les moyens d'échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives » et d'élaborer de nouveaux indicateurs de richesse.
Les grands traits du rapport final
La commission a présenté son rapport final et ses travaux lors d'une journée à la Sorbonne le 14 septembre 2009. Le président Nicolas Sarkozy a effectué à cette occasion une allocution5. Enfin les professeurs Fitoussi et Stiglitz ont effectué une conférence de presse sur les indicateurs et la situation économique.
Le rapport a préconisé l'élaboration d'un tableau de bord regroupant plusieurs indices autour de trois grands axes :
Kenneth Arrow, Stanford, prix Nobel d'économie,
Daniel Kahneman, Princeton, prix Nobel d'économie,
James Heckman, Chicago, prix Nobel d'économie,
Amartya Sen, Harvard, prix Nobel d'économie,
Joseph Stiglitz, Columbia, prix Nobel d'économie,
Tony Atkinson, Nuffield College, Oxford,
------>François Bourguignon, directeur de l'École d'économie de Paris,
Jean-Philippe Cotis, directeur de l'Insee,
Kemal Dervis, PNUD,
Jean-Paul Fitoussi, président de l'OFCE, coordinateur de la commission,
Jean Gadrey, université de Lille I,
Heiner Flassbeck, CNUCED,
Enrico Giovannini, chef statisticien de l'OCDE,
Roger Guesnerie, Collège de France, Paris
Nicholas Stern, London School of Economics, Londres
http://fr.wikipedia.org/wiki/ Commission_Stiglitz#cite_note- 0
Le véritable scandale, c'est qu'à chaque fois qu'il sort une énormité, le ou les journalistes en face de lui n'ont jamais le cran de rétablir la vérité face aux lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs : le buzz est fait, la technique de communication bien rodée.
Evidemment lorsque la vérité est rétablie sur un blog amateur, ça n'a pas la même portée et c'est trop tard..
Cette démonstration s'applique également à de nombreux autres flagrants délits de mensonges du président candidat ou de son équipe :
Faites circuler, meme à vos amis qui votent à droite : ce n'est plus une question de droite ou gauche, c'est la manière Sarkozy, l'intimidation, qui est intolérable !
Je dois ce post à un intervenant "log56" sur le forum Boursorama, qui se reconnaîtra en le lisant ;)
Lisez jusqu'au bout... Très important et...intéressant !!!
L'Institut des politiques publiques (IPP) a étudié l'évolution de la fiscalité depuis 15 ans...
Résultat :
- Sarkozy a favorisé les rentiers, Chirac les plus riches et Jospin les plus modestes.
Les plus riches six fois plus favorisés depuis 2002.
Malgré cette constante, nuance l'IPP, "le bilan redistributif des trois quinquennats (Lionel Jospin de 1997 à 2002, Jacques Chirac de 2002 à 2007 et Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012) n'est pas sans contraste (...).
Le gouvernement Jospin a mis en place des mesures qui ont plus largement bénéficié aux revenus des plus modestes. (...) Les gouvernements qui se sont succédés pendant les dix années qui ont suivi la période Jospin ont plutôt eu un effet inverse, en diminuant les prélèvements pour les plus hauts revenus, en particulier pendant le quinquennat de Jacques Chirac.
Le dernier quinquennat, celui de Nicolas Sarkozy, a eu un effet contrasté, très favorable aux plus hauts patrimoines, alors que l'imposition des hauts revenus était augmentée dans le même temps."
"Les réformes mises en place depuis dix ans (c'est-à-dire depuis que la droite est au pouvoir, ndlr) ont eu pour effet d'accroître la régressivité du système", conclut l'IPP. D'après ses calculs, le taux de prélèvements obligatoires, en pourcentage du revenu national (PIB), a baissé entre 2002 et 2012 de 0,6 point pour l'ensemble de la population, et de 3,6 points pour les 1% les plus aisés. Ce qui revient à dire que les plus riches ont été six fois plus favorisés que les autres.
L'article : http://www.challenges.fr/
L'étude en pdf : http://www.ipp.eu/wp-content/
L'IPP : http://www.ipp.eu/fr/institut-
L'Institut des politiques publiques (IPP) a été créé dans le cadre d'un partenariat scientifique conclu par PSE-École d'Économie de Paris et le Centre de Recherche en Économie et Statistique (CREST).
L'IPP vise à promouvoir l'analyse et l'évaluation quantitatives des politiques publiques en s'appuyant sur les méthodes les plus récentes de la recherche en économie.
Les chercheurs affiliés à l'IPP sont à la fois des chercheurs de l'École d'Économie de Paris et du CREST, des chercheurs appartenant à d'autres institutions de recherche et une équipe permanente dédiée à l'IPP.
Leurs travaux se rapportent à des thématiques qui couvrent un large éventail de politiques publiques : la fiscalité, les politiques sociales, les politiques d'emploi, l'éducation, la santé, les retraites, le logement, l'aménagement du territoire et les politiques sectorielles.
- PSE-Ecole d'économie de Paris constitue un pôle français de
stature internationale en économie dans les divers champs de la
discipline, et propose des formations sélectives du M1 au doctorat.
L'engagement novateur de la fondation est de participer à la fois à
l'élaboration d'instruments d'analyse sophistiqués et à leur application
au service de la politique économique et des entreprises.
PSE-Ecole d'économie de Paris constitue un centre d'attraction pour les meilleurs chercheurs français et étrangers en économie.
- Le CREST est un centre de recherche dépendant du GENES : Groupe des Ecoles Nationales d'Economie et Statistique de l'INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Ce groupe comprend également l'ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Administration Economique), l'ENSAI (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Analyse de l'Information) et un centre de formation permanente, le CEPE (Centre d'Etudes des Programmes Economiques).
Organisation générale
Le CREST est composé de 9 laboratoires, situés sur 4 sites différents nommés Malakoff 1(MK1), Malakoff 2 (MK2), ENPC (Paris) et Rennes.
Objectif
L'objectif général du CREST est de participer activement au développement de la recherche dans deux grands domaines :
LISEZ BIEN...
Très combatif, le président-candidat a contesté les conclusions d'une étude de l'ECOLE D'ECONOMIE DE PARIS faisant apparaître que les ménages les plus aisés avaient bénéficié depuis 2002 de baisses d'impôts six fois supérieures à la moyenne des Français.
TRES IMPORTANT CE QUI SUIT...
Le président candidat a parlé à propos de l'institut d'un "organisme Théodule dont personne ne connaît ni l'intérêt, ni l'importance, ni la crédibilité"..., ajoutant qu'"un mensonge répété ne fait pas une vérité".
Il a indiqué que le fait que les prélèvements obligatoires avaient progressé sous son quinquennat suffisait à prouver que les riches n'ont pas été favorisés.
http://www.rmc.fr/editorial/ 244395/nicolas-sarkozy-tire- sur-le-ps-la-cgt-et-des- economistes/
Le CREST est composé de 9 laboratoires, situés sur 4 sites différents nommés Malakoff 1(MK1), Malakoff 2 (MK2), ENPC (Paris) et Rennes.
Objectif
L'objectif général du CREST est de participer activement au développement de la recherche dans deux grands domaines :
- la modélisation des phénomènes économiques et sociaux ;
- la conception et la mise en oeuvre des méthodes statistiques.
LISEZ BIEN...
Très combatif, le président-candidat a contesté les conclusions d'une étude de l'ECOLE D'ECONOMIE DE PARIS faisant apparaître que les ménages les plus aisés avaient bénéficié depuis 2002 de baisses d'impôts six fois supérieures à la moyenne des Français.
TRES IMPORTANT CE QUI SUIT...
Le président candidat a parlé à propos de l'institut d'un "organisme Théodule dont personne ne connaît ni l'intérêt, ni l'importance, ni la crédibilité"..., ajoutant qu'"un mensonge répété ne fait pas une vérité".
Il a indiqué que le fait que les prélèvements obligatoires avaient progressé sous son quinquennat suffisait à prouver que les riches n'ont pas été favorisés.
http://www.rmc.fr/editorial/
Mais au fait, qui dirige cet..."organisme Théodule" ???...
(On appelle comité Théodule un comité ou une commission qui n'a que peu, voire pas d'utilité, selon wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/
-
Directeur : Antoine Bozio http://www.
parisschoolofeconomics.com/ bozio-antoine/fr/documents/CV- Bozio-fr.pdf - Directeurs adjoints : Julien Grenet et Roland Rathelot (allez sur google pour constater que ce ne sont pas des..."Mickeys" !...)
- Présidence du conseil d'orientation: Antoine Frachot (GENES), François Bourguignon (PSE)
- Antoine Frachot :Directeur général du Groupe des Ecoles Nationales d'Economie et de Statistique (ENSAE, ENSAI, CREST,CEPE)
- http://www.gouvernement.fr/
gouvernement/8-table-ronde-1- antoine-frachot-0
Actuellement directeur de l'Ecole d'économie de Paris, et est également directeur d'études EHESS
http://www.
Or, le 08 janvier 2008 fut créée... La Commission Stiglitz (lire "Le Triomphe de la cupidité")
Du nom de son président Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, "la Commission Stiglitz" est née d'une proposition de Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008.
Elle est officiellement intitulée « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ».
Le but de cette commission est de développer une « réflexion sur les moyens d'échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives » et d'élaborer de nouveaux indicateurs de richesse.
Les grands traits du rapport final
La commission a présenté son rapport final et ses travaux lors d'une journée à la Sorbonne le 14 septembre 2009. Le président Nicolas Sarkozy a effectué à cette occasion une allocution5. Enfin les professeurs Fitoussi et Stiglitz ont effectué une conférence de presse sur les indicateurs et la situation économique.
Le rapport a préconisé l'élaboration d'un tableau de bord regroupant plusieurs indices autour de trois grands axes :
- Axe économie avec une amélioration de la façon de calculer le PIB
- Axe bien-être. Avec une évaluation tant au niveau subjectif (ce que pensent les gens) qu'objectif avec prise en compte de la consommation, de la répartition des revenus et du patrimoine. En France, l'Insee a commencé à s'engager dans cette voie. Il a publié dès le 17 novembre 2009 des données sur les inégalités6. Il a présenté en 2010 une série d'analyses sur les très hauts revenus, les inégalités de patrimoine, le mal-logement et le capital humain
- Axe soutenabilité du développement avec deux grands angles d'approche :
- indicateur monétaire synthétique de soutenabilité
- Des indicateurs physiques « dont l'un d'eux indique clairement dans quelle mesure nous approchons de niveaux dangereux d'atteinte à l'environnement »8(cas du changement climatique ou des ressources halieutiques par exemple)
Kenneth Arrow, Stanford, prix Nobel d'économie,
Daniel Kahneman, Princeton, prix Nobel d'économie,
James Heckman, Chicago, prix Nobel d'économie,
Amartya Sen, Harvard, prix Nobel d'économie,
Joseph Stiglitz, Columbia, prix Nobel d'économie,
Tony Atkinson, Nuffield College, Oxford,
------>François Bourguignon, directeur de l'École d'économie de Paris,
Jean-Philippe Cotis, directeur de l'Insee,
Kemal Dervis, PNUD,
Jean-Paul Fitoussi, président de l'OFCE, coordinateur de la commission,
Jean Gadrey, université de Lille I,
Heiner Flassbeck, CNUCED,
Enrico Giovannini, chef statisticien de l'OCDE,
Roger Guesnerie, Collège de France, Paris
Nicholas Stern, London School of Economics, Londres
http://fr.wikipedia.org/wiki/
Le véritable scandale, c'est qu'à chaque fois qu'il sort une énormité, le ou les journalistes en face de lui n'ont jamais le cran de rétablir la vérité face aux lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs : le buzz est fait, la technique de communication bien rodée.
Evidemment lorsque la vérité est rétablie sur un blog amateur, ça n'a pas la même portée et c'est trop tard..
Cette démonstration s'applique également à de nombreux autres flagrants délits de mensonges du président candidat ou de son équipe :
- intox largement relayée sur le net sur le bilan de François Hollande en Corrèze
- intox largement relayée dans les médias sur le cumul des indemnités de Jean-Luc Mélenchon (sénateur et député européen)
- "la France est le seul grand pays à n'avoir plus connu de récession depuis début 2009"
- etc..
Faites circuler, meme à vos amis qui votent à droite : ce n'est plus une question de droite ou gauche, c'est la manière Sarkozy, l'intimidation, qui est intolérable !
Impôts des riches : fantasme ?
1/le problème majeur de la société américaine actuelle : l'inégalité croissante de la distribution des richesses.
Pour rappel, les 1% des américains les plus riches accaparaient 8% du revenu global dans les années 70, et 24% aujourd'hui, leur part du gâteau a triplé !
Le capitalisme américain a connu, de ce point de vue, trois périodes :
- une première, entre 1870 et 1929, caractérisée par la concentration de la richesse entre les mains de quelques-uns, donc d'une grande inégalité;
- une deuxième période, entre 1947 et 1975, où, au contraire, la redistribution de la richesse s'améliore et l'inégalité diminue ;
- enfin, une troisième période - qui commence aux alentours de 1975 et dans laquelle nous nous trouvons toujours - marquée par une re-concentration des fortunes et des inégalités croissantes.
2/ La taxation confiscatoire des revenus exorbitants est non seulement possible économiquement, mais souhaitable.
En 1932, quand Roosevelt arrive au pouvoir, le taux de l'impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches était de 25 % aux Etats-Unis. Le nouveau président décide de le porter immédiatement à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau qui s'appliqua jusqu'en 1964, avant d'être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970.
Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu'en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %.
3/Rapacité.
Cela n'a pas tué le capitalisme et n'a pas empêché l'économie américaine de fonctionner. Pour une raison simple : ces taux ne s'appliquaient qu'à des revenus très, très élevés. En 1941, Roosevelt fixe le seuil du taux de 91 % à 200 000 dollars de l'époque, soit 1 million de dollars d'aujourd'hui (770 000 euros). Or à ces niveaux de revenus, ce ne sont pas les compétences ou le dynamisme que l'on rémunère : ce sont la cupidité, la rapacité, le court-termisme et des prises de risque excessives. Il ne s'agissait donc pas de matraquer n'importe quel cadre supérieur ou entrepreneur sortant du lot, ce qui aurait été dévastateur économiquement.
En France, comme dans la plupart des pays développés, le taux supérieur atteint 90 % pendant l'entre-deux-guerres, puis se stabilisa autour de 70 % pendant les Trente Glorieuses - ce qui n'a pas empêché des taux de croissance économique de l'ordre de 4 % à 5 % par an tout au long de cette période.
De plus, il s'avère que la Grande dépression de 1929 et la Grande récession de 2008 se sont produites lorsque les taux d'imposition des plus riches étaient à leur plus bas. Et au contraire, les taux d'imposition étaient historiquement élevés durant la longue période de prospérité des années 1945 à 1980.
On peut d'ailleurs observer une corrélation parfaite au niveau des périodes pour ce qui concerne la règlementation des banques : la spéculation effrénée et la bulle du crédit a provoqué le krach de 1929, puis le Glass-Steagall act et toutes les autres réglementations ont assuré une stabilité jusqu'à la fin des années 70, et depuis la période Thatcher / Reagan on a démantelé peu à peu tous les pare-feux jusqu'en 1999 ce qui a provoqué ces 10 dernières années 2 krachs majeurs (2002 et 2008).
C'est conjointement à ces dérèglementations que les paradis fiscaux, la spéculation et l'accroissement des inégalités se sont développés en enrichissant une infime minorité.
L’impôt élevé a permis pendant 30 ans aux USA de prospérer car les richesses mieux distribuées ont alimenté la consommation, et surtout, sans surendettement.
Nous assistons à l'exact inverse actuellement.
Tous ceux qui croient encore au néolibéralisme et au fait que "ce qui est bon pour Wall Street est bon pour le peuple" (déclaration de Reagan) sont des imbéciles.
Pour rappel, les 1% des américains les plus riches accaparaient 8% du revenu global dans les années 70, et 24% aujourd'hui, leur part du gâteau a triplé !
Le capitalisme américain a connu, de ce point de vue, trois périodes :
- une première, entre 1870 et 1929, caractérisée par la concentration de la richesse entre les mains de quelques-uns, donc d'une grande inégalité;
- une deuxième période, entre 1947 et 1975, où, au contraire, la redistribution de la richesse s'améliore et l'inégalité diminue ;
- enfin, une troisième période - qui commence aux alentours de 1975 et dans laquelle nous nous trouvons toujours - marquée par une re-concentration des fortunes et des inégalités croissantes.
2/ La taxation confiscatoire des revenus exorbitants est non seulement possible économiquement, mais souhaitable.
En 1932, quand Roosevelt arrive au pouvoir, le taux de l'impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches était de 25 % aux Etats-Unis. Le nouveau président décide de le porter immédiatement à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau qui s'appliqua jusqu'en 1964, avant d'être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970.
Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu'en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %.
3/Rapacité.
Cela n'a pas tué le capitalisme et n'a pas empêché l'économie américaine de fonctionner. Pour une raison simple : ces taux ne s'appliquaient qu'à des revenus très, très élevés. En 1941, Roosevelt fixe le seuil du taux de 91 % à 200 000 dollars de l'époque, soit 1 million de dollars d'aujourd'hui (770 000 euros). Or à ces niveaux de revenus, ce ne sont pas les compétences ou le dynamisme que l'on rémunère : ce sont la cupidité, la rapacité, le court-termisme et des prises de risque excessives. Il ne s'agissait donc pas de matraquer n'importe quel cadre supérieur ou entrepreneur sortant du lot, ce qui aurait été dévastateur économiquement.
En France, comme dans la plupart des pays développés, le taux supérieur atteint 90 % pendant l'entre-deux-guerres, puis se stabilisa autour de 70 % pendant les Trente Glorieuses - ce qui n'a pas empêché des taux de croissance économique de l'ordre de 4 % à 5 % par an tout au long de cette période.
De plus, il s'avère que la Grande dépression de 1929 et la Grande récession de 2008 se sont produites lorsque les taux d'imposition des plus riches étaient à leur plus bas. Et au contraire, les taux d'imposition étaient historiquement élevés durant la longue période de prospérité des années 1945 à 1980.
On peut d'ailleurs observer une corrélation parfaite au niveau des périodes pour ce qui concerne la règlementation des banques : la spéculation effrénée et la bulle du crédit a provoqué le krach de 1929, puis le Glass-Steagall act et toutes les autres réglementations ont assuré une stabilité jusqu'à la fin des années 70, et depuis la période Thatcher / Reagan on a démantelé peu à peu tous les pare-feux jusqu'en 1999 ce qui a provoqué ces 10 dernières années 2 krachs majeurs (2002 et 2008).
C'est conjointement à ces dérèglementations que les paradis fiscaux, la spéculation et l'accroissement des inégalités se sont développés en enrichissant une infime minorité.
L’impôt élevé a permis pendant 30 ans aux USA de prospérer car les richesses mieux distribuées ont alimenté la consommation, et surtout, sans surendettement.
Nous assistons à l'exact inverse actuellement.
Tous ceux qui croient encore au néolibéralisme et au fait que "ce qui est bon pour Wall Street est bon pour le peuple" (déclaration de Reagan) sont des imbéciles.
vendredi 9 mars 2012
la bombe des 75%...
Cette proposition de François Hollande en direct sur un plateau TV de créer une tranche marginale de l’impôt sur le revenu à 75% pour tout revenu supérieur à 1 million d'euros fait polémique depuis 10 jours..
On a d'ailleurs assisté à un numéro semble t'il improvisé car le candidat a légèrement cafouillé sur le plateau TV entre "1 million mensuel" et "1 million annuel"..
On retient au final qu'il s'agit bien de 1 million annuel... j'imagine par "part", ce qui exclue un ménage dont l'un des époux dispose d'un tel revenu et l'autre un revenu nettement inférieur (500 000 euros par exemple...)
Histoire de remuer le couteau dans la plaie, puisque le candidat semblait un peu perdu avec son million "par mois", oui je vous rassure, ça existe... Notez par exemple qu'on parle maintenant de salaire par semaine pour certains footballeurs, pour éviter sans doute d'annoncer des montants trop indécents si on évoquait les montants mensuels..;)
On peut se demander si une telle annonce de François Hollande était bien préparée lorsqu'on a pu voir quasiment en simultané sur une autre chaîne monsieur Sapin, qui serait peut-être son ministre des finances en cas de victoire (à moins que ce ne soit monsieur Cahuzac ?), découvrir en direct live cette mesure en cafouillant...
On peut aussi se demander si cette annonce de François Hollande est un appel du pied aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui de son coté clame haut et fort : "au dessus de 360 000 euros, je prends tout"...
Mélenchon ne milite pas forcément pour une tranche à 100%, on va dire que dans sa logique il s'agit de définir un salaire maximum en fonction du salaire minimum et ses 360 000 euros sont obtenus en multipliant le smic par 30 : nul doute que si les bas salaires augmentaient, ce seuil serait lui aussi relevé.
Par ailleurs, on peut aussi espérer que cette proposition de Mélenchon est une partie de la réponse face aux défis écologiques et aux dégats que provoque notre société de surconsommation : à quoi peuvent effectivement servir des millions d'euros si ce n'est à posséder une voiture plus grosse et plus polluante que celle du voisin, ou une maison plus grande, etc...
Dernière remarque concernant Melenchon, de sa propre bouche et assez drôle je trouve : "si je gagne encore quelques points dans les sondages, Hollande créera une nouvelle tranche à 90% ";)
Pour en revenir à la proposition de François Hollande puisqu'il semble que ce candidat ait plus de chance d'être élu que Jean-Luc Melenchon, on notera que la première réaction du camp "d'en face", et notamment du président en exercice, a été de parler d'épuration...
Alors il m'a semblé important, au delà de tout débat idéologique, de revenir sur 2 points très importants face à cette annonce que d'aucuns qualifient de farfelue :
1) historique
En 1979, la tranche maximale aux USA était de 70%.. et dans les années 70, les 1% d'américains les plus riches accaparaient 8% du revenu global.
Aujourd'hui, la tranche maximale aux USA est de 35%... et les 1% les plus riches accaparent 24% du revenu global : leur part du gâteau a été multipliée par 3.. au détriment de tous les autres...
On pourrait également rappeler que lors de la "grande dépression" dans les années 30, le président Roosevelt avait créé une tranche à 90% pour les américains les plus aisés.. le temps de remettre le pays sur les rails après la catastrophe provoquée par Wall Street en 1929.
N'est on pas dans une situation similaire avec une catastrophe provoquée par Wall Street et l'effondrement des marchés à cause des subprimes en 2007, ce qui a ensuite provoqué la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 et le renflouement à coups de milliers de milliards du système financier mondial par les états, ce qui provoque aujourd'hui la "crise de la dette" et les plans d'austérité ?
On a nationalisé les pertes du système bancaire mais on privatise toujours les profits... cette logique en place depuis les années 80 détruit systématiquement l'économie réelle, le niveau de vie des peuples et conduit à une confiscation des richesses du monde par une minorité qui impose jour après jour sa vision..
2) comparaison actuelle avec les autres pays européens
Selon des chiffres communément admis, cette tranche à 75% ne ne concerne que 3000 personnes et effectivement ne rapporterait que 300 millions d'euros, soit un montant très insuffisant pour boucher les trous de l'état.
Néanmoins une mesure exactement contraire a été prise par le président en exercice, il s'agit du bouclier fiscal, de façon à "lutter contre l'exil fiscal".
Les chiffres officiels du ministère des finances nous indiquent qu'en 2008, environ 800 personnes se sont exilées fiscalement soit d'ailleurs un peu plus qu'avant l'abaissement du bouclier fiscal à 50% (contre 60%) : ce bouclier n'a donc servi à rien..
Alors la tranche à 75% va t'elle faire fuir les "riches", les 3000 personnes concernées ?
Franchement, de toutes façons ils sont déja partis, qu'il s'agisse de Noah, Hallyday, Sébastien Loeb ou des tennismen..
On verrait peut être partir ceux qui sont encore là, vous savez les "entrepreneurs" PDG ou ex PDG du Cac 40 et qui font des miracles à la tête de leur entreprise (Daniel Bouton à la Generale, Michel Bon chez France Telecom, Carlos Ghosn chez Renault et sa fausse histoire d'espionnage, Anne Lauvergeon chez Areva qui a surpayé de 2 milliards d'euros Uranim, etc..)
Que des compétences rares, indispensables... "C'est le prix de la responsabilité" disait un certain Jean-Marie Messier moi meme maitre du monde... Foutaise !
Alors il m'a semblé intéressant de faire de véritables comparaisons avec nos voisins... non pas uniquement sur le taux maximum, mais sur la réalité de l'impôt payé..
Exemple concret : celui d'un célibataire gagnant 1,2 million d'euros, soit 100.000 euros net imposables par mois.
Il va payer sur ses revenus 2011 avec le barème actuel :
0 % de 6088 euros,
5,5 % de 6 088 à 12 146 euros, soit 333,19 euros,
14 % de 12 146 à 26 975 euros soit 2 076,06 euros,
30 % de 26 975 à 72 317 euros, soit 13 602,6 euros.
41 % de 72 317 euros à 1,2 million, soit 462 350,03 euros.
Total : 333,19 + 2 076,06 + 13 602,6 + 462 350,03 = 478 361,88 euros et un taux moyen de 39.9%
Avec un nouveau barème qui instaure une tranche à 45% à partir de 150 000 euros et une tranche à 75% à partir de 1 millions d'euros, il payera alors:
41 % de ses revenus compris entre 72 317 et 150 000 euros, soit 31 850 euros
Plus les 2 nouvelles tranches:
45 % de ses revenus situés entre 150 000 et un million d'euros, soit 382 500 euros.
75 % des 200 000 euros de revenus au dessus d'un million, soit 150 000 euros.
Total: 333,19 +2 076,06 + 13 602,6 + 31 850 + 382 500 + 150 000 = 580 361,85 euros à payer. Soit un taux moyen de 48 %, on est hors ISF (on a le droit de tout dépenser et de ne pas avoir de patrimoine..) SOUS le bouclier fiscal !
Que font nos voisins ?
Espagne : 600.000 euros
Belgique : 594.424 euros
France (avec nouvelles tranches) : 580.361 euros
Royaume-Uni : 573.650 euros
Allemagne : 520.584 euros
Italie : 509.170 euros
France (sans réforme) : 478.361 euros
Surprise, en dépit de l'impôt Hollande pour les millionnaires, notre célibataire gagnant 1,2 million euros ne risque pas d'émigrer fiscalement en Espagne ou en Belgique !
Même le Royaume-Uni n'est pas vraiment une terre d'asile fiscal. L'avantage est trop maigre: moins de 7.000 euros.
Reste l'Allemagne et l'Italie. Mais s'exile-t-on quand on est vraiment riche pour économiser, au mieux, 71.000 euros. Et ceci dans un pays, l'Italie, où l'heure n'est plus au laxisme fiscal et à la réduction des impôts.
Cette comparaison européenne nous a réservé d'autres surprises. Actuellement les millionnaires français sont les moins imposés. Dans notre cas d'école, avec 1,2 millions de revenus par an, le taux d'imposition moyen de 39%, est, sans prendre en compte des éventuelles niches fiscales, le plus bas comparé à nos principaux voisins européens:
UK : 47.8%
Espagne : 50%
Belgique : 49.5%
Allemagne : 43.4%
Italie : 42.9%
France : 39.9%
A bon entendeur... ;)
mardi 14 février 2012
Main basse sur la BCE
Il faut reconnaître que la précipitation à vouloir faire adopter le MES (Mécanisme Européen de Stabilité - qui doit succéder au FESF), qui exonère de toute responsabilité judiciaire ses dirigeants, est assez opportun ...
NEW-YORK - Rien n'illustre mieux les divergences politiques, la présence d'intérêts particuliers et les considérations économiques à court terme à l'œuvre en Europe que le débat sur la restructuration de la dette souveraine de la Grèce. L'Allemagne veut une restructuration en profondeur - une réduction d'au moins 50% de la dette pour les détenteurs d'obligations - alors que la Banque centrale européenne demande à ce que la restructuration se fasse sur la base du volontariat.
Dans le temps (je pense à la crise de la dette latino-américaine des années 1980), on pouvait obtenir facilement un crédit, en général d'une grande banque, souvent avec le soutien ou grâce à la pression exercée par l'Etat et les régulateurs qui voulaient le moins d'accrocs possible. Mais avec la titrisation des dettes, il y a de plus en plus de prêteurs - en particulier des fonds spéculatifs et d'autres investisseurs qui échappent pour l'essentiel à l'influence de l'Etat et des régulateurs.
Par ailleurs, "l'innovation" dans les marchés financiers a permis aux détenteurs de titres de s'assurer, autrement dit de participer, mais sans prendre de risque. Ils ont des intérêts à défendre : ils veulent faire jouer leur assurance, et il faut pour cela que la restructuration soit considérée comme un incident de crédit équivalent à un défaut de paiement. Or la position de la BCE en faveur d'une restructuration "volontaire" - autrement dit qui ne soit pas assimilable à un incident de crédit - est contraire à leur intérêt. Il est paradoxal que les régulateurs aient autorisé la création d'un système aussi dysfonctionnel.
La position de la BCE est curieuse. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banques achètent une assurance. Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité systémique veille en principe à ce que l'assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques perdent plus de 50% sur les obligations qu'elles détiennent, sans être dédommagées.
On peut avancer trois explications à la position de la BCE, mais aucune n'est en faveur de cette institution ou de sa politique de régulation et de supervision. La première est que les banques ne se sont pas assurées et que certaines ont adopté des positions spéculatives. La seconde est que la BCE sait que le système financier manque de transparence et que les investisseurs ne peuvent évaluer les conséquences d'un défaut involontaire - ce qui pourrait entraîner un gel des marchés du crédit, ainsi que cela s'est passé après l'effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008. Enfin, la BCE essaye peut-être de protéger les quelques banques qui ont émis les contrats d'assurance.
Aucune de ces explications ne justifie son opposition à une restructuration en profondeur qui soit imposée à la dette de la Grèce. Elle aurait pu exiger plus de transparence - l'une des grandes leçons de 2008. Les régulateurs n'auraient pas dû laisser les banques spéculer et exiger au minimum qu'elles achètent une assurance et par la suite imposer une restructuration qui leurs aurait permis de toucher les indemnités liées à l'assurance.
Il n'y a guère d'éléments qui laissent à penser qu'une restructuration en profondeur soit plus traumatique si elle est imposée. En voulant à tout prix qu'elle soit volontaire, la BCE essaye peut-être de limiter la part de la dette qui va être restructurée ; mais dans ce cas elle fait passer les intérêts des banques avant ceux de la Grèce pour laquelle une restructuration en profondeur est nécessaire pour sortir de la crise. En réalité la BCE fait probablement passer l'intérêt des quelques banques qui ont émis des CDS (assurance contre le risque de défaillance d'un crédit) avant celui de la Grèce, des contribuables européens et des prêteurs qui ont agi prudemment en s'assurant.
Enfin, dernière étrangeté, l'opposition de la BCE à une gouvernance démocratique. C'est un comité secret de l'Association internationale des swaps et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision. Selon la presse, certains d'entre eux utiliseraient leur position pour défendre une attitude plus accommodante au cours des négociations. Il paraît inconcevable que la BCE délègue à un comité secret d'acteurs du marché en situation de conflit d'intérêts le droit de décider ce qu'est une restructuration acceptable.
Seul un argument parait - au moins à première vue - privilégier l'intérêt général : une restructuration imposée pourrait aboutir à une contagion financière, avec comme conséquence une hausse importante et peut-être prohibitive du coût du crédit pour les grandes économies de la zone euro comme l'Italie, l'Espagne et même la France. Cela conduit à la question suivante : si elles sont réalisées dans les mêmes proportions, pourquoi une restructuration imposée produirait-elle une contagion pire que si elle était volontaire ? Si le système bancaire était bien régulé, les banques détentrices de dettes souveraines étant assurées, une restructuration imposée serait moins perturbatrice pour les marchés financiers.
On pourrait dire que si la Grèce s'en tire avec une restructuration imposée, d'autres pourraient être tentés de suivre son exemple. Mais craignant cela, les marchés financiers augmenteraient instantanément les taux d'intérêt sur les autres pays - petits et grands - de la zone euro.
Les pays à risque n'ayant déjà plus accès aux marchés financiers, une réaction de panique aurait des conséquences limitées. Il est vrai que d'autres pourraient imiter la Grèce si cette dernière s'en tirait mieux avec une restructuration que sans, mais c'est quelque chose dont tout le monde a conscience.
Le comportement de la BCE n'est pas surprenant. Ainsi qu'on le voit ailleurs, les institutions qui n'ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d'intérêts particuliers. C'était vrai avant 2008. Malheureusement pour l'Europe et pour l'économie mondiale, le problème n'a pas été résolu depuis.
Joseph Stiglitz est prix Nobel d'économie et professeur à l'université de Colombia à New-York. Il a écrit un livre intitulé Le triomphe de la cupidité.
Copyright: Project Syndicate, 2012.
www.project-syndicate.org
Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz
http://www.project-syndicate.org/commentary/stiglitz148/French
NEW-YORK - Rien n'illustre mieux les divergences politiques, la présence d'intérêts particuliers et les considérations économiques à court terme à l'œuvre en Europe que le débat sur la restructuration de la dette souveraine de la Grèce. L'Allemagne veut une restructuration en profondeur - une réduction d'au moins 50% de la dette pour les détenteurs d'obligations - alors que la Banque centrale européenne demande à ce que la restructuration se fasse sur la base du volontariat.
Dans le temps (je pense à la crise de la dette latino-américaine des années 1980), on pouvait obtenir facilement un crédit, en général d'une grande banque, souvent avec le soutien ou grâce à la pression exercée par l'Etat et les régulateurs qui voulaient le moins d'accrocs possible. Mais avec la titrisation des dettes, il y a de plus en plus de prêteurs - en particulier des fonds spéculatifs et d'autres investisseurs qui échappent pour l'essentiel à l'influence de l'Etat et des régulateurs.
Par ailleurs, "l'innovation" dans les marchés financiers a permis aux détenteurs de titres de s'assurer, autrement dit de participer, mais sans prendre de risque. Ils ont des intérêts à défendre : ils veulent faire jouer leur assurance, et il faut pour cela que la restructuration soit considérée comme un incident de crédit équivalent à un défaut de paiement. Or la position de la BCE en faveur d'une restructuration "volontaire" - autrement dit qui ne soit pas assimilable à un incident de crédit - est contraire à leur intérêt. Il est paradoxal que les régulateurs aient autorisé la création d'un système aussi dysfonctionnel.
La position de la BCE est curieuse. On aurait pu supposer que face au risque de défaut sur leurs obligations, les banques achètent une assurance. Dans ce cas, un régulateur qui prend en compte la stabilité systémique veille en principe à ce que l'assureur paye en cas de perte. Pourtant la BCE veut que les banques perdent plus de 50% sur les obligations qu'elles détiennent, sans être dédommagées.
On peut avancer trois explications à la position de la BCE, mais aucune n'est en faveur de cette institution ou de sa politique de régulation et de supervision. La première est que les banques ne se sont pas assurées et que certaines ont adopté des positions spéculatives. La seconde est que la BCE sait que le système financier manque de transparence et que les investisseurs ne peuvent évaluer les conséquences d'un défaut involontaire - ce qui pourrait entraîner un gel des marchés du crédit, ainsi que cela s'est passé après l'effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008. Enfin, la BCE essaye peut-être de protéger les quelques banques qui ont émis les contrats d'assurance.
Aucune de ces explications ne justifie son opposition à une restructuration en profondeur qui soit imposée à la dette de la Grèce. Elle aurait pu exiger plus de transparence - l'une des grandes leçons de 2008. Les régulateurs n'auraient pas dû laisser les banques spéculer et exiger au minimum qu'elles achètent une assurance et par la suite imposer une restructuration qui leurs aurait permis de toucher les indemnités liées à l'assurance.
Il n'y a guère d'éléments qui laissent à penser qu'une restructuration en profondeur soit plus traumatique si elle est imposée. En voulant à tout prix qu'elle soit volontaire, la BCE essaye peut-être de limiter la part de la dette qui va être restructurée ; mais dans ce cas elle fait passer les intérêts des banques avant ceux de la Grèce pour laquelle une restructuration en profondeur est nécessaire pour sortir de la crise. En réalité la BCE fait probablement passer l'intérêt des quelques banques qui ont émis des CDS (assurance contre le risque de défaillance d'un crédit) avant celui de la Grèce, des contribuables européens et des prêteurs qui ont agi prudemment en s'assurant.
Enfin, dernière étrangeté, l'opposition de la BCE à une gouvernance démocratique. C'est un comité secret de l'Association internationale des swaps et dérivés, une organisation professionnelle, qui décide si un incident de crédit a bien eu lieu. Or les membres de cette association ont un intérêt personnel dans ce type de décision. Selon la presse, certains d'entre eux utiliseraient leur position pour défendre une attitude plus accommodante au cours des négociations. Il paraît inconcevable que la BCE délègue à un comité secret d'acteurs du marché en situation de conflit d'intérêts le droit de décider ce qu'est une restructuration acceptable.
Seul un argument parait - au moins à première vue - privilégier l'intérêt général : une restructuration imposée pourrait aboutir à une contagion financière, avec comme conséquence une hausse importante et peut-être prohibitive du coût du crédit pour les grandes économies de la zone euro comme l'Italie, l'Espagne et même la France. Cela conduit à la question suivante : si elles sont réalisées dans les mêmes proportions, pourquoi une restructuration imposée produirait-elle une contagion pire que si elle était volontaire ? Si le système bancaire était bien régulé, les banques détentrices de dettes souveraines étant assurées, une restructuration imposée serait moins perturbatrice pour les marchés financiers.
On pourrait dire que si la Grèce s'en tire avec une restructuration imposée, d'autres pourraient être tentés de suivre son exemple. Mais craignant cela, les marchés financiers augmenteraient instantanément les taux d'intérêt sur les autres pays - petits et grands - de la zone euro.
Les pays à risque n'ayant déjà plus accès aux marchés financiers, une réaction de panique aurait des conséquences limitées. Il est vrai que d'autres pourraient imiter la Grèce si cette dernière s'en tirait mieux avec une restructuration que sans, mais c'est quelque chose dont tout le monde a conscience.
Le comportement de la BCE n'est pas surprenant. Ainsi qu'on le voit ailleurs, les institutions qui n'ont pas à rendre des comptes de manière démocratique peuvent être la proie d'intérêts particuliers. C'était vrai avant 2008. Malheureusement pour l'Europe et pour l'économie mondiale, le problème n'a pas été résolu depuis.
Joseph Stiglitz est prix Nobel d'économie et professeur à l'université de Colombia à New-York. Il a écrit un livre intitulé Le triomphe de la cupidité.
Copyright: Project Syndicate, 2012.
www.project-syndicate.org
Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz
http://www.project-syndicate.org/commentary/stiglitz148/French
mercredi 21 décembre 2011
J'ai tout fait comme la BCE...
..Enfin je crois, j'espère que c'est juste et je participe ainsi à la relance de l'économie mondiale.
Comment ? Eh eh, on voit bien que vous trépignez d'impatience à l'idée de connaître les conseils d'experts avisés n'est-ce pas ?
Et bien en ce moment en période de crise et de forte inflation notre stratégie d'enrichissement consiste à prêter notre argent à 1% voire moins comme ça tout le monde est content.
C'est dur car ce n'est pas la première fois et cela devient de plus en plus cher pour nous d'emprunter sur les marchés pour pouvoir prêter aux marchés pour qu'ils nous reprêtent.
Ah on veut bien faire plaisir mais il ne faut pas nous prendre pour des pigeons eh eh parce qu'on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace.
C'est d'ailleurs pour cela que l'on a choisi de mettre les meilleurs aux manettes, des anciens des marchés justement, ceux qui connaissent toutes les ficelles pour ne pas que l'on se fasse avoir, eh eh.
Heureusement qu'elles sont là et c'est vrai qu'il faut les aider, encore 490 Mds ce matin, il faut les soutenir sans quoi... sans quoi finalement on ne sait pas...
J'ai dit d'accord mais les dettes de mes amis qui empruntaient pour eux et pour vous, pour maintenir le système, vous m'avez demandé d'emprunter pour racheter leurs emprunts, ce qui n'était pas autorisé par le traité.
Ah ! Alors ? Vous me répondez quoi là ?
Et il m'a répondu... rien... on a parlé de DSK qui aurait 2 pénis ah oui enfin c'est ce qu'on dit et tout le monde en a parlé et du coup finie la crise, on a bien rigolé et on a bien bu et bien mangé surtout, des mets délicats, les meilleurs vins fins et cette belle soirée dans cet endroit de rêves avec ces jardins de rêves. Enfin je dis ça, ça c'était après, moi je n'en ai vu que quelques images à la télévision, je n'ai pas été invité.
Donc pour résumer :
- J'ai dit à mon banquier qu'il pouvait se servir sur mes comptes et même me coller des dettes sur le dos s'il n'y en a pas assez.
- J'ai ajouté que s'il avait besoin de plus d'argent et bien qu'il pouvait se servir dans le pot.
Comment ? Eh eh, on voit bien que vous trépignez d'impatience à l'idée de connaître les conseils d'experts avisés n'est-ce pas ?
Et bien en ce moment en période de crise et de forte inflation notre stratégie d'enrichissement consiste à prêter notre argent à 1% voire moins comme ça tout le monde est content.
- Ainsi on aide ceux qui sont dans le besoin (dans le besoin d'argent soyons précis, pas ceux qui ont faim, soif, froid, sont malades, ... ah non ceux-là on verra plus tard car là il y a urgence !).
- Alors on aide les nécessiteux y compris les malfrats qui ont besoin d'une seconde chance, les enfoirés qui ont besoin d'une troisième chance et les piètres tricheurs qui ont toujours besoin d'argent même quand le pot a déjà été rempli maintes fois, même quand ils annoncent que le pot est plein et qu'il déborde. Tiens c'est vrai ça, c'est étrange...
Mais les marchés ne sont pas très sympathiques en ce moment car ils voient que l'on prête trop, que l'on dépense trop.
Et oui ils ne sont pas bêtes les marchés. En fait les marchés savent que nous prêtons trop car c'est justement à eux que l'on prête alors forcément ils sont au courant, vous suivez ?
Et donc pour nous remercier ils ont dégradé notre note et pensent encore la dégrader. Enfin ce ne sont pas eux qui nous dégradent, eux nous vendent et ce sont leurs amis, enfin leurs connaissances, leurs potes de promos, ... enfin des agences indépendantes donc, qui nous dégradent.
Et oui ils ne sont pas bêtes les marchés. En fait les marchés savent que nous prêtons trop car c'est justement à eux que l'on prête alors forcément ils sont au courant, vous suivez ?
Et donc pour nous remercier ils ont dégradé notre note et pensent encore la dégrader. Enfin ce ne sont pas eux qui nous dégradent, eux nous vendent et ce sont leurs amis, enfin leurs connaissances, leurs potes de promos, ... enfin des agences indépendantes donc, qui nous dégradent.
C'est dur car ce n'est pas la première fois et cela devient de plus en plus cher pour nous d'emprunter sur les marchés pour pouvoir prêter aux marchés pour qu'ils nous reprêtent.
Ah on veut bien faire plaisir mais il ne faut pas nous prendre pour des pigeons eh eh parce qu'on n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace.
C'est d'ailleurs pour cela que l'on a choisi de mettre les meilleurs aux manettes, des anciens des marchés justement, ceux qui connaissent toutes les ficelles pour ne pas que l'on se fasse avoir, eh eh.
Ils nous coûtent très cher c'est vrai mais avec eux au moins on est sûr que l'argent va tourner même si pour le moment il est un peu détourné.
Pour l'instant on a réussi a maintenir la trésorerie mais ça devient dur d'aider tout le monde.
Pour l'instant on a réussi a maintenir la trésorerie mais ça devient dur d'aider tout le monde.
Donc j'ai dit à mon banquier que nous avions l'impression mes amis et moi de s'être faits un peu rouler dans la farine.
Eh oui car avant nous empruntions à 3% pour prêter à 1%, cela ne nous coutait que 2%, c'était cadeau, c'était 1/50ème des économies gracieusement offertes pour un monde meilleur dira-t'on.
Mais aujourd'hui avec ces fichues agences cela nous coûte bien plus... 7%, 20%, ... j'ai même des amis qui cotisent au fond qui prêtent à 1% mais qui paieraient ensuite plus de 250% à 1 an s'ils empruntaient pour prêter, ce sont des amis qui habitent un beau pays où tout le monde voulait aller en vacances avant...
Là on n'a plus beaucoup d'argent alors on a demandé de l'aide mais pour le moment on doit attendre car il faut aider les banques qui en ont plus besoin que nous.
Eh oui car avant nous empruntions à 3% pour prêter à 1%, cela ne nous coutait que 2%, c'était cadeau, c'était 1/50ème des économies gracieusement offertes pour un monde meilleur dira-t'on.
Mais aujourd'hui avec ces fichues agences cela nous coûte bien plus... 7%, 20%, ... j'ai même des amis qui cotisent au fond qui prêtent à 1% mais qui paieraient ensuite plus de 250% à 1 an s'ils empruntaient pour prêter, ce sont des amis qui habitent un beau pays où tout le monde voulait aller en vacances avant...
Là on n'a plus beaucoup d'argent alors on a demandé de l'aide mais pour le moment on doit attendre car il faut aider les banques qui en ont plus besoin que nous.
Heureusement qu'elles sont là et c'est vrai qu'il faut les aider, encore 490 Mds ce matin, il faut les soutenir sans quoi... sans quoi finalement on ne sait pas...
Ah si ! parce que il m'a tout bien expliqué mon banquier, il m'a dit que les raisons sont claires, pas d'autre solution, risque systémique, soutien obligatoire aux pilliers de l'économie sans quoi tout s'effondre, l'effet domino, tout, j'ai tout compris, 10 lignes, top, présentation impeccable, j'ai signé. Enfin je dit j'ai signé, quelqu'un avait déjà signé à ma place... il y a plusieurs mois. Bref, de toutes façons il faut le faire c'est un devoir national et européen m'a t'on dit.
Je lui ai demandé cependant si je ne pouvais pas prêter directement à mes amis :
Je lui ai demandé cependant si je ne pouvais pas prêter directement à mes amis :
"et non oh lala surtout pas", ce n'est pas démocratique, il y a un traité, pas un traité de con mais presque, un manuscrit qui dit "non non non surtout pas".
J'ai dit d'accord mais les dettes de mes amis qui empruntaient pour eux et pour vous, pour maintenir le système, vous m'avez demandé d'emprunter pour racheter leurs emprunts, ce qui n'était pas autorisé par le traité.
Ah ! Alors ? Vous me répondez quoi là ?
Et il m'a répondu... rien... on a parlé de DSK qui aurait 2 pénis ah oui enfin c'est ce qu'on dit et tout le monde en a parlé et du coup finie la crise, on a bien rigolé et on a bien bu et bien mangé surtout, des mets délicats, les meilleurs vins fins et cette belle soirée dans cet endroit de rêves avec ces jardins de rêves. Enfin je dis ça, ça c'était après, moi je n'en ai vu que quelques images à la télévision, je n'ai pas été invité.
Donc pour résumer :
- Mes amis et moi pouvons prêter à faible taux à ceux qui nous prêtent à fort taux. C'est normal, il n'a jamais été interdit de jeter son argent par la fenêtre, rien d'anormal en effet.
- Mes amis et moi pouvons acheter les dettes pourries que les marchés ne veulent pas même si c'est interdit par le traité démocratique. Pas de remarque ? Non ? Bon on plie alors, affaire classée.
- Mais mes amis et moi on ne peut pas se prêter entre nous. Et alors émettre de la monnaie sur la base de nos actifs encore moins vous pensez bien que c'est non, non et mille fois non.
Au moins un peu en tout cas... ou c'est moi... ah oui et j'ai croisé un ancien tricheur, il a bien réussi ces dernières années, il est devenu Directeur de la Banque Centrale Européenne, c'est fou ça, en fait c'est lui le gérant de notre pot.
Black Hole,
Black Hole,
publie régulièrement des billets d'humeur sur le forum boursorama
Plus belle la vie... de banquier !
La BCE initie donc ce jour des prêts "illimités" à 3 ans pour les banques.
Après les 140 milliards prêtés hier pour 1 jour (la crise de liquidités est telle que les banques ont besoin de tant de milliards pour un seul petit jour ?), et après les 50 milliards de dollars prêtés il y a 10 jours suite à "l'intervention coordonnées des banques centrales", ce sont donc 489 milliards d'euros prêtés ce jour par la BCE à 523 établissements, pour 3 ans, à un taux dérisoire... Une sorte de "QE" (Quantitative Easing) qui ne dit pas son nom, après avoir tant critiqué cette méthode utilisée par la FED.
Une petite rétrospective sur le mois qui s'est écoulé m'a semblé nécessaire..
L'allemagne a refusé la planche à billets, c'est à dire la pure création monétaire par le rachat direct et massif de dettes souveraines par la BCE.
Morceaux choisis :
22/11 : l'espagne émet pour 2,978 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois aux taux respectifs de 5.11% et 5,227% (le double des taux d'octobre)
29/11 : L'Italie place 7,5 milliards d'euros de papier à trois ans au taux record de 7,89% après 4,93% en octobre
14/12 : L'Italie place 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans au taux de 6,47% (contre 6,29% lors de la précédente opération similaire en novembre.)
Prenez la liste de toutes les émissions effectuées sur octobre / novembre et décembre et faites la somme des milliards..
Prenez en compte dans ce contexte l'obligation faites aux banques d'atteindre 9% de ratio Tier1 au printemps, et des cours en chute de 50 à 60% depuis le début de l'année : impensable pour elles de faire des AK à ces niveaux.. donc pour réduire le levier, on peut soit augmenter les fonds propres soit diminuer le bilan..
21 décembre : open bar à la BCE, les banques apportent leurs "garanties" au guichet (dettes d'état entre autres) et repartent avec des valises de billets tous neufs, prêtés à un taux tres faible.
523 établissements repartent avec 489 190 milliards.
Je suis banquier, j'apporte en garantie 7.5 milliards d'obligs italiennes à 7.9%, je les planque au fond du coffre de la BCE, et je repars avec 7.5 milliards de billets tous neufs à 1%
Pendant 3 ans je vais faire mumuse en distribuant du crédit aux entreprises (avec des agios à 8 ou 15% sur les fins de mois et du factoring à 4% mini), je vais distribuer du credit revolving à 18% aux particuliers, je vais faire mumuse sur les marchés financiers (MP, dérivés, etc..)
Si je ne suis pas trop mauvais je ferai une super culbute et quand je rapporterai mes 7.5 milliards à la BCE en fait j'en aurai mis de coté 50% dans mes bonus, et je récupérerai mes obligs italiennes données en consigne tout en touchant les 7.9% x 3..
Au passage, en juin 2012 quand on regardera mon bilan et mon ratio j'aurais ni vu ni connu passé le test puisque débarrassé de ce qui se voyait trop.
Et si entre temps l'italie fait défaut de 50%, ce n'est pas pour ma pomme puisque j'ai donné mon papier à la BCE en garantie, donc c'est elle qui prend la perte..
Le bonheur, je vous dis, le bonheur... car évidemment on ne m'a absolument rien demandé en contre partie, aucune réforme, aucune régulation..
Il fallait y penser !
Après les 140 milliards prêtés hier pour 1 jour (la crise de liquidités est telle que les banques ont besoin de tant de milliards pour un seul petit jour ?), et après les 50 milliards de dollars prêtés il y a 10 jours suite à "l'intervention coordonnées des banques centrales", ce sont donc 489 milliards d'euros prêtés ce jour par la BCE à 523 établissements, pour 3 ans, à un taux dérisoire... Une sorte de "QE" (Quantitative Easing) qui ne dit pas son nom, après avoir tant critiqué cette méthode utilisée par la FED.
Une petite rétrospective sur le mois qui s'est écoulé m'a semblé nécessaire..
L'allemagne a refusé la planche à billets, c'est à dire la pure création monétaire par le rachat direct et massif de dettes souveraines par la BCE.
Morceaux choisis :
22/11 : l'espagne émet pour 2,978 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois aux taux respectifs de 5.11% et 5,227% (le double des taux d'octobre)
29/11 : L'Italie place 7,5 milliards d'euros de papier à trois ans au taux record de 7,89% après 4,93% en octobre
14/12 : L'Italie place 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans au taux de 6,47% (contre 6,29% lors de la précédente opération similaire en novembre.)
Prenez la liste de toutes les émissions effectuées sur octobre / novembre et décembre et faites la somme des milliards..
Prenez en compte dans ce contexte l'obligation faites aux banques d'atteindre 9% de ratio Tier1 au printemps, et des cours en chute de 50 à 60% depuis le début de l'année : impensable pour elles de faire des AK à ces niveaux.. donc pour réduire le levier, on peut soit augmenter les fonds propres soit diminuer le bilan..
21 décembre : open bar à la BCE, les banques apportent leurs "garanties" au guichet (dettes d'état entre autres) et repartent avec des valises de billets tous neufs, prêtés à un taux tres faible.
523 établissements repartent avec 489 190 milliards.
Je suis banquier, j'apporte en garantie 7.5 milliards d'obligs italiennes à 7.9%, je les planque au fond du coffre de la BCE, et je repars avec 7.5 milliards de billets tous neufs à 1%
Pendant 3 ans je vais faire mumuse en distribuant du crédit aux entreprises (avec des agios à 8 ou 15% sur les fins de mois et du factoring à 4% mini), je vais distribuer du credit revolving à 18% aux particuliers, je vais faire mumuse sur les marchés financiers (MP, dérivés, etc..)
Si je ne suis pas trop mauvais je ferai une super culbute et quand je rapporterai mes 7.5 milliards à la BCE en fait j'en aurai mis de coté 50% dans mes bonus, et je récupérerai mes obligs italiennes données en consigne tout en touchant les 7.9% x 3..
Au passage, en juin 2012 quand on regardera mon bilan et mon ratio j'aurais ni vu ni connu passé le test puisque débarrassé de ce qui se voyait trop.
Et si entre temps l'italie fait défaut de 50%, ce n'est pas pour ma pomme puisque j'ai donné mon papier à la BCE en garantie, donc c'est elle qui prend la perte..
Le bonheur, je vous dis, le bonheur... car évidemment on ne m'a absolument rien demandé en contre partie, aucune réforme, aucune régulation..
Il fallait y penser !
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